LA NOUVELLE ROYAUTÉ
de Chantelauze et de Guernon-Ranville avaient été arrêtés à Tours.
Le vieux Roi emportait avec lui un régime, des idées, des préjugés, si Ton veut, que depuis 1815 lui et ses amis avaient vainement essayé de rétablir en France. La France les avait repoussés. Il emportait aussi le principe de l'hérédité directe qui, pendant des siècles, avait été la loi de la monarchie française, et dans lequel elle avait puisé sa force. Le fait sanctionné par la volonté populaire avait remplacé le droit. La royauté fondée en 1830 trouverat-elle dans ce dogme nouveau l'autorité dont elle a besoin pour résister aux volontés changeantes des partis? Cette autorité n'a-t-ellc pas été compromise par les concessions si graves faites aux nécessités politiques des premiers jours? Aurons-nous, après des heures d'incertitude et de trouble, la paix et la sécurité nécessaires à ce pays, et qu'il a vainement demandées aux régimes qui se sont succédé si rapidement depuis quarante ans? On a quelque peine à le croire quand, comme nous, on a assisté à tant de catastrophes, quand, comme moi, on est arrivé à l'âge de soixante-quatre ans et qu'on sait ce que valent, en politique, les promesses et ce que durent les illusions.
Je termine mon récit à la date du 20 août 1831.