T, TI
doute déconcertées, mais leur désappointement n'alla pas jusqu'au découragement.
Quant à M. de Villèle, j'ai la certitude qu'il fut très affecté de ce contretemps. Il en vit la portée et en conçut un violent dépit contre le garde des sceaux, qu'il accusait d'avoir mécontenté et froissé la magistrature par ses manières hautaines. Il fit confidence de ses impressions à M. Beugnot, qui était alors assez avant dans son intimité. M. Beugnot s'était laissé aller à lui objecter qu'il fallait peut-être voir dans ce fâcheux événement l'inconvénient du pouvoir politique qu'on avait mis entre les mains des cours royales, le jour où on avait inventé le procès de tendance.« Allons donc I lui répliqua-t-il avec humeur. N'allez- « vous pas me répéter les raisonnements que M. Pasquier o nous a faits dans le temps à ce sujet? » M. Beugnot l'avait plus blessé qu'il ne s'en doutait.
Le président du conseil n'était pas au bout de ses déboires avec la cour royale de Paris. Un arrêt intervint à propos de l'affaire des marchés Ouvrard. « La Cour, conte sidérant que des pièces et de l'instruction résultaient des « motifs suffisants d'examiner et d'approfondir, par la voie « judiciaire, des faits qui s'appliquaient aux lieutenants « généraux Guilleminot et Bordesoulle, pairs de France, « déclare qu'elle est incompétente pour prononcer à leur u égard; qu'il y a connexité entre ces faits et ceux appli- « cables à d'autres personnes justiciables de la Cour, et a ordonne qu'à la diligence du procureur général du Roi, « toutes les pièces du procès seront renvoyées devant qui t de droit pour être procédé ainsi qu'il appartiendrait. » Sur cet arrêt il fallut saisir la Cour des pairs. M. de Villèle avait espéré soustraire cette affaire à l'investigation des Chambres; il s'était flatté de lui ôter son caractère politique et avait cru l'enterrer en quelque sorte en l'envoyant devant les tribunaux. Ses prévisions trompées, le procès porté devant la Cour des pairs en pleine lumière ne