‹ Histoire de mon temps. Mémoires du chancelier PasquierChapitre 102 sur 275 · DKBAT SUR LA LOI DE CENSURE · texte numérisé non relu

DKBAT SUR LA LOI DE CENSURE

« défense du roi Louis XVI et a bientôt porté sur Téchaa faud la peine de sa fidélité, »

En retournant à mon banc, je demandai à MM. de Villèle et de Corbière s'ils avaient quelque chose à dire contre cette réplique. « Non, répondit le dernier, du moment où « vous vouliez répliquer, vous ne pouviez le faire plus « convenablement; mais peut-être aurait-il mieux valu se « taire. » M. de Corbière avait raison au point de vue de ma sécurité ministérielle. Je savais qu'on n'a pas impunément raison avec certains hommes, avec certains partis. Je n'avais pas d'illusion à me faire, je venais de rompre avec des gens qui devaient me poursuivre de leurs ressentiments. Je le savais et n'avais pas eu un moment la pensée de subir des procédés, des accusations qui allaient jusqu'à porter atteinte à la dignité comme à l'indépendance de mon caractère.

Les exigences des royalistes ardents dont M. de Castelbajac s'était fait l'organe allaient devenir de plus en plus déraisonnables ; j'étais résolu à ne pas les tolérer, je fus dès ce jour décidé à leur céder la place. Deux fois dans ma carrière ministérielle je m'étais trouvé à peu près dans la même position vis-à-vis de deux partis fort différents.

En 1818, j'avais affaire au parti doctrinaire; en 1820, au parti royaliste. Dans l'un et l'autre j'avais en face de moi des hommes qui ont voulu abuser de leurs avantages et me forcer à des concessions que ma raison et ma conscience réprouvaient. Je leur ai tenu tête dans les deux occasions; les conséquences pour moi ont été les mêmes. J'ai quitté le pouvoir; si ce double échec ne témoigne pas en faveur de mon habileté, il montré, chose plus importante à noter, à quel point les hommes de tous les partis se ressemblent et combien les opinions modérées ont de peine à lutter contre des entraînements qui finissent par compromettre les meilleures causes.

La discussion sur la loi de censure dura encore trois jours. Un amendement de M. de Courtarvel proposant de limiter à trois mois l'exercice de la censure, passa malgré l'opposition de M. le garde des sceaux et la mienne. Il fut voté par une majorité composée de toute l'opposition ordinaire, réunie à une forte partie de la droite.

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