‹ Histoire de mon temps. Mémoires du chancelier PasquierChapitre 117 sur 275 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

Situation de l'Espagne. — Le ministère Arguelles. — Troubles à Madrid. — Persécutions contre le clergé. — Arrestation de Vinuesa.

— Licenciement des gardes du corps. — Ouverture des Cortés; le Roi attaque violemment ses ministres, qui se retirent. — La guerre civile éclate en Navarre et en Catalogne. — Meurtre de Vinuesa.

— Agissements des réfugiés espagnols en France. — Les eomuneros.

— Conspiration de Saragosse; arrestation de Riego. — La peste à Barcelone; dévouement des médecins français envoyés pour combattre l'épidémie. — Établissement d'un cordon sanitaire sur notre frontière des Pyrénées. — L'émigration espagnole en France. — Riego est relégué à Lérida. — L'Espagne entière demande sa mise en liberté.

Après le départ des Chambres, la France put jouir à rintérieur d'une paix profonde. A l'extérieur , malgré les sinistres prévisions que l'opposition s'était plu à répandre sur les résultats des congrès de Troppau et de Laybach, il ne restait qu'un côté qui dût lui inspirer quelque inquiétude; c'était l'Espagne ; là elle avait un voisin turbulent, travaillé par les plus dangereuses doctrines.

C'était là que se trouvait la véritable plaie de la maison de Bourbon, car il ne pouvait rien arriver de fâcheux à la branche d'Espagne qui ne rejaillît jusqu'à un certain point sur celle de France, et il ne dépendait pas de cette dernière de n'être pas, aux yeux de tous les cabinets, plus ou moins solidaire avec l'autre. On avait affecté de le donner à entendre à Laybach; plusieurs fois, dans ses moments de bienveillance, l'empereur Alexandre avait dit à M. de La Ferronnays que c'était à la France à trouver la solution qui pouvait mettre un terme à cette révolution et tranquilliser l'Europe. Et cependant que pouvait-elle pour soutenir tant

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