ENTRETIEN DE M. PASQUIER AVEC MONSIEUR
« ment des Chambres et à obtenir en quelque sorte d'accla- « mation le vote des millions de rentes nécessaires à Topé- « ration. La répartition de la partie de ces millions allouée « aux émigrés serait faite ensuite par les soins de Tautorité « royale, mais suivant des proportions et des règles qui « auraient été sommairement fixées par la loi. » Monsieur m'écoutait avec un mécontentement de plus en plus marqué et mit fin à la conversation par ce salut princier qui veut dire : « Retirez-vous ! »
Cet entretien est le dernier que j'aie eu avec Monsieur dans ma carrière ministérielle. Les événements survenus depuis ont prouvé que ce prince avait une grande ténacité dans Fesprit. Dès que son influence est devenue dominante dans le gouvernement de son frère, l'indemnité des émigrés a été solennellement annoncée dans le discours du trône, et la mise à la retraite des officiers généraux, que M. de Latour-Maubourg n'avait pu obtenir, a été un des premiers actes de son règne.