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LE DUC DE WELLINGTON A PARIS

terventlon en Espagne. J'ai même quelques raisons de croire que le ministère des affaires étrangères lui fut dès lors promis. M. de Yillèle était très décidé à saisir la première occasion favorable pour se débarrasser de M. de Montmorency. Sa liaison si intime avec le parti religieux, la pensée qu'il ne lui pardonnerait pas de s'être emparé de la présidence qu'il désirait gênaient M. de Yillèle. Il ne sut pas prendre son parti; n'ayant aucune conviction fortement arrêtée, subordonnant toujours ses résolutions au besoin de ne pas heurter de front son parti, il est arrivé peu à peu, de concessions en concessions, à accepter ce qui lui répugnait le plus, à courir les hasards qu'il avait redoutés.

Le duc de Wellington avait été désigné pour occuper au congrès la place de lord Castlereagh. Or, le duc de Wellington était non moins que lui opposé à l'idée d'une attaque à main armée contre l'Espagne ; il avait, en toute occasion, fait connaître son opinion sur les dangers d'une telle entreprise, et la profonde connaissance qu'il devait avoir de ce pays, o.ii son nom et ses armes avaient brillé d'un si grand éclat, donnait beaucoup de poids à ses paroles. Le duc de Wellington était passé par Paris dans les derniers jours de septembre. Il avait eu une longue conférence avec M. de Villèle et ne lui avait point dissimulé à quel point son cabinet et lui personnellement étaient opposés à toute intervention armée dans les affaires d'Espagne. M. de Villèle, rassuré par cette déclaration si nette et bien convaincu qu'une opposition aussi formelle ne pouvait manquer de déjouer tous les projets belliqueux, avait cru habile de mettre en avant la nécessité pour le congrès de paraître prendre au sérieux la situation de l'Espagne et de ne pas se séparer sans avoir examiné l'hypothèse d'une g-uerre dans laquelle la France se trouverait engagée par la force des choses. Le duc de Wellington avait répondu qu'il demanderait de nouvelles instructions à son cabinet,

mais il n'avait pas dissimulé sa conviction que le ministère anglais persisterait dans les intentions qui avaient été tant de fois exprimées et dont rien dans les événements survenus ne justifiait la modification.

C'est sur ce terrain qu'allaient s'ouvrir les conférences préliminaires à Vienne. Le début de notre ministre des affaires étrangères avait été significatif et trahissait l'état de son esprit. A peine descendu dans son hôtel, il en était ressorti à pied. M. de Metternich, instruit de son arrivée, s'était présenté aussitôt; ne le trouvant pas, il l'avait attendu; puis, l'attente se prolongeant, il avait fini par quitter la place. M. de Montmorency revint au bout de trois heures, qu'il avait passées d'abord à entendre une messe, puis à aller prendre langue avec des religieuses auxquelles l'avaient adressé leurs sœurs de Paris.

L'empereur Alexandre se trouvait à Varsovie et n'arriva que vers le milieu du mois de septembre. Il affecta la plus grande simplicité et, à l'exception de quelques revues militaires, parut vêtu en simple particulier, même dans les réunions de la cour. On sut bientôt qu'il avait fait l'accueil le plus flatteur au représentant de la France. On pouvait en conclure une intelligence parfaite sur les idées que la France et la Russie cherchaient à faire prévaloir dans le congrès. Le roi de Prusse était arrivé de son côté. Après quelques conférences entre leurs ministres respectifs, le départ des trois souverains pour Vérone fut fixé au 30 septembre. Le duc de Wellington n'arriva que le 27 ou le 28. La ville de Vérone avait été choisie, d'une part, parce qu'elle était en Italie et que les affaires de ce pays étaient toujours, en apparence, la cause principale de la réunion; de l'autre, parce qu'elle se trouvait à l'entrée de la péninsule italienne, où M. de Metternich ne se souciait pas que les souverains et surtout le czar pénétrassent trop avant.

La réunion ne fut complète que vers le 17 ou le 18 octobre; les conférences ne s'ouvrirent que le 20. Dès le 22 sep-

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