CHAPITRE XX
Entrée triomphale de Ferdinand YH à Madrid. — Les représentants étrangers insistent Tainement auprès de lui pour obtenir une amnistie générale en faveur des libéraux. — Ordre du jour du duc d'Angoulème à l'armée. — Résultats de l'intervention française en Espagne. — Responsabilité de M. de Villèle. — La réaction absolutiste. — M. de Damas est appelé au ministère de la guerre. — Entrée solennelle du duc d'Angoulème à Paris. — Projet de loi de M. Ferrand sur l'autorisation des congrégations de femmes. — Projet de M. Pasquier sur la juridiction des conseils de guerre. — Rigueurs du ministère contre les journalistes. — M. de La Rochefoucauld- Lian court et M. de Corbière. — Mort de Pie VII, élection de Léon XII. — Dissolution de la Chambre. — Rupture imminente entre MM. de Villèle et de Chateaubriand à propos du cordon bleu. — Lettre pastorale du cardinal de Clermont-Tonnerre ; elle est déférée au conseil d'État. — Résultat des élections générales. — Projet de conversion de la rente.
Ferdinand s'avançait très lentement vers sa capitale; il arriva le 13 novembre. Le duc d'Angoulème en était reparti le 4. Il ne lui aurait sans doute pas convenu d'assister au supplice de Riego, qui eut lieu le 7. Rien de plus ridicule, à mon sens, que les pompes triomphales dont fut entourée l'entrée dans Madrid d'un roi qui, depuis trois ans, avait subi misérablement les lois qui lui avaient été imposées. Un char de triomphe, haut de 25 pieds, d'une forme antique et gigantesque, fut traîne par cent hommes en veste et pantalon vert et rose, entourés de groupes de danseurs et de danseuses habillés avec la plus grande élégance et suivis d'un cortège militaire. Les fêtes durèrent plusieurs jours ; on voulut un moment se flatter que de si éclatantes réjouissances fourniraient l'occasion d'un grand acte de clémence. Tous ceux qui se croyaient le droit de