CHAPITRE III
Élections de novembre 1820. — Défaite des libéraux. — Composition de la majorité. — Les ambitions à satisfaire, MM. de Villèle et de Corbière. — M. de Richelieu veut leur donner place au conseil. — Combinaisons proposées. — Finalement ils entrent dans le cabinet sans recevoir de portefeuille. — M. de Chateaubriand est nommé ministre à Berlin. — Ouverture des Chambres. — Rédaction de l'adresse. — Les ministres à portefeuille initient leurs nouveaux collègues à tous les détails de l'administration. — Procès de la conspiration du mois d'août. — Lenteur de l'instruction. — Composition de la commission investie des pouvoirs de la chambre du conseil. — Caractère de M. de Sémonville, grand référendaire. — Il s'attache à restreindre le plus possible la portée des poursuites. — M. Ravez, procureur général, est remplacé par M. de Peyronnet. — Le supplément d'instruction réclamé par M. Jacquinot est refusé par la Chambre. — Discussion sur l'étendue de la compétence de la Chambre des pairs en matière criminelle.
Les élections avaient eu lieu dans le courant du mois de novembre; les eflforts du ministère en faveur des royalistes, ne faisant aucune distinction entre ceux du centre et ceux du côté droit, avaient réussi au delà des espérances les plus conflantes. Dans les départements, l'influence de la grande propriété avait enlevé presque tous les suffrages. En somme, sur deux cent vingt députés élus, il se trouva quarante-quatre présidents ou vice-présidents de collèges, soixante-quinze membres de cette Chambre de 1815 que les royalistes avaient qualifiée d'introuvable, et seulement trente-quatre ou trente-cinq libéraux, parmi lesquels il n'y avait de marquants que MM. Bignon et Dupont de l'Eure. L'opposition libérale, qui dans la dernière session avait si souvent balancé la majorité, ne devait donc pas rallier plus d'un tiers de l'Assemblée. Il était évident qu'on