‹ Histoire de mon temps. Mémoires du chancelier PasquierChapitre 45 sur 275 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Le congrès de Laybach. — Lord Gastlereagh réfute le principe de rintervention. — Instructions données à nos plénipotentiaires. — Les ministres des États italiens se rendent au congrès. — Les idées réYolutionnaires gagnent du terrain dans le royaume de Sardaigne. — Le roi Victor-Emmanuel envoie à Laybach M. de Saint-Marsan. — Nouyelles instructions données à nos plénipotentiaires. — M. de Pozzo quitte Paris pour rejoindre son souverain; dès lors son attitude change complètement. — L'influence exercée sur le czar par M. de Metternich augmente de jour en jour. — Entretien de M. de La Ferronnays avec l'empereur Alexandre. — M. de Saint-Marsan appuie vivement le parti de la contre-révolution. — Précautions prises par M. de Metternich pour imposer ses idées au congrès. — Il en ferme l'accès aux plénipotentiaires des petits États. — La France se trouve ainsi isolée et impuissante. — M. de Gallo, ministre constitutionnel de Ferdinand, est séparé de son maître et envoyé à Gorite.

Le congrès de Laybach était réuni; l'empereur d'Autriche, l'empereur de Russie, le roi de Naples étaient arrivés, ainsi que les plénipotentiaires prussiens, français et anglais. Les trois souverains avaient assez inutilement commis, avant de se transporter à Laybach, l'imprudence de laisser percer dans une circulaire qu'ils avaient adressée en commun à toutes leurs légations respectives en Europe, non seulement leurs projets, mais encore leurs principes, c'est-à-dire ceux du protocole préliminaire. Les légations avaient donné une grande publicité à cette circulaire; en cela elles obéissaient aux intentions de M. de Metternich, toujours convaincu que le meilleur moyen de s'emparer de l'empereur Alexandre était de l'engager par ses propres paroles. Il n'avait pas hésité à saisir la première occasion pour établir publiquement le droit que les trois puissances

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