CHAPITRE VI
Congrès de Laybach (suite). — Supercherie commise par M. de Metternich pour assurer l'adhésion des ministres des petits États italiens aux procès-verbaux des conférences tenues avant leur arrivée. — Les plénipotentiaires français se prononcent pour l'intervention, en faisant leurs réserves. — L'armée autrichienne passe le Pô. — On fait sortir M. de Gallo de Goritz pour lui notifier les décisions du congrès. — Manifeste du prince régent. — M. de Blacas est désigné pour accompagner le roi de Naples jusqu'à sa capitale. Ses instructions. — Discussion au Parlement anglais sur les affaires extérieures. — M. de Metternich tente de faire croire que la France a accepté le droit d'intervention. — Le cabinet français rétorque cette allégation par une note verbale. — Interpellation du général Sébastiani à la Chambre ; réponse de M. Pasquier. — Agitation en Espagne. — Plaintes du cabinet de Madrid contre la partialité du ministère français. — M. de Bardaji est nommé ministre plénipotentiaire du gouvernement espagnol en France. — Il n'en continue pas moins ses menées contre le gouvernement piémontais. — Troubles à Turin. — État d'esprit de la population piémontaise.
Les premières conférences ayant donné lieu à des débats qu'on jugea à propos de ne pas faire connaître aux arrivants, six procès-verbaux furent rédigés, dans lesquels on prit soin d'effacer tout ce qu'on crut devoir taire. La véritable discussion fut remplacée par des discours de convention, arrangés par M. de Gentz et où il sut éviter de mettre différents avis opposés. Ainsi se trouvaient effacés, avec tout ce que les plénipotentiaires français avaient dit de plus énergique, même les paroles des autres plénipotentiaires, quand il s'en était rencontré d'un peu trop significatives. Ce fut à ces six procès-verbaux que les plénipotentiaires italiens adhérèrent sans hésiter aussitôt leur admission dans le congrès. Il paraît même certain qu'ils n'eurent aucun soupçon que rien autre chose eût été dit