‹ Histoire de mon temps. Mémoires du chancelier PasquierChapitre 64 sur 275 · CIRCULAIRE DE M. DE METTËRNICH · texte numérisé non relu

CIRCULAIRE DE M. DE METTËRNICH

« tance non seulement pour l'Italie, non seulement pour « la monarchie autrichienne, mais pour le salut de toute a l'Europe . Les délibérations ne laissèrent heureusement « aucun doute sur la manière dont les cours alliées envi* « sageaient l'origine et le caractère de la révolution de « Naples, et les dangers dont elle menaçait d'autres États. « Quant aux résolutions qu'exigeait un pareil état de « choses, si des circonstances particulières d'un grand « poids engagèrent le gouvernement britannique à ne pas « partager celle des autres cours et le cabinet de France « à n'y accéder qu'avec des restrictions, l'empereur eut la satis- 0 faction de se trouver entièrement d'accord sur toutes les « questions avec les souverains de Russie et de Prusse, et de (f se convaincre en même temps que les différences de posi* a tion et de marche entre les puissances de l'Europe n'en « amèneraient aucune dans les bases de leur alliance et « l'uniformité générale de leurs principes et de leurs vues. »

Pour laisser croire que la France avait accédé, avec quelques restrictions, aux* résolutions prises à Troppau, M. de Metternich transportait à Troppau les faits qui s'étaient passés à Laybach. Cette astucieuse énonciation ne .pouvait manquer de révolter le gouvernement français. Il était impossible qu'il consentît à supporter les conséquences d'un pareil abus de confiance, il était impossible qu'à l'avenir on pût l'accuser d'avoir accepté le droit d'intervention dans les affaires intérieures des États et d'atten* ter à leur indépendance. Il devenait dès lors nécessaire qu'une pièce écrite, régulièrement communiquée, qui pourrait un jour être invoquée, existât non seulement dans le dépôt des affaires étrangères de France, mais même dans les principales chancelleries de l'Europe.

Je rédigeai donc, d'accord avec le duc de Richelieu, une note verbale (1) approuvée par tout le conseil. Elle fut expé-

(i) C'est une expression usitée dans le langage diplomatique. Elle yeut dire une pièce dont le contenu doit être pris en sérieuse considé-

diée pour Laybach le 20 février , avec ordre aux plénipotentiaires français de la communiquer à tous les plénipotentiaires qui faisaient partie du congrès et même de demander son insertion au protocole des conférences. Elle a été d'une telle importance et les conséquences en ont été si graves, attendu le déplaisir qu'elle a causé à M. de Metternich, qu'il est indispensable de la consigner ici en entier :

« La déclaration que la cour impériale et royale apo- « stôlique vient de publier relativement aux affaires de <c Naples, offre un passage qui a dû attirer l'attention « du gouvernement de Sa Majesté Très Chrétienne et qui « la met dans l'indispensable nécessité d'entrer dans a quelques explications tendant à ne laisser subsister « aucune obscurité sur sa conduite et ses véritables dis- « positions.

«c Le passage dont il s'agit est celui où le cabinet au tri- « chien, après avoir fait l'exposé de l'état de choses produit « par les événements survenus dans le royaume des Deux- « Siciles, indique que, dans les conférences de Troppau, il « a été entièrement d'accord et sur toutes les questions « avec les cours de Russie et de Prusse, que des considéra- « tions d'un grand poids ont engagé le gouvernement bri- « tannique à ne pas les partager et le cabinet français à « n'y accéder qu'avec des restrictions.

« Il importe au gouvernement français de bien établir « quel est le sens précis de ces dernières expressions.

« Les délibérations de Troppau ont eu pour objet : « 1" d'établir un système de principes généraux pour fixer « le droit d'intervention réciproque dans les affaires inté- « rieures des États ; 2* de faire l'application de ces principes « aux affaires du royaume de Naples,

ration, très importante, mais qui n'est pas destinée à être rendue publique. C'est comme si on disait une importante déclaration faite de vive voix, puis recueillie sur le papier pour n'être pas oubliée.

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