L'ITALIE EN
Et quand le roi, ramené par les baïonnettes étrangères, est forcé de remplacer les troupes autrichiennes par des mercenaires suisses, peut-on dire que son trône est assis sur des bases bien solides? N'aurait-il pas été plus sage de désarmer les passions par des concessions, en déconcertant les projets d'une secte redoutée ; en lui arrachant les armes dont elle s'était emparée, n'aurait-on pas conquis sans retour à la dynastie légitime l'amour et la fidélité de ses sujets? N'aurait-il pas été plus sage d'employer à développer dans le pays l'agriculture, le commerce, l'industrie et les arts, ces millions qu'il a fallu emprunter pour solder Tarmée autrichienne d'occupation (i)? Sommes-nous blâmables d'avoir conseillé cette politique? Veut-on savoir ce que pensait de cette restauration napolitaine un des hommes principaux de ce cabinet russe dont on avait surpris le consentement? M. de Capo d'Istria écrivait le 2 mars, de Laybach à M. de Richelieu, à propos de l'Espagne : « La situation de l'Espagne est très difficile sans doute, « mais elle peut offrir des chances heureuses. En sauvant « l'Espagne par votre intervention constitutionnelle lors- « qu'elle deviendra possible, vous rendrez un grand service « au monde; vous affermirez pour toujours la restauration « de la monarchie française, vous rendrez à l'Espagne le ce bien pour le mal, tandis que si nous rendons quelque « chose à Naples, ce sera le mal pour le bien. »
(1) D'après un document authentique, l'occupation autrichienne, au l*' janvier 1827, coûtait déjà deux cent quarante millions au royaume de Naples, savoir deux cent quatre millions payés par le gouvernement et trente-six millions payés par les villes et les communes.