‹ Histoire de mon temps. Mémoires du chancelier PasquierChapitre 83 sur 275 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

Proposition Sirieys de Majrinhac sur le règlement de la Chambre. — Politique économique, la question des blés; elle est résolue dans un sens contraire aux vues ministérielles. — Le procès Bergasse; il réveille la question des indemnités dues aux émigrés; acquittement de Taccusé; triomphe du pavillon de Marsan. — Le conseil de Monsieur. — Baptême du duc de Bordeaux. — Mort de Napoléon. — Travaux parlementaires. — Réforme de l'article 354 du Code de procédure criminelle. — Projet de loi sur les pensions ecclésiastiques. — Le Concordat de 4817 et le nombre des évêchés. — Violentes discussions. — Discours de MM. de Kératry, Donnadieu, de Corcelle. — Réponse de M. Pasquier : il assure la victoire au ministère, mais MM. de Villèle et de Corbière la compromettent en transigeant avec la droite. — L'accord cesse dès lors de régner entre eux et les autres membres du cabinet.

Le dénouement de la crise italienne devait produire un grand effet dans le parlement français; la droite, un moment déconcertée, reprit conflance; la gauche, follement triomphante jadis, prit une attitude plus réservée, s'efforçant de dissimuler la grandeur de Téchec qu'elle venait de recevoir et qu'accroissait la témérité avec laquelle elle avait laissé percer ses espérances et ses vœux. De ce moment, il ne lui a plus été donné de faire courir aucun risque au gouvernement royal de France. La situation du ministère fut peu modifiée ; la guerre sans trêve que lui faisait Topposition ne tarda pas à reprendre toute sa violence, même sur des sujets qui ne semblaient pas comporter des débats passionnés. On le vit dans la discussion de la proposition de M. Sirieys de Mayrinhac sur le règlement delà Chambre et la répression des écarts de parole à la tribune. MM, Royer- CoUard, de La Bourdonnaye, Benjamin Constant, Bignon

Page 1