CHAPITRE II
n* Olivier^ emrë 4e Salnt-Etienne-Av-Havl.
Le 11 janvier 1828, H. Tabbé Philippe Desjardioi* Ticaire général de Mgr de Qaélen , archev^ue de Paris, notifia à M. Olivier, curé de Chaillot , sa nomination à la cure de Saint-Etienne-du-Mont.
« Je remplis, lui dit-il» un agréable message , en « TOUS annonçant de la part de Mgr rarcheTèque de « Paris, qu'après avoir mûrement , et devant Dieu , ce délibéré sur le meilleur choix à faire pour la cure de « Saint-Etienne- du-Mont, il a pris le parti de vous la « confier.
« En conséquence, je vous informe avec un extrême « plairir que vous êtes curé de cette paroisse que d^à « vous connaissez, où vous vous êtes fait connaître et « aimer, et qui s'estimera heureuse d'être gouvernée « par vous. Monseigneur vous saura gré de la promp** « titude que vous voudrez bien mettre à votre prise « de possession et & votre déménagement de Chaii- « lot* Vous savez que pour consoler cette paroisse « du malheur qu'elle éprouve de vous perdre si « promptement, il y place M. l'abbé Marie* deuxième « vicaire de Saint-Sulpice, dont les services et les « bonnes qualités vous sont connus. »
Le respectable abbé Marie n'accepta pas sa nomi- Batiou : il devint plus tard curé de Saint-Germain-des- Prés, où sa douceur, sa bonté , son amour pour les pauvres et ses vertus lui attirèrent le respect de tous. Ce fut M. Tabbé Levée, un excellent prêtre, qui succéda à M. Olivier dans la cure de Chaillot. Il disait plus tard : Mes dix ans de cure ne valent pas encore les dix mois de M. Olivier.
Mgr de Quélen violait encore cette fois les règlements du diocèse de Paris en faveur de Tabbé Olivier, car ces règlements établissent qu'aucun prêtre ne sera nommé curé de la paroisse où il a exercé les fonctions de vicaire. Mais le mérite du curé de Gbaillot était si éminent, il avait laissé de si bons souvenirs à Saint- Etienne, il y était appelé par tant de vœux, il y était si nécessaire à cause de la jeunesse des écoles qui ne voulait entendre que lui, que cette exception en sa faveur parut toute naturelle.
L'élévation de l'abbé Olivier à l'une des plus impor* tantes cures de la capitale blessait bien des amours propres humiliés, enâammait des Jalousies et attérait des médiocrités haineuses auxquelles son talent et sa vertu faisaient ombrage.
Qui le croirait? Au milieu des joies de la paroisse qui voyait arriver au milieu d'elle comme pasteur le bien aimé vicaire dont elle avait apprécié les mérites, au milieu des applaudissements de la jeunesse qui saluait avec enthousiasme le retour de son éloquent apôtre, c'est du sein même du clergé de Saint-Elienne
que s'élevait contre lui une violente opposition , des bouches sacrées murmuraient contre Tautorité de leur archevêque, et s'ouvraient aux blftmes et aux dénigrements. Le nouveau curé allait tout bouleverser : il ferait pire encore, il allait tout organiser, établir Tor-. dre et la régularité la plus ponctuelle dans le service paroissial, assigner à chacun ses fonctions, exiger le travail et le zèle, et soumettre des prêtres à une discipline exacte pour le service des autels. Il les éclipserait tous par réclat de sa parole.
Cette opposition d'une partie du clergé paroissial de Saint-Etienne, d'une partie minime heureusement , comme on le verra par la suite, se fit jour dans le public, et livra ses honteuses récriminations aux éclats scandaleux de la presse.
«M. l'abbé Olivier, écrivait le Cawrrier Français le « 15 janvier 1828, tout récemment curé àQiaiUot, près « Paris, vient d'être promu à la cure de Saint-Etienne- « dtt-Mont, vacante par la mort de M. l'abbé Charpen- « tl6r,généralement regretté dans saparoisse.Serait-il « vrai que M. Olivier, son successeur, aurait proclamé « hautement, i^ a peu de temps, devant plusieurs « témoins , que parmi les membres de l'Université , « telle qu'elle est constituée aujourd'hui, il n'y avait « poê mn mmI individu qui eût la foi. Sans s'arrêter à « ce qu'il y a d'inconsidéré et d'injurieux dans ce pro- « pos, on est frappé tout d'abord de la conformité de « vues qu'il décèle avec la doctrine de Montrouge et du « parti-prêtre sur la Bécessité de remettre l'éducation
« publique entre les mains du clergé.Le nouveau curé» « à peine &gé de trente ans, serait-il un apôtre de cette <c doctrine ? Dans ce cas, il faudrait penser que la re« « ligion de M. Tarchevèque de Paris a été trompée. « Serait-il possible, en effet, que ce prélat, qui a « montré dans plusieurs de ses nominations du tact et <c de la mesure, eut pu choisir sciemment, pour une « cure aussi importante, placée au centre des établich ce seroents dMnstruction publique de la capitale, et con- « sidérée avec raison comme la paroisse de TUnivera site, un homme dont Tàge et les services très ré- « cents dans le ministère ecclésiastique ne peuvent « donner une garantie bien grande de son expéa rience, de sa modération, de sa tolérance surtout; « un homme enfin qui, par un anathème lancé en « masse contre tout le corps enseignant, aurait acquis « si peu de titres à la confiance et à ces rapports de « bonne intelligence qu*un bon pasteur doit tenir « avant tout à établir entre lui et son troupeau«
« Si le fait que nous signalons est exact, et nous « avons peine à ne pas y croire sur la foi de personnes « qui Tattestentt il importe à M* Olivier de le démentir « par ses actes et de détruire ainsi les {ftobeuses prét ventions et les alarmes que fait nattre die toutes parts a sa nomination parmi ses nouveaux paroissiens. En « pareil cas, les faits répondent mieux que les pa- « rôles. »
Ou sent toute la perfidie et tout le venin dislilléa dans ces lignes. L'envie est tot^oufs habile à découvrir le vrai mérite de ceux qui Toffosquent ; elle a visé juste en frappant Tabbé Olivier dans ses succès mêmes, et dans l'ascendant que son nom seul exerçait sur l'ardente jeunesse des éeoles. Hais aulNM ^'elle
est maladroite I Elle croyait loi infliger une honilia. tion, lui créer des embarras, et elle lui préparait un éclatant triomphe. Car enfin qui va se charger de détruire ces injustes ^éventions ? Qui va le venger de ces atta^es? Mgroe Quélen lui*mème, et en quels termes I
• AM.U rédacteur du Courrier firançais.
« Paris, le 17 janvier 1828.
t Les prêtres de mon diocèse sont pour moi det a amis et des frères. Si mon affection pour eux n*est « pas assez aveugle pour laisser passer sans avertiase- « ment et sans réprimande les imprudences et les « fautes quMls auraient le malheur de commettre, je c regarde aussi comme un devoir de défendre contre c d*injustes accusations leurs paroles et leurs person- € nés. Leê toucher^ c'est me toucher la prunelle de € VofiL
« Vu anonyme m*a envoyé hier votre numéro du è mardi 15 janvier, où se trouva indiqué, par un dou* # ble trait à la plume, un article peu favorable à € H. Tabbé Olivier, que Je viens de nommer à la cure « de Saint-Etienne-du-Mont. Il est rapporté un propos « Injurieux à TUniversité tout entière. Après avoir m pris sur ce fait les informations les plus positives, « j'ai ordonné à H. l'archidiacre, chargé d'installer « aujourd'hui M. Olivier, de démentir publiquement « et en chaire ce propos, qui serait plus qu'inconsi-* € déré, et dont M. Olivier assure lui-même n'avoir m donné lieu ni de loin, ni de près, d'être apousé.Toul m au contraire, engagé dans des relations fréqut ntea « avec la jeunesse des collèges et 4es penitaMEis, il s'est m toujours exprimé de la manière la pitit honorable
« sur le ôompte des chefs, des instituteurs et des mat- « très.
« rajoute qu'ayant suivi avec beaucoup d^ttention a la conduite de M. Olivier, je n'^ pu ètr^ trompé à « son égard que par mon propre jugement; J'afAra me que je le regarde comme un des ecclésiastiques c les plps estimables du diocèse, et que j*ai dû faire « une chose agréable à messieurs les curés de Paris en « le leur donnant, malgré sa jeunesse, pour associé et c pour confrère dans les fonctions du ministère pasc toral.
9 Je vous autorise à faire usage de cette lettre et à € publier ce témoignage dans un de vos prochains « numéros; je pourrais vous le demander comme jus- « tice, je me borne à la prière.
« J'ai rhonneur, etc.
« f Hyacinthe, archevêque de Paris. »
Malgré cette lettre si honorable et émanant d'une autorité si haute, le détracteur du Courrier français ne se tint pas pour battu, et fit suivre la réclamation de Mgr Tarchevèque de Paris des réflexions suivantes :
« Le propos attribué à M. Olivier était un bruit € public dans la paroisse (qui Pavait donc répandu ?) « dont il vient d'être nommé pasteur. Nous lui avons « rendu service en lui fournissant l'occasion de le faire « désavouer en chaire ; car cette prévention eût été « défavorable à ses relations avec les nombreuses « institutions qui existent dans ce quartier. Au mo- « ment ou M. l'archevêque de Paris se rend garant « des sentjpients de M. l'abbé Olivier, nous ne parle- « rons pas des lettres qui nous sont parvenues, et « éàm lesquelles on nous témoigne la crainte que le « ooré aauel46 Sc^t^Uenne-du-Mont n'ait pas bé-
€ rite de la tolérance et de la modération du respec- « table abbé- Charpentier. Nous aimons mieux croire « qu'averti des inquiétudes qui ont accueilli sa nomi- « nation, guidé par les sages conseils et par les exem- « pies de M. TarchAêque, il s'efforcera de justifier la « bienveillance de ce prélat en marchant dans les « voies que lui a tracées son prédécesseur. »
M. Olivier n'avait besoin de marcher dans les voies de personne : on le verra bien.
Mais ce n'était pas seulement dans les journaux que le nouveau curé de Saint-Etienne était attaqué : une main inconnue glissait sous les portes des libelles diffamatoires contre lui. Il est vrai qu'ils étaient reçus avec le plus souverain mépris, et l'honorable H. Auvray , proviseur du collège Henri IV , écrivait à M. l'abbé Olivier, le matin même de son installation, 17 janvier 1828 :
« Je ne sais si c'est par un privilège spécial, et je « ne le crois pas, ou bien si c'est par suite d'un sys- « tème général de diffamation, que j'ai reçu le pa- € quet ci-joint. Quoiqu'il en soit, voilà le cas que j'en € fais, et je vous prie, monsieur le curé, de croire au € souverain mépris que m'inspire de telles manœuc vres, comme au profond respect avec lequel j'ai « l'honneur d'être, etc. »
Ces quelques prêtres opposants du clergé de Saint-
Etieime avaient peur apparemment que la vie ne fût dure avec l'abbé Olivier ; qu'ils le connaissaient peu 1 Nous apprenons d*un irrécusable témoin comment il savait déjà traiter et rendre heureux les prè"» très qui travaillaient sous ses oflres à la gloire de Dieu et au salut des âmes. L'abbé Leblaitt, second vicaire de Gbaillot, lui écrivait, le 18 janvier^ une lettre chaleureuse et pressante. Cette lettre était datée d\x désert de Chaillot.ll peignait sous des couleurs très vives la tristesse générale qui régnait dans cette pauvre paroisse, si désolée de son départ, inconsolable de sa perte. Puis il ajoutait :
« Les vicaires de Saint-Etienne ont perdu tous leurs « droits antérieurs par leur opposition violente contre « vous. Combien vos amis ont été affligés de vous « voir arriver au milieu d'un clergé nombreux et où
< vous auriez vainement cherché un ami. Oui, je le « répète, en appelant auprès de vous l'un de vos pre- « miers collaborateurs , vous dissiperez sans retour c ces absurdes accusations que la malveillance et la c jalousie ont cherché à accréditer. On a dit et répété « qu'on n'est pas heureux en vivant avec vous et eu « travaillant sous vos ordres ; eh bien ! je demande de « me remettre encore, et pour toujours, s'il est posa sible, sous ce joug si dur à porter, et que je trouve,
< moi, si léger..! »
11 y avait deux évoques en France qui connaissaient bien M. Olivier et qui virent avec une grande joie son élévation à la cure de Saint-Etienne.
Le premier lai écrhrait : « Je suis ioodié au dernier « point de votre bon souvenir, et je vom aaenre que « rattachement que vous voulez bien me témoigner « trouve chez moi un retour bien sincère. Vous me « marquez la même affection que si vous me dévies c( quelque reconnaissance. Il est cependant bien eer« « tain que j'ai perdu plus que vous au dérangement « de cette affaire que nous avions concertée, vous et « moi. La Providence en a empêché la conclusion ; « mais je m'applaudirai ' cependant toute ma vie de « ravoir tentée, puisque cet essai m'a valu vos bons « sentiments qui me sont très chers et très précieux.
« Je sais le très grand bien que vous avez fait à € Chaillot. Vous voilà sur un théâtre encore plus im« < portant. Votre zèle, vos talents vous y suivront, et « vous y travaillerez avec succès pour la gloire de « Dieu. J'adresse mes félicitations à la paroisse de c Saint-Etienne-du-Mont, et à vous^ monsieur le curé, « l'assurance, etc.
« f CuuDE'HYPPOLrri, évéque de Chartres, « Chartres, 17 janvier 1828. »
Et le second :
« Grenoble, 21 janvier 1828.
« J'ai prié le Seigneur pour qu'il daignât donner un « pasteur» selon son cœur, & une paroisse importante « et qui ne cessera de m'ètre chère. Mes vœux sont « accomplis : grâces en soient rendues à l'auteur de « tout don parfait. Je prie au moins deux fois par jour « pour Saint-Etienne : il n'y a pas à craindre que le « chef du troupeau soit oublié,
<v L'expérience vous a déjà fait acquérir l'exercice « des fonctions pastorales» et la connaissance que vous
« avez déjà des hoHimes et des choses sur le territoire « où TOUS rentrez, vous rendent assez inutiles les avis « dont TOUS croyez avoir besoin. Cependant comptez € sur moi, si le cas vient à échoir. Je n'ai rien à re- « fuser à un ancien vicaire chéri, devenu, selon mes « désirs, mon très digne successeur.
€ Quelques membres de votre clergé n'imiteront « pas le sage abbé Mantion. Vous vous passerez de « leur amitié, si vous ne pouvez la conquérir par vos « égards. Quelques paroissiens vous trouveront trop < jeune : ils ne le diront pas longtemps. Votre zèle et € votre activité vous feront faire, sinon des miracles, « du moins des merveilles. Vous rapporterez à Dieu « toute la gloire, et vous serez d'autant plus petit à € VOS propres yeux, que vous deviendrez plus grand à « ceux des hommes. »
Quelle dignité de langage, et comme la foi se réjouit de rencontrer de bons prêtres selon le cœur de Jésus-Christ qui les a formés et selon Tesprit véritable de l'Église, qui est un esprit de paix et de franchise I Oserons-nous prier ceux qui sont revêtus de la charge pastorale et qui sont nos maîtres et nos guides de méditer ce portrait du bon et vrai curé que trace ensuite la main du pieux et digne prélat :
c( Un chef de paroisse, surtout de celle de Saint- « Etienne, qui se bornerait à peu près au saint tribu- « nal et à la chaire sacrée, pourrait être un bon prêtre, « mais ne serait pas un vrai curé. Personnel et maté- «( riel de votre église , fonctions qui s'y exercent, « catéchismes, confréries, écoles, établissements, tant € religieux que littéraires, clergé, fabrique, malades, c pauvres, etc., que d'objets confiés à votre soUici- « tude, et qui l'occuperont tout entière, je n'en doute
— les —
« pas ! Hais éTitez Texcès da traTail; n'abrégez pat c votre sommeU, hors les cas extraordinaires^ qni doi- « vent être rares; en un mot, ne tous osez pas avant ff le temps, et pour en avoir trop fait, ne vous exposez « pas à ne pouvoir plus en faire assez.
c( Si je croyais que le titre modeste de chanoine ad « honores de Thumble cathédrale de Grenoble pût être « agréable à un curé de Paris, et surtout à celui du « prince des martyrs et de Tillustre vierge de Nan- « terre, j'éprouverais un sensible plaisir à lui en faire « rofifrande. On a toujours été ici très avare de la « communication de ce titre, et c'est ce qui en re- « hausse peut-être le prix.
« f Philibert, évèque de Grenoble. »
En effet, Tévèque de Grenoble, le 26 février suivant, expédia au nouveau curé de Saint-Etienne ses provisions de chanoine honoraire avec une invitation très pressante de venir lui-même prendre possession de son titre.
vn.
Aux témoignages de ces deux illustres évèques vint se joindre celui d'un futur cardinal, de l'abbé Mathieu, que Mgr de Salmon du Chàtellier avait appelé à Evreux pour renouveler et réformer son grand séminaire. L'abbé Mathieu s'acquittait de cette difficile mission d'une manière admirable, et qui a laissé dans le diocèse d'Evreux d'impérissables souvenus : la régidarité, le travail et l'amour des études ecclésiastiqaes, la ferveur, la piété, florissaient sous son habile et fiorme administration. Malgré ses vertus et ses suc-
cas, il n'échappait pas cependant aux sourdes perse* cations d'un homme qui ne pardonnait pas au mérite et qui, à défaut d'un Mathieu, sut bien retrouver plus tard un Olivier. Do la solitude du séminaire d'Evreux, paisible au dedans, tourmentée au dehors, l'abbé Mathieu écrivit au nouveau curé de Saint-Etienne :
« Evreux, le 25 janvier 1828.
« f Jésus, Marie, Joseph.
« Monsieur et bien bon ami,
ff Je ne puis me dispenser de vous déranger encore « pour prévenir M. Poussielgue qui ne se taira pas, et «( vous dire que j'ai fait une apparition à Paris sans c( aller vous embrasser; il aura raison, et je ne sais « que trop que je parais mériter le triste sort de votre « saint patron, mais il n'ajoutera pas que je suis venu « uniquement pour moi me jeter en retraite, à bas « bruit, et me retirer de même. Des afiCaires de mi^- « nistère et courses urgentes m'ont sans cesse éloigné « de mon cher Saint-Etienne.
« Vous êtes bien bon de songer à prendre mes avis : « je me doute des difficultés de votre position,mais je <( n'ai pas assez d'expérience ni de connaissance des « lieux pour vous donner des avis.
« Tout ce que je puis vous dire, c'est de vous tenir « an courant de tout, et de disêimuler presque autant « de choses que vous en savez. Ayez soin aussi sans « faire de coups violents^ à moins d'une grande néces* « site, de vous entourer peu à peu d'ecclésiastiques « pieux, honnêtement Instruits, et qui vous soient dé^ <( vouée par estime et par amitié. Toutes les peines ir s^adoucissent, tous les maux se réparent et tous les <c biens se font avec une telle compagnie. Je crois
«f tvdr toujoupg laphM forte épine de flotte emronne i « portons-la, puisque le Seigneur l'y a mise; mat« « qu'elle eêt lourde! Je vous ombrasse aflTectueusement ff en notre Seigneur. Votre dévoué serviteur et ami. « Mathieu, supérieur du séminaire d'Evreux. » Qu'est-ce donc que ceci? Quoi à Evreux aussi, dès cette époque, il y avait des couronnes d'épines pour le zèle et la piété, des croix lourdes à porter pour un saint réformateur I II y avait des hommes pour en déchirer la tête, pour en charger les épaules d'un bon prêtre comme M. Mathieu I Pourquoi aussi était-il vicaire général et archidiacre? Tout archidiacre d'Evreux doit se souvenir de M. Boudon I II souffrait d'ailleurs en bonne compagnie, avec M. de la Bruniêre, depuis évêque et l'éloquent abbé Piau. Hélas î nos pères s'étaient contentés de flageller saint Taurin, notre premier apfttre!