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net de Uenlaisaooe. Et U presse ennemie aussitèi de erier à rexcentricilé, à Tabsorde. M» Olivier laissa dire : les inéchaDteg saillies, les ii\iures, les déclamatiùm du CoTMtrs s'adressaient à plus fort qu'elles. Après avoir critiqué M. le caré de Saint*Rocb, on l'imita, et les loteries charitables sont maintenant popoliûres et universeUes dans toute la France. On m abuse mAme ; il en pleut des averses.
Lfs revenus de la paroisse Saint*Roch, qu'on abeaiti» coup exagérés, ne s'élevaient, année commune, qu'à vingt mille francs : une seule année ils ont atteint le oiii£Rre de vingt-cînq mille francs. Mais quand ilseussent élé de cent mille francs, qu'aurait^on pu en eonclurt , puisqu'en les recevant ii les eut donnés, puisqu'il ab^or*^ bait, dans ses charités, une rente patrimoniale de quatra mille francs; puisqu'il ne gardait jamais d'argent dans sa bourse, puisqu'on sortant de cette si riche cure, il n'emporta à Evreuz que cinq francs pour s'établir dans son évèché. La magnificence inouïe qu'il donnait an solennités du culte le ruinait, au oontraira. phit6t que de reorichir.
Parmi Ih personnes qui avaient donné toute leur cMianee à M. Olivier, était ma vieille demoiselle psuMMblement ridie, et qui friisait profession de i^été. ^e était si enchantée des prédications de son curé, 4«*eUe se privait de fafre des voyages d'agrément dans la endnte de perdre un seul de ses prénes. - La rkhe dame élevait chez elle deux jeunes nièees, à peu près du même âs^, ses uniques héritières. Ses
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fllies adoptives lui devaient tout : elle s'imaginait tout pouYOir sur elles. Elles avaient été si parfaitement élevées, toujours si soumises et si reconnaissantes» qu'elle croyait n'avoir pas même besoin de les consulter pour l'événement le plus important de leur vie; La tante disait souvent à ses nièces : Mes filles, vous n'avez pas besoin de vous occuper de votre établissement ; j'y pense. Et les nièces de répondre : Hais c'est très-bien, bonne tante, nous nous en rapportons parfaitement à vous. Vous avez toujours été si bonne pour nous, que nous sommes sans inquiétudes.
Mais ce mot d'établissement était un mot perfide et gros d'orages. Les jeunes filles entendaient par là une dot, et la tante un époux. Elles croyaient naïvement que c'était à elles à se décider sur le choix de l'homme qu'dles devaient aimer, et, comme il fallait se tenir prêtes à recevoir l'établissement que leur annonçait leur tante, elles s'étaient déjà pourvues à tout événe^ ment.
Or, un jour, elles trouvèrent dans le salon de leur tante deux vénérables personnages qui fréquentaient depuis quelque temps la maison et qu'elles ne con* naissaient pas autrement que pour avoir échangé avec eux des prévenances de politesse. Quelque^ mots barbares de la langue des affaires, qui étaient parvenus jusqu'à leurs oreilles, leur avaient fait supposer que ce pouvait bien être deux notaires» mais elles n'avaient pas même eu la curiosité de savoir au juste ce qu'ils étaient»
— E3i bien l mes nièces, leur dit à brûle-pourpoint la tante, je vous parle depuis quelque temps d'établisaem^t. Je songe enfin à vous établir conv^able^ ment. *
— S17 — — > Qh t ma tante , tous êtes toujours bonne et excellente. Que nous TOUS devons 4t reconnaissance! Vous nous préyenez et nous venions précisément vous eu parler!
— Vous y avez donc songé ?
— Un peu.
Et en disant cela, leurs joues se colorèrent d'une teinte d'incarnat si prononcée , que le péu qu'elles avouaient signilBait beaucoup.
^- Comment toouvez-vous ces messieurs?
— Mais fort aimables, ma tante.
— J'en suis enchantée» ce sont mes amis ; je les connais depuis longtemps et ce sont des hommes estimables, d'une probité antique, de mœurs irréprochables et posés convenablement dans le monde par leur nom et leur Oamille.
— Notre sécurité est entière du moment qu'il s'agit d'hommes qui ont toute votre confiance.
Les deux personnages se levèrent comme pour s'in-« diner devant un compUment trop flatteur, et les deui nièces répondirent par un air de tète respectueux qui n'était pas sans grâce.
Tous les visages étalait radieux : les jeunes flltes, parce qu'elles allaient recevoir leur dot ; la tante » parce qu*elle trouvait ses nièces dociles, et les deux messieurs parce qu'ils étaient acceptés*
— Void donc, reprit la tante au comMe de la joie et de l'orgueil satisfait, l'établissement dont je vous parlais depuis quelque temps.
— « Oh! ma tante, il n'est pas nécessaire que nous en entendions la lecture aujourd'hui. Nous pouvons épargner à ces messieurs cette peine. U sera toivoun bien temps de s'occuper de notre établi^semeot am
fnoment de la signature du contrat. A faut que vous connaissiez ayant tout vos futurs neveux, et nous venions vous demander la permission de vous les pré* senter.
Tant de naïveté éclata sur la tète de la pauvre tante comme un coup de foudre, et elle se laissa tomber éomme anéantie sur son fauteuil. Quand elle fut reveïme à elle :
— Ah I mes nièces, s'écria-t-elle, quel coup vous me portez I C'est avec ces messieurs que je veux vous établir, et je vous les ai choisis pour époux I
— t^our époux I Mais ils peuvent être nos pères. On devine la suite de ce dialogue. La tante s'obstina
à vouloir faire épouser à ses nièces deux gentilshommes sans fortune, mais qui leur donneraient un nom dans le monde : elle se chargeait de réparer le défaut de bien. Mais les nièces d&laraientque rien ne pouvait réparer à leurs yeux la disproportion d'âge, et qu'elles ne consentiraient jamais à donner leurs mains à des hommes qu'elles ne pouvaient aimer.
-— Ni moi non plus à donner ime dot, répliquait sèchement la tante.
«*- Eh bien I ma tante» il faudra bien nous résigner à nous en passer.
Et la rupture fut complète entre les nièces et la tante. Elles se marièrent, selon leur goût, à deux jeunes gens, honnêtes, laborieux, et vivant dans le commerce. La tante refusa de recevoir sea nièces et ne vit jamais ses neveux.
Or, M. le euré de Saint*Roch visitait cette dame iiék ou «uatre fois par an, et le recevoir était pour eHe une grasde joiei et une diversion à ses chagriiis dèfllestiques»
— Je pratique ma religion dans toute son étendue, hi disait-elle; Je n'omets aucun devoir, je ne manque aucun office , et cependant je n'ai pas la conscience en repos. Car tous nous dites que le pardon est nécessaire au salut, et je sens bien qu'au fond du cœur, quoique ma bouche dise le contraire, je n'ai pas encore pardonné à mes nièces.
' — En quoi donc vous ont-elles offensée? Je les connais, elles sont bonnes chrétiennes, font bon ménage avecleurs maris. Elles sont dignes de toute votre amitié.
— Ahl mon Dieu, vous manquez toujours de mémoire chez moi. Vous oubliez toujours l'injure qu'elles m'ont faite en se mariant contre ma volonté et sans mon consentement. Si les petites sottes m'avaient écoutée , Tune serait baronne , l'autre serait marquise?
— Eh 1 qu'importent les titres où le contentement du cœur manque? Vous n'êtes ni baronne, ni marquise : en étes-vous moins bonne ? Elles seraient en^ trées dans la noblesse qui n'accepte jamais bien que les siens, et qui aurait cherché sans cesse à les couvfir de confusion en leur rappelant sans cesse le nom de l«ur tante. Vos nièces n'ont point voulu rougir un jour de leur tante; elles ont prétendu toujours vous aàner cl vous respecter. Oh! les grandes coupables,^ eftèflétl
— Mais, monsieur le curé, moi qui les avais fait élcirer dans les pensions, moi qui leur passais toute ma fortune, et se marier sans mon consentement, cont^ ma volonté l
•^Une femme, pour faire sou salut, doit aimer son mari. Le tort est de votre c6té : que ne leur présen-
iiez-Yous des maris aimables ? Elles ont agi en bonnes et en yertueuses cbrétiennes, en donnant leur foi à des époux qu'elles se sentaient capables d'aimer. Et leur cboix a élé bon, puisqu'elles savent les rendre heureux, et que leurs ménages sont deux ménages modèles. A la place de jeunes gens honnêtes, vous leur présentez un beau matin deux hommes dont Tàge ne se comptait plus. Ohl les grandes criminelles de n'avoir pas épousé leurs grands-pères I
— Alors 9 il fallait renoncer au mariage.
— Cela vous est bien facile à dire à l'âge où vous faites cette belle morale.
Toutes les raisons de l'abbé Olivier étaient bonnes, mais la dame ne les goûtait pas. Elle se plaignait un peu que l'abbé Olivier aimait à la taquiner au sujet de ses nièces, mais elle ne l'en estimait pas moins d'à* gir en bon curé qui cherche à réconcilier les familles*
Un jour, l'abbé Olivier est mandé chez un notaire de Paris. La dame était morte, et l'avait institué son légataire universel. Les actes de bienfaisance acquittés, il lui restait une somme ronde de trois cent mille francs à toucher. Pendant la lecture du testament, il entend la voix des nièces déshéritées dans le salon voisin. Il prie le notaire de lui confier le testament pour quelques instants.
— Vous ici, mesdames I leur dit-il. Vous ignores donc le malheur qui vous frappe? Votre tante vous a déshéritées.
— Nous nous en doutions bien, et nous n'avions jamais compté sur sa succession. Nous sommes heureuses avec nos maris, et nous n'avons aucunement à nous repe;Dtir de ce que nous avons fait/ Nous serons un peu moins jiches, voilà tout.
— Et vous D6 connaissez pas Tinfàme ravisseur d'une fortune qui tous appartenait? C'est moi, et moi seul qui suis légataire universel.
— Tant mieux, monsieur le curé* La fortune de notre tante ne pouvait pas être placée dans de meilleures mains que les vôtres : les pauvres s'en ressentiront.
Et l'abbé Olivier s'approche du foyer et livre le testament aux flammes. Puis se tournant vers les deux dames :
— Il n'y a plus de testament; vous êtes les uniques héritières. Comme je n'ai plus besoin ici, trouvez bon que je me retire et que je vaque à mes devoirs.
Voilà l'homme sur la tète duquel on a fait passer des flots d'injures parce qu'il était un homme d'argent.
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