CHAPITRE IL
SalMt-lHerrl*
Après les leçons de sa mère, le jeune Olivier reçat celles du vieux et respectable prêtre auquel il avait prêté un parapluie, l'abbé Maheu. Ce bon prêtre, qui avait confessé la foi sous la Terreur, lui inspira, avec renseignement des vérités fondamentales de la religion, le plus tendre amour pour TEglise, et la dévotion au sacrement de Tautel. L*enfant fut au comble de ses vœux quand on lui permit de figurer dans la troupe des enfants de cbœur de Saint-Merri , et il se faisait remarquer entre tous par sa modestie et son recueillement. Il aimait surtout à répondre les messes, etc*étaità qui, des prêtres de la paroisse, Taurait pour assistant. Ils avouaient que le respect dont il était pénétré pour Tautel, que Tair angélique avec lequ^ il remplissait ses modestes fonctions, augmentaient encore leur ferveur pendant la célébration des saints mystères.
Les jours de grandes fêtes, il n'avait point de plus grand bonbeur que de visiter avec son père les principales églises de Paris , et se montrait toujours avide de jouir du spectacle des pompes du culte catholique. En visitant Saint -Roch, en- face de Tautel de la Vierge , Tenfant dit à son pire : « Je voudrais que Ton
». me fit tout de suite curé de cette grande église. » — Tu le âeras un jour, lui répondit M. Olivier avec une prévision vraiment prophétioue.
La vocation du jeune Olivier n'était plus dès lors Tobjet d'un doute.
Le Souverain Pontife Pie VII était alors à Paris, et, après les cérémonies du sacre de Napoléon , il visitait les paroisses de la capitale où les fidèles, qui Taccueillaient comme un messie, lui faisaient les réceptions les plus brillantes. Qu'était donc devenue cette capitale impie qui saccageait naguère ses églises et massacrait ses prêtres? Elle priait à genoux aux pieds d'un pape.
Lorsque le Saint-Père vint visiter l'église de Saint- Merri, Mme Olivier se ressouvint de ses lectures bibliques avec son petit Samuel. Il y avait là plus qu'Héli -.lespontifeshébreuxn'étaient qu'une figure du sacerdoce plus auguste de la loi nouvelle. En sa qualité de dame de charité de la paroisse, elle avait pu obtenir une place convenable. Elle saisit donc un moment favorable et présenta au Saint-Père Pie VII le jeune Olivier, en lui disant : « le destine cet enfant » au service des autels. » Le bon pape prit l'enfant dans ses bras, le considéra quelque temps en souriant, et lui donna trois bénédictions, en lui disant : « Je te » bénis, mon enfant, comme un autre Samuel... » Bien des années après, au déclin de sa vie, Olivier se rappdait encore parfaitement les traits du vendable pontife, la douceur de ses yeux, la sérénité de son vi-
sag«, le iOB de sa voix. Cette scène se retraçait à soa esprit dans toute sa fratcheur.