‹ Histoire de Montauban (volume 2)Chapitre 2 sur 28 · CHAPITRE If · texte numérisé non relu

CHAPITRE If

GG état déplorable où étaient les fuyards PC de Toulouse, excita la pitié des Mon- Pa gtalbanais, et les jeta, en même temps, Ve dans une grande consternation. Leurs craintes furent augmentées par le départ d’Arpajou , qui les abandonna presque aussitôt, sous prétexte de secourir Agen, mais en réalité pour n'être pas obligé de défendre Montauban, que Montluc se proposait d’assiéger , disait-on , avec douze mille hommes et dix-huit canons. Toutes

50 HISTOTRE |

ces causes réunies remplirent les Montalbanais de tant d’effroi, que la plupart des habitans sortirent de la ville, et même l’un des commandans, enseignes déployées. Calvet, alors premier Consul, consigna dans un procès-verbal que , la peur layant pris comme les autres , il envoya sa femme et ses enfans du côté d’Albefeuille, et se retira lur-même vers Réalville, où il fut pris par la compagnie de l’'Evèque de Montauban, et reçut d'un cavalier un coup d’estoc, qui l'eût tué, sans sa cotte de mailles. Il fut conduit à Piquecos où étaient plusieurs prisonniers de Montauban. L’évèque Desprez, qui le prit d’abord pour un ministre, lui donna, dit-il, sur la joue un coup de sa main armée d’un gantelet; mais il le relàächa, quelques jours après, à la prière de Duras qui était alors vers S.t-Antonin.

Calvet, à son retour à Montauban, trouva que tous les fuyards étaient rentrés, sur la nouvelle que Montluc et Terride n'avaient que trois canons et environ quinze cents hommes, la plupart nouveaux soldats. Montluc, dans ses Mémoires, ne s’en donne que sept à huit cents, mais Calvet affirme qu'il en avait quinze cents, et ajoute que les Montalbanais, informés de cette circonstance , tinrent un conseil général, dont

les principaux membres furent huit capitaines des troupes qui étaient dans la ville, les six Consuls, trois ministres; et que l’on y résolut unanimement de se défendre, puisque Montluc avait si peu de gens. Montluc et Terride arrivèrent le lendemain, 24 mai 1562, et prirent leur quartier, l’un au Moustier, et l’autre à Montmirat où à Villebourbon, car Montluc ne désigne point le faubourg, ayant moins, dit-:1l, lintention d’assiéger Montauban que de se rafraichir en pays ennemi, si peu de troupes et de mu- . nitions ne sufhisant pas pour un siége de cette importance. On combattit vaillamment dans le quartier de Montluc; les assiégés repoussérent souvent les assiégeans, qui, sans la cavalerie, les auraient forcés jusque dans leurs retranchemens. C'est ce qui arriva dans le quartier de Terride, que les assiégés chassèrent hors du faubourg et rencognèrent dans une tuilerie, d’où Montluc le dégagea. Celui-ci reprit le faubourg, et poussa même les assiégés jusqu'à la porte de la ville que l’on ferma sur eux, de peur que les catholiques n'y entrassent pêle-mêle avec les fuyards. Ceux qui restèrent dehors se jetèrent dans les fossés et ne se sauvèrent qu’à la faveur du feu qui les protégeait du haut des remparts.

Montluc craignant que ses gens ne se rebutas-

Page 1