‹ Histoire de Montauban (volume 2)Chapitre 5 sur 28 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

Sscigneurs, qui ne pouvaient se re à voir passer entre les mains de la

Es royauté le pouvoir dont ils avaient st long-temps joui; la politique tortueuse de Catherine de Médicis, qui n'avait d'autre principe que la détestable maxime de Machiavel : diviser pour régner; l'ignorance du peuple, dont le fanatisme religieux était sans cesse exalté par de fougueuses prédications; c’étaient là des cau-

ses incessantes de la guerre civile, qui bientôt éclata de nouveau. Le prince de Condé et lamiral de Coligny donnèrent le signal en cherchant, le 29 septembre 1567 (), à s'emparer de la personne du roi, qu'ils poursuivirent depuis Meaux jusqu à Paris (”).

À cette nouvelle, les provinces se mirent en armes, et surtout Montauban, d’où les catholiques se sauvèrent en toute hâte. Les ecclésiastiques s’enfuirent avec tant de précipitation que ce ne fut qu'au bout de plusieurs mois qu'il fut possible de réunir le chapitre à Villemur, d'où

(*) Perrin avance un fait qui, s’il est vrai, n’est pas sans importance pour l'Histoire générale de France , puisqu'il prouverait que les protestans de Montauban étaient prévenus du coup de main que devaient tenter le prince de Condé et l'amiral pour enlever le roi. « Ceux de Montauban, dit-il, pour seconder leurs mauvaises intentions , se mirent sous les armes dès le 28 dudit mois de, septembre, et le lendemain, feste de St-Michel, ils s’emparèrent , à la faveur des traîtres, de la ville de Villemur, d’où il fallut que les ecclésiastiques désertassent leurs églises , et vêcussent, durant trois semaines, à discrétion , le peu qu'ils avaient fut au pillage, leurs papiers furent brûlés , et tous lés catholiques en pâtirent. »

("*) « Vers ceste époque, dit Perrin , il arriva une chose de remarque et qui mérite d’estre connue : C’est que le Tarn ayant grossi, le 15 septembre , de sept ou huit pieds, les eaux furent si fort terreuses et troubles , que les hommes, femmes et petits enfans prenoient avec leurs mains, sans autre instrument, quantité de poisson de diverses espèces, mesmement des carpes du poids de 50, 40 et 50 livres, et les rangeoïent sur la rive. C’estoit une merveille , remarque Julia, notaire des Barthes, de voir tant de poisson dans

une telle abondance, qu’on n'eût pu, dit-il, en voir davantage, quand le Tarn eût tari. (Perr. p. 176.)

DE MONTAUBAN. 55 lévèque le transféra, au mois de juin 1568, danS l’église des Carmes de Castelsarrasin, et puis dans celle de S.'‘-Sauveur.

Un effroyable désordre régna pendant quelque temps dans la ville; le consulat mi-parti fut aboli, l’église S.-Jacques fut abattue, ruinée; les tapisseries , les croix, les calices et les autres ornemens du Chapitre furent pillés ; sous les ordres de Montbartier, qui était parvenu à se faire nommer gouverneur, malgré les Consuls catholiques, la populace parcourut les villages circonvoisins ("), qui étaient en ce moment sans

(*) Nous trouvons dans Perrin quelques détails sur les escarmouches des Montalbanais. « Ne pouvant, dit-il , obliger les habitans de Moissac à sortir de leur ville, pour la surprendre et la piller , ils mirent, de nuit, le feu à cé qui restait de leur pont, qu’une inondation avait emporté l’année précédente ; ils pensoient ainsi pouvoir les attirer ; mais ils ne réussirent pas dans leur dessein. Ceux de Moissac se hâtèrent de fortifier leur ville, et, dans la crainte qu'on ne se saisît de leurs églises, qui estoient hors de l'enceinte, ils les démolirent, et bâtirent, avec les matériaux, des boulevarts tout autour des murailles, pour se défendre contre les ennemis, des approches desquels ils estoient de moment en moment menacés ; mais leur seule campagne en pâtit. »

« Ils se rendirent maîtres , par les traîtres, de Molières et de Lafrançaise, et dès qu'ils en furent possesseurs ils les pillèrent et massacrèrent les habitans, Ils firent prisonnier le capitaine Lampèze, qui commandait dans Moliéres , et beaucoup de ses soldats. On les mit en chemise, et on les conduisit dans cet estat à Montauban, le capitaine en tête , ayant une corde au cou et une couronne de lauriers ; après qu'on les eùt promenés dans les rues, le capitaine Lampèze reçut l'estrapade, puis fut tiré à quatre quartiers ; les soldats furent passés au fil de l'épée. Ceux de Lafrançaise, avec le capitaine Rogier , leur commandant, n’en pouvoient pas moins espérer, sans le bruit qui courut dans cette ville, d’un secours conduit par Vidonnet. IL est vrai qu'un grand

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