AVERTISSEMENT . XXXXI
chauffe et nous bronze, dans l’espace de quatre siècles et demi, trois drames à éontexture assez vigoureuse, pour laisser eroire que leurs acteurs étaient des hommes comme ceux que se plaisent à chanter les poètes, et donner au théâtre, qui les vit se dérouler, une haute importance historique. Aussi, pensons-nous que le pa— triotisme n’aurait pas besoin de s’exalter, pour se com-— plaire dans la recherche et la narration des faits qui constituent notre histoire locale; ni l’imagination, de broyer ses couleurs les plus vives, pour rendre palpitans d'intérêt les tableaux où revivraient les figures de nos ancêtres. Qu’on nous permette donc d'exprimer, encore une fois, combien nous regreltons de n'avoir pas pu esquisser ces chaudes et larges scènes, ces épisodes assez riches d'eux-mêmes pour n'avoir rien à emprunter aux habiletés d’une plume. Ce qui augmente nos regrets, c'est que l'occasion nous est ainsi enlevée de rétablir dans leur véritable jour quelques faits, dont le caractère a été aussi étrangement méconnu que leur physionomie à été profondément altérée dans la plupart de nos livres d'histoire. Ce n’est pas tant à la science qu'à la bonne foi qu'il appartient, aujourd’hui, de faire justice des aveuglemens volontaires si communs dans le dernier siècle, et par trop encore, de nos jours. — Mais, tous nos regrets, — que vous ne partagez certainement pas, cher Lecteur, — n’aboutissent qu'à
allonger outre mesure cette sorte d'avertissement, qui