‹ Histoire de MontaubanChapitre 42 sur 60 · S2 HISTOIRE · texte numérisé non relu

S2 HISTOIRE

firmer la transaction passée entre Raymond, autrefois comte de Toulouse, de bonne mémoire, notre prédécesseur, et Albert II, dit Aurélie, alors abbé, et le couvent du susdit monastère, touchant la seigneurie, la juridiction et les droits des villes de Montauban et d’Islemade, du même diocèse de Cahors , et plusieurs autres choses mentionnées en cette transaction , et même touchant les limites et dépendances de ces deux villes; laquelle transaction est scellée du sceau du comte Raymond et de ceux de Durand, évêque d’Alby, de Géraud, abbé de la Chaise-Dieu, dans le diocèse de Clermont, et du même abbé Albert, ainsi que la chose se voit, et dont voici la teneur : Sachent tous que comme ainsi soit que, etc. { Suivent les dispositions contenues dans l'acte précédent).

C’est pourquoi nous Comte, inclinant à ses très humbles prières, pour le salut de notre âme et de celle de notre chère épouse, Jeanne, comtesse de Toulouse et de Poitiers, et de celles de nos ancêtres, tant en notre nom qu'au nom de notre chère épouse, de nos héritiers et successeurs, autant que la chose nous regarde, nous approuvons et confirmons cette transaction, et, afin qu’à l’avenir elle soit inviolablement et perpétuellement gardée, nous mandons et commandons à notre sénéchal du Quercy, présent et à venir, tant pour nous que pour notre chère épouse, nos héritiers et successeurs, qu'il ait à garder et observer cette transaction et à la faire garder et observer dorénavant inviolablement par nos baillifs, ministres et leurs lieutenans dans les villes de Montauban et d’Islemade; et, en outre, pour comble de grâce, nous voulons et ordonnons, tant pour nous que pour notre chère épouse, que nos mêmes baiïllifs et leurs lieutenans présens et à venir, dans les mêmes lieux, lorsqu'ils entreront en fonctions, jurent et promettent à l'abbé et au couvent dudit lieu, qu’ils lui rendront fidèle compte des droits et profits casuels qui pourront écheoir et proviendront

des hautes et basses justices de Montauban et d’Islemade, savoir, sur le pied de cinq sols et au-dessous, la portion qui en appartiendra ou qui devra appartenir à l’abbé, à l'Abbaye et à leurs successeurs, à cause de cette transaction ; ce que les viguiers de l’abbé présens et à venir jureront pareïllement entre les mains de notre sénéchal , le droit sauf en toutes choses.

En foi de quoi, nous avons fait mettre notre scel à ces présentes, sauf notre droit aux autres choses qui ne sont pas énoncées en cette transaction, et sauf aussi le droit d’autrui en toute chose.

Nous, Jeanne, comtesse de Toulouse et de Poitiers, de notre libre volonté, voulons, louons et approuvons tout ce qui est exprimé ci-dessus, et, tant pour nous que pour nos héritiers et successeurs, le confirmons, et pour plus grande sûreté et assurance , avons fait apposer à ces présentes notre scel avec celui de notre très Cher seigneur et époux, le Comte susdit. Donné à Aigues-Mortes, l’an MCCLXXX (*}), au mois de juin.

Le roi Philippe-le-Hardi confirma (”) tout cela après la mort d’Alphonse et de Jeanne. Le

(*) Il y a erreur dans cette date, puisque Alphonse et Jeanne moururent au mois d’août 1271. — Le Bret a confondu ; c'est en 1270 que le comte de Toulouse et sa femme se trouvaient à Aigues-Mortes, accompagnant saint Louis

dans sa dernière croisade.

(*) Philippus (ID), Dei gratià rex Francorum, senescallo Agennensi et Caturcensi salutem. Mandamus vobis quatenüs Consules et homines villæ Montis-Albani , in suis bonis usibus et libertatibus, quibus usi sunt ab antiquo et tempore avunculi nostri Alphonsi, quondam Tolosani comitis, pro ut justum fuerit teneatis, et si quidquid contrà libertatem ipsorum innovatum fuerit, in statum debitum revocatis. Datum Parisiis, die sabbati, in festo beati Dionisit, anno MCCLXXIV. (Livre des Sermens, fol.

recto 25.)

prince de Galles, en 1568, lorsque les Anglais tenaient Montauban, pour se concilier l’inclination du Chapitre et des habitans, confirma aussi la transaction de 1231, et même l’inféodation de la ville, mais fort inutilement, car les Montalbanais furent les premiers de tous les peuples de Guyenne à secouer le joug des Anglais.

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