CHAPITRE XI
rrës avoir traité de l'administration > civile de Montauban, je veux, sans d de À tenir compte de la succcession chro. (Et æ nologique, compléter cette partie de mon got en disant quelque chose des hô-
pitaux qui ont été établis dans cette ville.
Il y en avait douze dans Montauban ou ses faubourgs ;, le plus ancien s'appelait de Saint Étienne du Tescou, et était auprès de l’église
collégiale. On ne sait ni le nom de son fondateur, ni le temps de sa fondation ; mais on trouve que, dès l'an 1248 , Raymond V, évèque de Toulouse, dans le diocèse duquel il était, en donna l’administration à Guillaume Tortone, qui fit le serment entre ses mains et en reçut la croix et lhabit d’hospitalier (*). Il y a dans le Livre des Sermens , fol. 20, une donation faite à cet hôpital par Arnaud Laurabit et sa mère, d’une partie de leur bien, en 1260. Mais ce bien et celui de tous les autres hôpitaux ont été usurpés pendant les guerres de religion. De sorte que tous ces établissemens (dans chacun desquels 1l fallait nourrir et entretenir un ou deux administrateurs , Ce qui causait une grande dépense),
(*) Notum sit quèd Dominus Raymundus, Dei gratià Tolosanus episcopus, pro se et suis successoribus , dedit et contulit Guillelmo Tortono hospitale de Tescone , situm juxtà Montem-Albanum , in diæcesi Tolosanâ, cum omnibus juribus et pertinentiis, ad tenendum , regendum et qubernandum , quamdiù ipse Guillelmus vixerit, dum idem ibidem benè se habuerit et honestè. Et ibidem dictus D. episcopus tradidit dicto Guillelmo crucem et habitum hospitalis; et prœdictus Guillelmus, flexis genibus suis, promisit et mandavit prœdicto D. episcopo, pro se et suis successoribus obedientiam debitam et canonicam prœæstare, im se qubernaturum et recturum dictum hospitale benè et fideliter ad honorem Dei et utilitatem dicti hospitalis. Actum fuit, primä die Augusti, regnante Ludovico (IX) rege Francorum, Raymundo (VIH) Tolosano comite, Anno M. CC. XXXVIIL »
Cette pièce a été conservée par Perrin, chap. 15, pag. 54. —
Une sentence du juge ordinaire du Quercy, rendue au mois de juin 1280 , et confirmée successivement par plusieurs édits royaux, institua les Consuls de Montauban gardiens et administrateurs de tous les hôpitaux de la ville.
DE MONTAUBAN. 133 ayant été réunis en 1548, le revenu n’en va pas présentement à plus de 600 livres. |
Il y avait un autre hôpital dans le faubourg de Campagne ou des Cordeliers, près du ruisseau Lagarrigue, fondé par Guillaume Amiel, en 1266. C'était un homme également pieux et riche, puisque, outre cet hôpital, il fonda et fit bâtir l'église des Cordeliers. La fondation de cet hôpital est de l’an 1268, et se trouve au Livre des Sermens, feuillets 32 et 44 (”).
{) « La zarta de la donacio de W. Amielk :
» Conoguda cauza sia..…. que zio W. Amüelk, ad honor de Dio e de la sua benezetta mayre, a salut de ma arma e en redemptio de mos pecatz , e nom de la Santa Trinitat, del Payre, del Filh e del Sant Esprit, de mo cert saber… doni e autreji per pura e per simpla e per no revocabla donacio… a Dio e a nostradona Santa-Maria e a totz Santz e a totas Sanhtas, una mabhio e l’airal en que es, els hors, els cazals, els apartanemens, els edificamens, pertenens a la dicha maiho, la quals es fora la bila de Montalba, el barri de Campanhas.… en laqual malhio, io sopre dig W. Amielh volhi e establissi que en nom de nostre Senhor Dio J. C.....… à sio fachas das obras de caritat e de misericordia, e recuilhit, e albergat, e levat e servit li paubre de J. C., que a qui seran ni vendran, e que, segon lo poder de la mahio. aqui lor sio fachas las obras de misericordia , ad honor de Dio, e a servezi dels dichs paubres , a bona fe... voli e establissi que li governadors e las governayritz e li servidors e las serviciritz, que, per mi o per autre, aprèz lo desanament (la sortie, le décès ) de mi, seran recebutz e establitz en la dicha mabhio , vivo onestament, ad honor de Dio, e a be e a profeg de lors armas (âmes), e fasso misericordoazament lo servezi dels paubres….. e que no porto drap vermelh ni vaire, ni porto lunh {aucun) senhal en lor rauba, ni sio apelatz per nom de lunh orde, mas servidors dels paubres bezonhos de J. C., en la mahio que a facha far W. Amielh , e que no manjario carn mas II dias la cetmana, so es a saber le
Le troisième s'appelait de S.'-Barthélemy , et était auprès de la chapelle de ce nom, dont on voit encore quelques ruines à Montmirat, visà-vis du couvent de S.'-Claire. L'un et l’autre, c’est-à-dire l’hôpital et la chapelle, furent fondés par Étienne Laporte, au mois de mars 1278,
ainsi que le porte le même Livre des Sermens, au feuillet 110 (”).
Le quatrième fut fondé en 1290 par Arnaud de Parias, dans sa maison, sur laquelle le collége a été bâti. (I/ est ici question de l’ancien collége). Pierre Roques, prêtre, disposa de tous ses biens en faveur de cet hôpital, et y établit un chapelain en 1554, voulant quil y fût logé et nourri, et qu'on PA donnât vingt livres par an pour dire un certain nombre de messes dans l'église de S.'-Jacques (”). Il y en avait un autre
diomerque, el dimars, el dijos..…… e voli e establissi que li governadors de la dicha mahio fasso, per totz temps, I albere (repas) cadan , lo dia de mon obit, als fraires Menors, de menjar e de beure, a bona fe... etc., ete.» (Liv. des Sermens , fol. 32).
(*) Ce n’est pas Etienne Laporte, mais Jusqunia de la Porta, qui fonda l'hôpital de Saint-Barthélemy. Cette dame le gouverna pendant sa vie; après sa mort, en 1284, les Consuls en prirent possession, et y établirent, pour surintendante, Vidale de Biole, et, pour gouverneur, Raymond Tozet, « selon la donacio a lor facha per la dona Jusqunia de la Porta sobre lo sieu espital que avia fag a Montmirat. » (Liv. des Serm. , fol. 41). — Les fortes murailles que l’on voit encore au bas du quai, vis-à-vis de la Faculté de Théologie protestante , appartenaient probablement à cet hôpital.
(**) L'acte de fondation de cet hôpital est dans le Liv. des Serm., fol. v.037,
dans la Grand'Rue, fondé en 1292 par Carrière (*). Il Y mit pour administrateur perpétuel Guillaume Lacombe, qui y fut logé et nourri sous l'obligation de rendre compte et à la condition de n’en rien aliéner; en mourant, Lacombe légua à cet établissement une vigne. Mais, en 1299, les habitans, ayant eu permission de l’évêque de Cahors et de l'abbé de Montauban, de bâtir une chapelle dans la ville en l’honneur de saint Louis, élevèrent celle que l’on y voit encore sous cenom, qui fut donnée au Chapitre collégial par les commissaires du Roi, en 1565, et qui sert présentement d'église aux religieuses de S.“-Ursule (”).
Celui de S.'-Blaise était dans la ville, joignant la porte des Carmes, en entrant à main droite, et confrontait d’un côté avec la rue appelée du Tescou , aujourd'hui des Carmes, et de l’autre avec un carrefour, carayrou, en langage du pays, qui venait de la rue de la Serre dans celle du Tescou. Il tomba en ruine faute de réparations du côté de la rue; de sorte que, le 11 mars 1455, l'entrée en fut changée et mise de l'autre côté par les Consuls, qui en obtinrent
(*) IL est probable que notre historien s’est trompé en désignant Carrière, comme fondateur de cet hôpital. Il aura confondu ce nom avec celui de la rue où était l'hôpital, Carriera Majour (Grand’'Rue).
(*) La rue Bessières a été ouverte sur l'emplacement de cette chapelle.
la permission de François Valette, official de Guillaume d’Étampes , alors évêque (‘).
Il y en avait un autre dans le faubourg de Fossat ou de Villenouvelle, lequel fut donné, du consentement du Chapitre cathédral, aux moines de S'.-Antoine du T, à qui, en 1406, ce Chapitre permit de bâtir une église et un couvent avec un cimetière. Les actes en sont dans les archives de ce Chapitre, au registre coté N, fol. 460, et dans un autre qui est eoté Q, fol. 195. Après la démolition que firent les calvinistes, de l'église et du couvent de ces moines, des particuliers y ont bäti des maisons.
Il reste encore quelques terres de l'hôpital de S'.-Ladre ou Lazare, hôpital des Lépreux, dont une famille de ladres jouit présentement dans une petite maison que l’on a rebâtie (”) sur la place où était cet hôpital ; l’église, le logement des la-
(”) «Il est certain qu’il y a cu autrefois un hôpital sous le nom de Saint- Blaise , comme on le voit par la recognoissance d’une maison dans la rue de la Barbarie, faite par Arnaud Delaroche, barbier, à Jean Séguier, licentié ez droits, et administrateur d’icelui, le 14 décembre 1426. Cet hôpital se trouvait placé tout près de la porte des Carmes. » (Perrin, chap. 13, pag. 55).
("”) « Cette petite maison fut rebastie après l'entrée de M.gr le cardinal de Richelieu dans Montauban. » (Perrin, pag. 52).
dres et du chapelain qui servait cette église, ayant été démolis (”). |
({”} Nous avons trouvé dans le Livre des Sermens, fol. 172, un réglement concernant les ladres, que nous avons cru devoir rapporter, en raison dé quelques détails de mœurs qui ne sont pas sans intérêt.
« En suivent les statuts et ordonnances faites par messeigneurs les Consuls de Montalban, sur le fait du gouvernement de la maladrerie des ladres de ladite cité, et pour le bien de la chose publique, l’an 1362.
19 Statue et ordonne qu'il sera paix et concordre entre lesdits malades, qui sont à présent ou seront au temps à venir en ladite maison, et que l’ung devra ayder et secourir l’aultre, comme bons frères doibvent secourir l’'ung l’aultre , tant en santé que en maladie.
Item, que lesdits malades ne recevront ni donneront lieu à aulcuns malades estrangiers pour venir demeurer en ladite maison, sans le vouloir sien et congiez des procureurs qui ont le régime d'’icelle, sur peine de estre privés de leur lougis en ladite maison. |
Item, que en ladite maison ne seront lougiés les malades, sinon qu'ils y soient esleus pour y faire résidence continuelle , excepté que quand Dieu percuterait aulcun habitant de ladite ville, de la ladrerie, ledit malade pourra estre lougié dedans ladite maison par les Consuls, en payant l'entrée comme les aultres , se ils ont de quoy.
Item , que chacuns malades, qui seront lougiés en ladite maison, quand viendra la fin de leurs jours, seront tenus de laisser à ladite Ladrerie, la tierce partie des biens qu’ils auront acquis depuis leur séparation des sains; et se cas estait qu’il y en eust aulcuns qui n’eussent point enfans de loyal matrimonie, seront tenus de laisser la moitié de leurs biens, et que aultrement ne puissent disposer de leurs biens en leur testament.
Item , font inhibition et défense lesdits Consuls à tous malades lougiés en ladite maison que ne ayent à renier ni blasphêmer Dieu ni les Saints, précieux corps, ventre, ni playes, ni la Vierge, ni Saints, ni Saintes de paradis ; et cesur peine de une torche de la pesanteur d’une livre , payée à la luminaire de monseigneur saint Lazare, et d’estre privé de prendre sa part de l’escuelle que l’on amasse à ladite maison, par un mois, et le majoral sera tenu le révéler au procureur de ladite maison, pour lever ladite livre de cire ; etse estait le cas que ledit majoral ne le révélàt audit procureur, il encourra estre mis au colier.
Item, font inhibition à tous les malades privés ou estrangiers, qu'ils
ne se groignent à injurier les ungs les aultres de fait ni parole, sur peine de
Celui de S.'-Eutrope était hors la ville, et tenait aux Carmes, à qui il fut donné, le 17 février 1488, pour augmenter leur couvent.
L'hôpital de Notre-Dame de Montauriol se voit encore près la porte du Moustier à gauche en entrant. Le nom de son fondateur est ignoré. On y loge présentement les femmes que l’on a sé-
une torche de demi-livre de cire , à la luminaire de monseigneur saint Lazare, et de estre mis au colier. |
Item, que aulcuns malades estrangiers ne pourront lougier en ladite maison plus long de un ou deux jours, sans congiez du procureur ou majoral de ladite maison, sinon que lesdits malades fussent tels que ne s’en puissent aller par contrainte de maladie ou aultre empeschement légitime.
Item , ne sera permis à aulcun malade estrangier de faire queste au temps des bleds ni des vins, en toute la jurisdiction de Montalban.
Item, que lesdits malades ne ayent à recueillir de nuict ni de jour, en ladite maison , aulcun malade privé ou estrangier, qui vienne de loin infect de peste ou de épidémie; et ce sur peine de estre privé de rester dedans la ville par ung mois.
Item, que degun malade de ladite maison ne ayent à faire pailhardises, ribaudises, ni vilainies l’ung l’aultre en ladite maison, ni se adjouster en femmes publiques, femmes réputées... ; et ce sur peine de estre privés par tous temps de ladite maison, et de perdre toui ce que auront vaillant en ladite maison.
Jiem , que les malades de ladite maison, qui feront la queste, le dimanche et aultres festes accoustumées , à la porte des églises de Montalban, rendront bon et loyal compte aux aultres malades de ce qu'ils auront amassé dedans l’escuelle ; et ce sur peine de estre privés de ladite maison, et de ce qu’ils y auront apporté.
Item, que aulcuns malades ne ayent à donner ni à mangier ni à boire, dedans ladite maison , à quelconque personne qui ne fût touchée da ladite maladie de ladrerie, et qui ne fût séparée des sains par les seigneurs qui ont la charge de la justice. Et aussi ne permettront entrer en ladite maison aulcune personne, qu'ils ne soient deux de compagnie, si ce sont hommes, et quatre, si ce sont
parées de l'hôpital des hommes. Sa chapelle est petite, mais bien voütée, et paraît fort ancienne. On dit qu'elle servait de corps-de-garde pendant les guerres.
Jean d’Oriolle, évèque de Montauban, fit commencer celui de S.'-Roch, pour les pestiférés. En mourant il chargea, par son testament du 3 février 1518, ses héritiers de la somme de trois mille livres pour achever de le bâtir (°). Il était
femmes , lesquels par charité voulussent visiter ladite maison, excepté ouvriers fustiers ou aultres, qui eussent besoin y entrer pour faire réparations ; pour les dangiers que les MM. Consuls ont trouvé qu'il en pourrait advenir à la chose publique ; et ce sur peine de estre privés du leugis de ladite maison, et de faire amende à ladite maison de 2 livres tournois, ou aultrement à l'arbitre des MM. Consuls.
Item , que degun ou degune malade ne ayt à entrer dans ladite ville pour aulcune chose, sinon tant seulement ung desdits malades pour faire la queste chaque jour de mardi, jeudi et vendredi; et si en aulcun desdits jours y a marché, feront ladite queste le jour précédent , laquelle queste ils feront sonnant leurs cliaquettes, et l’auront faite à dix heures du matin, et le caresme à unze heures ; et ne leur sera permis demeurer ni entrer dedans ladite cité, faite la queste, sur peine de estre privés de faire ladite queste par ung mois.
Item, que en ladite maison sera une capse avec trois clefs, en laquelle capse mettront l'argent, quand les malades payeront la intrada; desquelles clefs le majoral en tiendra une, le pauvre eslegit par lesdits malades l’aultre, et le procureur de la maison l’aultre.
Item, les présentes ordonnances seront mises en escrit en parchemin , et seront pendues au tinel de ladite maison de ladite Ladrerie, afin que nul malade ne puisse prétendre ignorance d’icelles ; lesquelles seront lues à chasque malade qui sera reçu pour lougier en ladite maison; et seront tenus lesdits malades de jurer sur les quatre saints évangiles de Nostre-Seigneur d'observer les choses contenues en icelles ordonnances. »
(*) « Quia incepi construere hospitale sumptuosum pro pauperibus mor bo
hors la ville, vers le milieu du jardin des Capucins , qui ont bâti leurs murailles sur une partie de ses masures.
Celui qu'on appelait de Lautié, à cause d’une tour qui porte ce nom et de la maison sur le fond de laquelle ïl fut construit, était dans la grand'rue qui va de Montmirat aux Cordeliers. Il aurait dù porter le nom de sa fondatrice, qui s'appelait Navarre de Montaut, femme de Raymond de Follandi, à laquelle cette tour et cette maison appartenaient ; elle était dame de Bressols et de plusieurs autres terres, dont elle laissa la plus grande partie à cet hôpital et aux églises de Montauban, par testament du 3 septembre 1575 (°). |
epidemiæ et aliis contagiosis laborantibus , et pro complemento ejusdem præsumpsi dare tria millia librarum.……. Ideù volo et ordino quèd dictum hospitale sic inceptum per ficiatur usque ad valorem dictæ summeæ. »
{Testamen del Reveren Payre en Dieus, Johan d’Oriola, avesque de Mountalba. Liv. Baïlhonat, fol. 43).
{"} Voici dans quels termes la dame Navarre de Mont-Haut fit cette donation :
« Au nom du Christ, amen. Comme il n’est rien d'aussi certain que la mort, et d'aussi incertain que l'heure de la mort, etqu’en conséquence le sage ne doit point différer de disposer de ses biens et de ses choses, dans la crainte, qu'après son décès ; il ne s'élève quelque contestation entre ses successeurs , sachent donc tous......... que noble Navarre de Mont-Haut, veuve {relicta) de Pierre-Raymond de Folcaud , quand vivait bourgeois de Montauban , dame de Bressols..…...…. a institué pour ses héritiers universels les pauvres de J. C., qui habitent Montauban... et, à ces fins , elle a voulu et ordonné que sa maison,
En lannée 1548, tous ces hôpitaux se trouvant fort étroits et n'ayant qu'un assez médiocre revenu, en sorte qu'on n'y pouvait recevoir qu un très petit nombre de pauvres, les grands-vicares de l’évêque tinrent une assemblée avec les Consuls et administrateurs de toutes ces maisons, €t délibérèrent d'en réunir tous les revenus, pour les emplover au seul usage des hôpitaux de Lautié et de Parias; celui de Notre-Dame fut destiné aux enfans orphelins. Mais, après que l'on eut changé celui de Parias en collége, on laissa les hommes dans celui de Lautié, et les femmes, qui étaient auparavant avec les hommes dans l’un et dans l'autre, furent mises dans celui de Notre- Dame : ce qui subsista, ainsi que le réglement de l'Évèque, homologué par arrêt du parlement de Toulouse, du 24 juillet 1549, jusques en 1561.
appelée de la Tour de Lautié , devint la maison de Dieu, c'est-à-dire un hospice , pour recevoir et réunir les susdits pauvres de J. C., tant hommes que femmes , malades et bien portans ; et également elle a voulu que, de ses biens et de ceux de cet hospice, il fut donne à manger et à boire auxdits pauvres, aux infirmes, aux femmes en couche et aux orphelins qui n’ont ni père ni mère.
» De plus la testatrice a voulu et a ordonné que, dans ledit hospice, soient spécialement établies et instituées deux dames pour le gouverner et régir ainsi que les pauvres de J. C., qui y serontréunis ; et si ces deux dames ne pouvaient suffire au gouvernement dudit hôpital, elles pourront nommer d’autres femmes de moindre condition (simplices), qui leur seront soumises. Et elle a voulu, en outre, que l'une de ces dames fût surintendante dudit hôpital, de toutes les autres femmes et des serviteurs qui y seront altachés ; et qu'elle ait les recettes , les fruits et les émolumens desdits biens de la testatrice et de l'hôpital , etc., etc. » — (Liv. Armé, fol. 119).
Cette même année, les calvimistes y abolirent le service divin, en chasserent les chapelains et le laissèrent en cet état jusques en l’année 1615. À cette époque, se trouvant trop pressés dans une boucherie qui tenait à cet hôpital, et que les commissaires exécuteurs de l’édit de 1563 leur avaient donnée pour temple, ils firent tout abattre et construisirent, sur le fond, le temple neuf qui fut démoli en 1665 par l’intendant de justice, Pellot, commis pour cette exécution. Les calvinistes avaient allégué plusieurs méchantes raisons pour empêcher cette démolition ; mais, comme ils avaient abattu lhôpital et sa chapelle, dixsept ans après l’édit de Nantes, en pleine paix, sans nécessité, sans le consentement de l’évêque, et sans même aucune permission du roi, Sa Majesté jugea que c'était une trop criante contravention à cet édit, et ordonna la démolition.