‹ Histoire de MontaubanChapitre 48 sur 60 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

jo eye VI, et le comte Simon de SSP et toutefois la situation si avantageuse de cette ville, le voisinage de Toulouse et le grand commerce qu'y font toutes les villes du haut Languedoc et de la haute Guyenne, dont elle est comme le centre, la rendirent, dès ce temps-là, si importante, que Simon ne voulut

pas entreprendre le siége de Toulouse, qu'il ne se fût assuré de Montauban. Il y envoya une partie de son armée qui s’en empara, y laissa garnison , et en emmena des Ôôtages. Ce qui n'empêcha pas que les Montalbanais n’entretinssent une correspondance fort active avec Raymond.

L’évèque de Lectoure et le sénéchal d’Agenais allant, avec une troupe de Croisés, jomdre l’armée de Simon, passèrent par Montauban, où ils croyaient se rafraîchir comme dans une ville amie; mais ils y furent attaqués par les gens de Raymond , à qui les Montalbanais, sans réfléchir au risque qu’ils faisaient courir à leurs ôtages, avaient donné avis de l’arrivée de ces Croisés ; ceux-ci toutefois se défendirent si bien que leurs ennemis furent obligés de se retirer avec perte (").

CPE. A0 Venian de vers Cahours ung grand secours al comte de Monfort. E quant lo comte de Fouix, loqual era dins Montalba, a ausit dire que lodit secours venia, es salhit defforas, e es anat a l’endevan en ung tast de gens que aguda e faicta armar avia ; e es lor anat corre dessus , € talamen les an comensats de frapar, que forsa es estat que s’en sian retirats an qualque loc fort, e al comte de Montfort an mandat lor afjar a Moyssac (Montfort assiégeait alors cette ville). Æ a donc que a ausit lo dif affar dels que ly venian .donar secours, pressamen a faict armar ung tast de gens, e al comte Baudoy (Beaudouin, frère de Raymond) les a baylats per conduire e anar donar secours als autres. E quant lo dit comte de Fouix a saubut e bist que tant grand secours venia de vers lo dit Moyssac, el ses retirat de vers Montalba. » (Histoire de la guer. des Albig. en Languedocien , ad ann. 1212. pag. 48.) — Il résulte de ce passage que Le Bret n’a pas même suppléé par l'exactitude à la briéveté de son récit. Du reste

Les habitans de Montauban, qui avaient été de cette conspiration, les suivirent pour éviter le ressentiment de Simon, qui s’empara de Toulouse, mais qui ne le garda pas long-temps ; car les Toulousains ayant eu querelle avec la garnison , on en vint aux prises ; les gens de Simon furent battus et refoulés dans le château Narbon:nais, qui fut bientôt pris. Dans une seconde entreprise contre Toulouse, Simon ayant été tué, les Montalbanais, délivrés de leurs craintes, se délivrèrent aussi de leur garnison ; depuis lors ils résistèrent si vigoureusement à Amaury, fils de Simon, et au seigneur de Beaujeu, qu'ils ne se rendirent que quand Raymond-le-Jeune se rendit lui-même au lieutenant de Louis VIIL(*). Beaujeu

le lecteur s'aperceyra facilement que cette partie de l'Histoire de Montauban l'emporte sur les autres par l’insignifiance et la pâleur.

(*) La plupart des auteurs de nos histoires de France accusent amèrement Louis VIII d’avoir pris part à la croisade contre les Albigeois. Ce n’est pas ici le lieu d'examiner la valeur de cette accusation. Nous remarquerons seulement — et ces mêmes auteurs ne le disent pas , — que Louis VIII avait derrière lui l'exemple de son père. Philippe-Auguste, voyant que Raymond se rendait le fauteur de l’hérésie, fut le premier à demander l'intervention d’Innocent III contre le comte de Toulouse. L’auteur de {a Philippide, Guillaumele-Breton, rend le roi de France, aussi bien que le Pape , responsable de l'interdit qui donnait au premier occupant les terres de Raymond :

Rex et Papa simul exponunt omnibus illum , Et res et patriam totam quæ spectat ad illum. (Liv. 8.)

« Philippe-Auguste envoya 15,000 hommes de guerre pour servir en l'ar mée des catholiques, et, afin d’avoir un lieu pour les rafraîchir et les mettre en

se souvenant de quelle importance était Montauban, la désigna, dans le traité, comme la première des villes fortes qui devaient être démantelées.

Il n’est pas hors de propos de rapporter 1ci les principaux dogmes des Albigeois , et même les motifs qui portèrent Raymond VI à s’en faire le protecteur et le chef.

Les Albigeois étaient un reste de Manichéens, qui s'étaient mêlés avec les Ariens Visigoths qui régnèrent en Guyenne, en Languedoc et en Provence , environ quatre-vingt-dix ans. [ls disaient qu'il y avait deux dieux ou principes, l’un du bien et l’autre du mal; que celui-ci était l’auteur de l'Ancien Testament ; qu'il était un menteur, ayant trompé Adam , et un meurtrier ayant brülé les Gomorrhéens et les Sodomites ; que les patriarches et les prophètes étaient damnés ; que saint Jean-Baptiste était un démon ; que le véritable Christ naquit dans une Bethléem invisible ; quil ne mangea ni ne but jamais, et ne fut au

garnison , il acheta sur la frontière du Quercy, du côté du Languedoc, d’un seigneur de Parazols , l'emplacement de ce lieu, ainsi que j’ay appris de Pacte que j'ay vu, en original, dans la maison des descendans dudit seigneur; d’où le lieu a été depuis appelé La Françoise, à cause de la première demeure des

François en icelui. » (Dominici, Histoire manusc. du Quercy, tom. 2. Liv. 5. Chap. 8. pag. 256 ).

DE MONTAUBAN. 177 monde que spirituellement ; que celui de la Bethléem terrestre était un méchant; quil n’y avait point de résurrection des corps ; quil suflisait de croire pour être sauvé, quelque péché que l’on commiît, ce quils tenaient principalement d’Eudoxius, évêque arien ; qu'il ne fallait point obéir à un magistrat qui était en péché mortel, parce qu'il n'était pas en état de rendre justice; et qu'enfin l’on était absous de toutes sortes de crimes, sans même être obligé de sen repenur, par l'imposition des mains d’un de leurs Parfaits, qui étaient une espèce de ministres , parmi eux, tous les autres s appelant Croÿans (15).

Pierre de Bruys, provençal, qui fut chassé de son pays et se fit enfin brüler à S.'-Gilles, dans le bas Languedoc, ajouta à ces doctrines que développa encore Henri, son disciple, moine natif de Toulouse (‘). Il enseignait que l’on ne

() « Henry, doué d'une énergie de caractère capable de surmonter les plus grands obstacles , prêchait les dogmes enfantés par l'imagination délirante de Pierre de Bruys, son maître. Il portait une longue barbe et marchait nu-pieds, la ceinture auxreins; vêtu de haillons, affectant une piété et une modestie qui n'étaient qu'apparentes , il en imposait à la multitude qu'il subjuguait, par la fougue de son éloquence populaire. « Mes frères , disait-il au peuple des villes et des campagnes , qui s’attroupait autour de lui, jusqu’à ce jour, vous avez vécu dans les ténèbres de l'erreur. Vous ayez voulu renfermer l’immensité de Dieu dans les étroites murailles de vos temples ; vous avez cru que le baptême était nécessaire au salut des enfans ; vous avez adopté les pratiques ridicules - de l’ancienne loi. Maintenant il faut dépouiller le vieil homme. N’adorez plus

devait point baptiser les enfans, ni respecter les croix, ni invoquer les Saints, ni prier Dieu pour les morts, et qu'enfin il n’y avait aucun sacrifice dans l’église.

Enfin Valde, marchand de Lyon, se mit sur les rangs, environ trente ans après Bruys, et enseigna, entre autres erreurs, que les laïques, aussi bien que les prêtres, avaient le pouvoir de consacrer l’eucharistie et de donner l’absolution des péchés ; que les indulgences ne valaient rien ;

la croix , détestez le gibet infâme destiné à punir les scélérats ; n’assistez plus à la messe; ne croyez plus au purgatoire; gardez-vous de prier pour les morts....... Ouvrez vos yeux à la lumière, car celui qui restera sourd à la prière du pasteur , sera précipité dans les supplices de l'enfer ! »

Saint Bernard, qui venait de prêcher la croisade en Allemagne, accourut pour s'opposer aux ravages du fanatique docteur. « Dans la Langue-d’Oc, écrivait-il à Alphonse Jourdain, on voitles églises sans peuple, le peuple sans prétres, les prêtres sans ministère.—Les hommes meurent sans sacremens, les enfans sans baptôme. Celui qui enseigne des choses si contraires à Dieu, peut-il venir de Dieu ? On dit cependant qu’il a un grand nombre de sectateurs. C’est ce qui m'engage, quoique infirme, à venir dans vos contrées secourir les peuples , puisque personne n'ose s'opposer à l'erreur, et que l’hérétique , après avoir été chassé du reste de la France, ravage le troupeau de J.-C. sous votre autorité. Il n’est pas surprenant que ce rusé serpent vous ait trompé, affectant, comme il le fait, un extérieur de piété si grande. Mais apprenez qui il est : c’est un apostat, qui, après avoir quitté l’habit religieux , a repris les mœurs du siècle. Comme un chien, il est retourné à son vomissement ; et, n’osant demeurer avec ceux qui le connaissent , il s’est mis ensuite à faire trafic de la parole de Dieu , car il est homme lettré; et lorsqu'après son entretien, il peut extorquer de l'argent aux simples , il l'emploie au jeu et avec des femmes de mauvaise vie. » — Histoire de la ville de Toulouse , par MM. Cayla et Perrin-Paviot. pag. 280.

quil ne fallait garder ni fêtes ni Jeûnes commandés ; que le mariage n'était ni un sacrement, ni une chose nécessaire ;, que les évêques ni les prêtres, quoique d'institution divine, ne pouvaient consacrer, étant en péché mortel, et que le Pape était sans autorité.

Ces trois sectes s'étant unies, il en résulta un effroyable chaos d'erreurs, d’ignorance et d’impiété, et en même temps un parti d'autant plus redoutable, que le comte de Toulouse n’en était pas seulement Le fauteur, mais le chef. C'était un prince, comme tous ses prédécesseurs, entreprenant, ambitieux et capable de tout oser pour s'accroître. Il était, outre cela, uni d’intérêt et d'intention avec le comte de Foix, le comte de Comminges , le vicomte de Béziers, celui de Béarn et le roi d'Aragon. Il permettait aux hérétiques toute sorte de libertinages, et partageait avec eux le bien des ecclésiastiques et des autres catholiques. Ses Routiers (le moine de Val- Sernay et Guillaume de Puylaurens les nomment ruptores , parce qu'ils brisaient les portes des maisons des catholiques), ne trouvaient pas seulement auprès de lui complète impunité, quelques crimes qu'ils eussent commis, mais en recevaient de continuelles louanges et de grandes récompenses, aux dépens des gens de bien, qu'il

accablait d'ailleurs de toutes les foules de son état, dont il déchargeait entièrement les hérétiques. Ceci, joint à l’alliance qui existait entre lui et le roi d'Angleterre, dont 1l avait épousé la sœur, même du vivant de deux autres femmes qu'il avait répudiées, par un mépris insolent que les Albigeois lui avaient inspiré pour le mariage, en fit d'autant plus raisonnablement craindre les suites, que toutes ces choses sont les moyens les plus ordinaires dont se servent les usurpateurs dans leurs entreprises.

Le chef de l'Église fit prêcher, contre Raymond, une croisade que le roi de France appuya de son autorité, de son argent et d’une armée puissante. Celui d'Angleterre fit quelque semblant d’y vourloir prendre part, mais il en demeura là, et confirma les justes soupçons que l’on avait de lui. Enfin, le comte Simon de Montfort, devenu le chef de cette armée, composée en partie de tout ce qu'il y avait de gens de qualité qui se croisèrent , il se passa tant de grandes choses en cette guerre, il se donna tant de combats et de batailles, on prit tant de villes d'assaut et par composition, que l’on en pourrait faire des volumes entiers. Mais, comme cela n’est pas de mon dessein, je prie le lecteur de trouver bon

que je le renvoie aux historiens qu en ont

écrit (16).

Je sais quil y a des calvinistes qui révoquent en doute ce que les auteurs disent de la croyance des Albigeois; et mème que plusieurs d’entreeux, comme Bèze et d'Aubigné, en veulent assez ridiculement tirer la succession de leurs opinions , pour répondre aux reproches que les catholiques leur font de leur nouveauté (*). Mais,

(Le Bret aurait pu, sans inconvénient, laisser croire à la Réforme, qu'elle avait hérité des erreurs de ces hérétiques, lui accorder même une succession traditionnelle de beaucoup antérieure au xn1.e siècle. Les catholiques consentent volontiers aujourd’hui à admettre cette succession, dont se moquaient, au temps de Le Bret , «ceux des savans calvinistes qui professaient quelque bonne foi ». Pour la plupart du temps , la Réforme n’a fait que remettre en lumière les idées des anciens hérétiques. L’archidiacre Karlstadt brisait les emblèmes pieux, mais Léon l’Isaurien l'avait fait avant lui. De nos jours, M. Chenevières , de Genève , n'est-il pas le plagiaire d’Arius? La consubstantialité du Verbe, que rejette le docteur Paulus et avec lui tous les évêques de la Silésie, avait été niée par Macédonius, de Constantinople ; et Strauss , ce ministre qui n’a vu dans le Christ qu'un phénomène, et dans l'Évangile à qu'un assemblage de mythes, ne lui trouvez-vous pas un air de parenté avec les Apollinaires ?

« Les Vaudois tiraient leur origine d’un marchand de Lyon. C’étaient de pauvres âmes sans aucune espèce d'étude , qui s'étaient mises à lire la Bible dans une traduction fautive, et qui , dans leur piétisme naïf, se croyaient une intelligence du Verbe divin plus grande que celle que Dieu avait départie aux docteurs de l'Église. Elles faisaient même parade de leur ignorance , prétendant que Dieu se révèle aux simples, et dédaigne les vases d’or. A entendre leurs prédicateurs, qui laissaient croître leur barbe, à l'instar d'Aaron, et portaient de grandes robes à queue , tout ce qui avait vécu avant elles avait été frappé de cécité et marché dans les ténèbres... ... Toute la doctrige , que Luther formula depuis, est renfermée dans l’enseignement oral de ces nouveaux prophètes ; en sorte qu'on peut leur appliquer ce que , de son temps, on disait faussement d'Érasme , qu’il avait pondu l'œuf de la Réforme , et que le moine l’avait fait éclore. — Si vous étudiez le dogmatisme nouveau , qui vient se dresser contre la vieille parole catholique , vous restez confondu

ils s'en démèêlent d'autant plus mal, que les Vaudois, ainsi que le justifient ceux de Hongrie, admettaient cinq sacremens, c'est-à-dire trois de plus que les calvinistes qui n’en admettent que deux. Aussi, ceux de leurs savans, qui professent quelque peu de bonne foi, avouent-ils fran-

de sa ressemblance avec le dogmatisme que Luther introduisit dans le monde, et émerveilié de voir dans quel cercle uniforme de mensonge l’hérésie est condamnée à tournoyer. Qu'elle s'ingénie, qu'elle se tourmente, qu'elle s’agite à son aise pour faire mentir le Verbe , elle est stérile, impuissante ; elle a beau se dire enceinte de la vérité, elle n’accouche que de l'erreur : être informe, rabougri, marqué au front d’un sceau à le faire reconnaître au premier coup-d'œil , et qu'on à déjà vu de par le monde , y passer faisant un peu de bruit, puis retomber dans le néant, d’où Dieu je laissera sortir néanmoins, car il l'a dit : il faut qu'il y ait des hérésies, comme il faut au monde physique des tempêtes et des orages. Ainsi, que, celui qui se proclamera bientêt l'Ecclésiaste de Wittemberg, se vante, dans les ténèbres de son orgureil, d'avoir trouvé le criterium de la vérité ; on lui répondra qu'il n'avait pas besoin de venir, que les Vaudois disaient, tout comme lui , que l'Écriture est seule juge en matière de foi. Qu'il ne crie pas anathème aux catholiques, qui croient à la tradition , qui la respectent et l’honorent ; car les Vaudois ont enseigné que la tradition est une parole humaine, sujette à faillir, etqu'il n°y a que ja lettre de feu de l'Écriture qui brille à l’égal du soleil, et ne puisse tromper. Que Luther ne se glorifie pas d’avoir annoncé au monde que le Pape n'est que l'Ante-Chist; ce n'était pas une révélation. Les Vaudois avaient aussi dit au successeur de saint Pierre : Fils d'enfer, Satan sorti de l’abîme ! — Qu'’a-t-il donc trouvé de nouveau ? Que la Messe est un acte idolâtrique ? Voyez les Vaudois : ils n’ont pas besoin pour l’apprendre de converser en songe avec Satan; dèsle premier jour, ils ont renoncé à tout culte extérieur.— Que la foi seule justifie et obtient le royaume des cieux? Les Vaudois ont dit de même. — Que la chaire de Rome tomberaït un jour? Les Vaudois l’assignaient ce jour du Seigneur, où la Babylone moderne s'écroulerait aux cris de joie des nations. — Enfin veut-il se vanter de cette constance dont le Seigneur l'avait armé pour défendre sa vérité? Les Vaudois, ces cœurs de fer et de roc, marchaïent au supplice en chantant pour le triomphe de la parole de Dieu, » — Jfistoire de la vie

chement ce que j'en dis, et se moquent de cette prétendue succession.

Tant que le comte Simon n'eut en vue que de défendre l’église de l'oppression des hérétiques, sa prospérité surprit tout le monde; il vainquit partout où 1l porta ses armes. Le roi d'Aragon (°),

des écrits et des doctrines de Martin Luther, par M. J. M. V. Audin, tom, ee pag. 25 et suivantes.

« Une secte de réformateurs qui prirent le nom de Cathari, d'un mot grec qui signifie purs, mais quon désigne vulgairement sous celui d’Albigeois, parce qu’ils étaient nombreux dans le diocèse d’Alby, s’étendit rapidement dans les provinces gauloises de langue provençale. Divisés entre eux, ces sectaires s’accordaient tous à retrancher une partie des mystères, comme incompréhensibles , et des sacremens, comme superflus ; à détester les moines et le clergé ; enfin, à combattre la tyrannie spirituelle et temporelle de Rome, qu'ils appelaient la grande prostituée del'Apocalypse. On voit qu'ils avaient devancé et les idées et le langage des réformateurs du XVIe siècle. » — Amédée Thierry, Résumé de l’Histoire de Guyenne, pag. 145.

L'évêque Anglicain Tomline, dans sa Réfutation du Calvinisme, dit des Gnostiques, pères des Albigeois, « qu'ils étaient essentiellement et radicalement protestans. » Lindanus, le célèbre théologien allemand, dans ses Dialogues sur la renaissance des anciennes hérésies, prouve ce point d’une manière invincible. Le père Pétau l’établit aussi fortement dans sa préface des

OEuvres de saint Épiphane. — Voir également Raynerius, Histoire des Cathares.

In’y a pas jusqu’à notre bon vieux Perrin, qui n’appelle les Albigeois les pères des huguenots. » Pag. 184.

(*) Maître Mathieu, troubadour quercinois , qui était du parti du Midi contre le Nord, et qui avait combattu dans les rangs de Toulouse, composa un lai sur la mort du roi d'Aragon. Durfort , chanteur du parti contraire, écrivit contre Mathieu une sorte de satire, où il lui disait, entr'autres méchancetés, que s’il eût été tué à la prise de Béziers , il ne ferait plus de mauvaises rimes :

Si fosses perdutz à Bezers, No farias ia canso ni vers.

et un infinité de grands seigneurs tombèrent sous ses coups; Toulouse, capitale du parti ennemi, subit le joug du vainqueur, et, par ce moyen, le comte Raymond fut réduit à ne plus espérer de : salut que dans son désespoir. Il errait dans les Pyrénées ; il n'était en sûreté nulle part; mais Dieu permit qu'il se relevät de cette chute, parce que le comte Simon, abusant de sa prospérité, oublia qu'il ne la devait qu'à Dieu, dont 1l méprisa les intérêts pour établir les siens. De sorte qu'il vit, tout-à-coup, rétrograder son bonheur, diminuer ses conquêtes, et reprendre Toulouse, qu'il assiégea de nouveau , mais ce fut pour achever sa catastrophe plus malheureusement : il y fut tué d’un coup de pierre, qu'on dit qu'une femme lui jeta ("). D’autres racontent cet accident d’une manière différente, mais, de quelque façon que cela soit, il est constant qu'il y demeura. Son fils même, quoique brave, ne soutint que fort peu de temps la réputation des armes de

{(*) « E venc tot dreit la peira on en era mestiers ». « Et la pierre vint tout droit où il fallait ».

({ Hist. de la Crois. contre les Albigeois, écrite en vers provençaux par un poète contemporain).

« Le trait est admirable d'énergie et de simplicité ». (Fauriel, Introd. à l’ouvrage précité }.

La phrase de Le Bret, « mais de quelque façon que cela soit, il est constant qu'il y demeura, » ne manque pas non plus d'une certaine originalité.

son père. Saint Dominique, qui était tout son conseil, étant mort, il alla trouver le roi Louis VIIF à qui il céda toutes les conquêtes de son père, le droit qu'il avait sur le Languedoc, la comté de Toulouse et celles d’Alby, de Quercy et d’Agen, ayant reçu en échange des charges et du bien ailleurs.

PTT : %) À tale

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