‹ Histoire de MontaubanChapitre 49 sur 60 · LT · texte numérisé non relu

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GHAPITRE XIV.

peine Jacques Dossa ou Deuse, fils,

> selon les uns, d’un savetier, elôtr PS “Joles autres, d'un gentilhomme de Cahors , fut:1l monté sur le trône eme , sous le nom de Jean XXI, qu'il songea à extirper les abus qui s'étaient ghissés dans

l'Église. Sa propre expérience lui avait appris que la surveillance des évèques s’exerçait difficilemert dans de trop vastes diocèses. Pour remédier à cet inconvénient, dès la première année

de son pontificat, 1317, il érigea en archevèché l’'évéché de Toulouse, « rendant, de la sorte, cette église, de fille qu'elle était de celle de Narbonne, la mère des églises de Montauban , Lombez, Pamiers, Rieux, Mirepoix, Lavaur et S.'-Papoul , qu'il éleva au rang de cathédrales ()». (Perrin, liv. 2, pag. 65.)

Le pape ne se contenta pas d'établir un évèché à Montauban ; il honora cette ville du nom de Cité, « après l'avoir rendue la maîtresse de tout un diocèse, la cognoissant riche dans sa situation, en hommes remarquables et en plusieurs autres choses, ce que luy-mesme nous fait voir, dans une de ses bulles, par ces paroles : « Nuper rationabilibus de causis, quæ ad hoc nostrum animum induxerunt, civitatem , olim villam, Montis-Albani , tunc intrà limites diæcesis Caturcensis constitutam , qui locus existit insignis , et ubertate multiplici rerum et hominum exæuberat , de fratrum nostrorum coneilio et apostolicæ plenitudine potestatis , civiraris nomine duximus deco-

randam. » ( Ibid. pag. 66).

(”) « Anno MCCCXVII, Joannes, Papa XXIT, fecit episcopatum Tolosæ, archiepiscopatum ; qui quidem episcopatus erat de provinciä Narbonensi, et ejus suffraganeus. Et divisit ipsum in seæ episcopatus, videlicet Montalbanum , ete., ete. » (Chronicon cecles. S. Pauli Narb.)

DE MONTAUBAN. 189 Bertrand du Puy (de Podio), natif de Cahors, dernier abbé de Montauban, en fut le premier évèque. Ses bulles, dont l'original est dans les archives du Chapitre , sont du 5 des ides de juillet, c’est-à-dire du 30 de ce mois 1517. Bertrand était homme de grande piété et de beaucoup d'érudition , ainsi que le pape le témoigne dans un des chapitres de sa bulle, où il ajoute quil en pouvait rendre ce témoignage avec d'autant plus de connaissance , que Bertrand avait demeuré près de sa personne durant plusieurs années. On croit qu'il était parent de ce pape, et frère d’Imbert du Puy, que Jean XXII fit cardinal. Bertrand fut sacré à Avignon par l’évêque de Tusculum ; 1l mourut en venant prendre possession de son siége. Il portait pour armes , d’or au lion rampant, armé, couronné et lampassé d'azur.

Guillaume de Cardaillac ; de la maison des barons de Bioule, en Quercy , abbé de Pessen au diocèse d’Auch, succéda à Bertrand, le 13 février 1319. Il ne fut pas plutôt en possession de son évêché, qu'il eut un procès avec son Chapitre pour les droits utiles de la seigneurie de Montauban ; cette contestation fut presque en même temps terminée par une transaction de l'an 1520 , qui est dans les archives de l’évèché

et dans celles du Chapitre. il se joignit ensuite à ce même Chapitre, pour obtenir de Philippe de Valois la confirmation de la transaction de 1231. Quelque temps après les Consuls lui firent un procès au sujet de la justice qu'ils voulurent s’attribuer , et de l’hôpital de S.'-EÉtienne-de- Tescou, dont ils prétendirent nommer ladmiuistrateur; ils avaient oublié que leur consulat, supprimé pour plusieurs malversations, avait été rétabli par suite de lintervention de l’autorité ecclésiastique. Notre évêque expérimenta alors que. qui oblige une communauté noblige personne. Toutefois, regardant les Montaibanais commeun père ses enfans, il ne voulut point les pousser par les voies d’une procédure ruineuse et ennemie de la paix; 3 aima mieux (quoiqu'il eût en main un acte de 1248 (”), d’après lequel l’évêque de Toulouse, danse ressort duquel était alors cet hôpital, en nomma seul l'administrateur) se relâcher de quelque chose en leur faveur , et consentir à une transaction qui fut passée le 9 septembre 13555.

L'affaire de la justice, comme plus délicate,

traîna davantage , et ne se termina que le 19 février 1541, par la même voie que lautre,

{”) Voir cet acte à la page 132.

c'est-à-dire par une transaction , fondée, tant sur celle de 1251 , que sur l'arrêt du parlement de Toulouse , du 3 mars 1315, par lequel le viguier du roi, dans la partie de la seigneurie de Montauban, appelée de Tescou, ayant refusé de rendre compte des émolumens de la justice à l'abbé de S.'-Théodard et de lui en payer sa portion, y fut condamné contradictoirement.

Guillaume de Cardaillac s'appliqua ensuite à régler son diocèse, et permit l'établissement des Augustins dans Villebourbon. Il eut encore un autre grand procès avec son"Chapitre , qui ne voulait point se soumettre à sa juridiction, prétendant que le grand-prieur était seul juge de ses habitués, et quil devait être rétabli dans plusieurs prérogatives que l'évêque usurpait sur lui. Mais le prélat, évitant la chicane avec autant de précaution qu'autrefois , les porta à passer une transaction, le 1. mars 1350. Elle est dans les archives du Chapitre, et porte qu'il n'aurait sur eux que la justice pour le criminel, et même en présence du grand-prieur, et la correction des fautes tant régulières que capitulaires ; le grand-prieur devait avoir l'usage du bâton pastoral et de l’'aumusse, avec pouvoir , en absence de l’évêque, de convoquer, tenir et présider lesynode, le bourdon à la main et l’aumusse

en tête. Guillaume de Cardaillac portait de gueules au lion rampant d'argent ; armé et lampassé d’or , à l’orle de treize bezans d'argent.

Jacques succéda à Guillaume, le 24 décembre 1557. Il quitta Montauban pour Gap, où il fut tranféré, en 1559. Ni les archives de l'évêché ni celles du Chapitre ne disent autre chose de lui (”).

(”) I nous aurait fallu doubler au moins le texte de ce chapitre, si nous avions voulu rapporter en note les violentes contestations qui divisèrent pendant long-temps les chanoïines de la cathédrale et de la coHégiale. Perrin a recueilli là-dessus des détails un peu longs, mais dont quelques-uns méritent d’être conservés comme de singuliers épisodes. I paraît que l’évêque Jacques ne vint pas à Montauban , ou , dumoins, qu’il n’y était pas en 1356, car voici ce que notre historien raconte sous la rubrique de cette année : ,

« La mort de Guillaume de Cardaillac ne fut pas plustôt connue, qu'on vit les ecclésiastiques des deux Chapitres dans le désordre... Le peuple en étoit tout scandalisé. Il est vray que l'absence de Jacques, immédiat successeur de Guillaume , leur en pouvait servir d'occasion , se trouvant ainsi libres de la correction. Néanmoins les troubles , qui affligeaient alors toute la France par la capture du roy Jean, y contribuoient davantage. »

« C’est pourquoy les chanoines de la collégiale, conduits et poussés par Raymond de Concos , leur doyen, pour se voir dans le mespris parmi les moines de la cathédrale, et en conteste avec eux pour le manuel de la paroisse de Saint-Jacques, s’eschappèrent si fort, que, les sachant revenir d’un convoy funèbre de l’église des PP. Dominicains , ils leur allèrent au-devant , pour les combattre, avec leurs bénéficiers. Is attaquèrent les religieux affublés de leurs chapes noires , en pleine rue, les espées nues et les boucliers aux mains ; ils les battirent et en blessèrent quelques-uns à mort, quoyque dans la défense, mais assez froidement sur cette surprise, que les moines se causérent eux-mesmes, ayant voulu priver les chanoines d'assister à ce convoy , par la fermeure de deux portes de la ville, sçavoir du Moustier et des Carmes, qu'ils commandèrent pour ce sujet. » (Chap. 8. pag. 86.) |

Bernard vint après Jacques ; il ne tnt pas long-temps le siége , et n’y fit autre chose qu’un réglement entre ses églises cathédrale et collégiale, lequel est mentionné dans une ordonnance d’Arnaud, patriarche d'Alexandrie. Les registres de la Chambre Apostolique et la Gallia Christiana parlent aussi de ce Bernard (*).

Bertrand de Cardaillac , second du nom, succéda à Bernard, en 1560. IL unit les églises de S.‘-Michel et de S.'-Vincent à celle de S.‘-Jacques qu'il érigea en église paroissiale, du consentement du Chapitre cathédral et sous de grandes

« Cette action si tragique et qui affligea grandement les vrays chrétiens » , donna lieu, comme on le pense, à un procès. Le procureur fiscal eut beau conclure, pendant quatre ans, « à l’arrest et punition des criminels », ils furent absous par sentence définitive du 51 juillet 1360.

(*) Perrin (chap. 8, pag. 87). ne veut pas reconnaître Bernard comme évéque de Montauban. « C'est mal à propos, dit-il, qu’on veut lui attribuer les ordonnances qui réglèrent les contestations des deux Chapitres. Car quoyque les historiographes du clergé de France (les auteurs de la Gallia Christiana ) le marquent parmi nos évêques, c’est pourtant d’après de faux mémoires. Pour ce qui est de l'ordonnance du patriarche d'Alexandrie, outre qu’elle ne fait pas mention de Bernard, elle fait connaître les statuts, touchant les deux Chapitres, avoir esté faits ensuite et en conséquence de l'union des églises de Saint- Michel et de Saint-Vincent , laquelle union fut l'œuvre de Bertrand de Cardaillac. C’est pourquoy c'est sans raison qu'on veut donner le réglement de ces affaires à Bernard, puisqu'il ne se trouve pas dans la succession des évéques de Montauban. »

Il va sans dire que l'autorité de la Gallia Christiana nous paraît préférable à celle de Perrin. Comme Le Bret, Cathala-Coture (tom. 3, pag. 220) place Bernard dans la liste chronologique de nos évêques.

réserves. Sa mort fut suivie d’un grand démélé entre les deux Chapitres, pour lélection d’un successeur , le collégial prétendant avoir droit d’y assister en vertu d'une bulle à laquelle le cathédral s'était toujours opposé. Par suite de ces contestations , l'évêché resta vacant sous l'administration d’Arnaud de Peyrarède, patriarche d'Alexandrie. Le Chapitre cathédral, se plaignant de quelques entreprises du collégial sur ce qui fui restait dans la ville, après ie démembrement de la paroisse de S.-Jacques, ce patriarche fit, par un réglement, la délimitation de cette partie de la paroisse du Moustier ; elle venait, par le faubourg et la rue des Bains, jusqu’au pont du Tarn, passait devant l’église S.-Jacques, continuait par la grande rue, celle des Soubirous, jusquà la porte du Moustier, et regagnait le faubourg jusqu’à l’église cathédrale. Arnaud de Peyrarède finit son administration en 1568.

Pierre de Talleyrand de Chalais, abbé de la.

Couronne d'Angoulême, succéda à Arnaud , non pas comme administrateur , mais comme évêque, le 48 octobre 1368, à la recommandation du roi Charles V, qui le regardait comme un homme de très grand mérite et capable des plus grandes affaires, après lavoir employé comme ambassadeur à la cour de l’empereur Charles IV. Mais,

parce que les affaires du roi étaient alors fort embrouillées, il fut obligé de rester auprès de lui, et de nommer, pour son vicaire-général, Géraud Calcelli , abbé de Belleperche. Le 23 mars, celuiei reçut l'hommage de Navarre de Montaut, dame de Bressols, qui le fit, les genoux à terre, les mains jointes, son chaperon hors de la tête, et lui présenta les deux éperons dorés qu'elle devait à chaque mutation d'évêque.

Les Consuls contestèrent à Pierre de Chalais , avant son arrivée à Montauban, la nomination qu'il fit de l'administrateur de l'hôpitalde Tescou. Mais il fut maintenu dans ce droit par une bulle de l'an 1572, de laquelle le prieur de l’église de Montauban et les abbés de Grandselve et de Belleperche, furent les exécuteurs. Le 10 mai de l’année suivante, il fit son entrée solennelle-dans la ville, par le faubourg de Gasseras, et fut reçu par les Consuls et habitans devant l'église de S.-Orens, où ils lui firent l'hommage ordinaire. Le registre des Sermens de l’'Hôtel-de-Ville contient la plus grande partie des entrées solennelles des évêques, c’est pourquoi jy renvoie le lecteur qui sera curieux d'en voir le détail. Pierre de Chalais mourut le 22 novembre 1379. Il légua à son église: sa crosse , sa mitre , SOn anneau avec le reste de

sa chapelle (). Il avait fait bâtir dix chambres dans le cloître de l’église collégiale, qu'il donna aux chanoines en les obligeant de dire , tous les ans, une messe pour le repos de son âme. Il fut enterré dans la chapelle de la Vierge, qui était derrière le chœur de son église cathédrale, et portait de queules à deux vaches clarinées d’or.

Berirand Robert de S.'-Géal lui succéda, le 26 janvier 1580. Les auteurs de la Gallia Christiana le font abbé de Moissac; mais Perrin, chanoine de l'église de Montauban, homme fort instruit de ces sortes d’antiquités, m'a fait voir que cela ne pouvait être, parce que Frédole de Lautrec, qui était abbé de Moissac, en 1370, étant mort en 1574, Aymeric de Peirat, élu à sa place, vécut jusques en 1393, et eut pour successeur Raymond de Vairac.

("} Perrin a conservé le testament de Pierre de Chalais, qui ne se trouve point dans nos archives. Le même historien rapporte que cet évêque avait précédemment fait don à son église cathédrale de 200 liv. d’or « pour le recouvrement des métairies de la Pouzaque et de la Paillole. » Il léguait également mille florins à la ville d'Avignon, cinq cents au pape, en considération des biens qu’il tenait de la cour pontificale ; « et, voyant la chapelle de Saint- Benoist, fondée dans sa cathédrale par feu Bertrand de Cardaillac, très mal dotée — quôd malè et pessimè sit dotata, —il en instituait les Chapelains héritiers du reste de sa fortune. » (Chap. 16, pag. 105.) Il mourut, neuf jours après avoir ainsi disposé de ses biens, emportant les regrets de tout son diocèse. Il avait nommé, pour ses exécuteurs testamentaires, le cardinal de Saint- Ange, l'archevêque d'Arles , le patriarche d'Alexandrie , l'archevêque de Toulouse et l’évêque d'Agen.

Les chanoines de l’église collégiale de Montauban, appréhendant que les désordres de la guerre, alors violente entre les Français et les Anglais, n’en causassent parmi eux, se précautionnèrent par de nouvelles constitutions, auxquelles ils s’astreignirent, et dont ils demanderent la confirmation à Bertrand qui les approuva, par acte du 7 décembre 1400. IL avait acheté dans la ville une maison qu'il donna à ses successeurs, par son testament du 18 avril 1398, l'ayant chargée toutefois de vingt-huit livres de rente envers son Chapitre, pour un obit. C'est sur le fond de cette maison que lon a bâti l’'Hôtel-de- Ville, et que les calvinistes élevèrent le temple qui leur reste dans Montauban. Il légua, par ce même testament, vingt-cinq livres à son Chapitre, pour la réparation du bâton pastoral ; au Chapitre collégial, six chambres qu'il avait fait bâtir entre l’église et le cloître, et mourut le huit septembre 1403.

Gérard Dupuy ou de Podio, dont les bulles sont du 13 novembre 1403, fut son successeur. Il fit, le dernier jour du même mois, Pierre Robert et Pierre Faure, chanoines réguliers de son Chapitre, ses vicaires-généraux ; ils prirent possession pour lui, reçurent l'hommage des Con-

suls et habitans , et leur promirent, en son nom,

comme le porte le Livre des Sermens, au feuillet 4, de les conserver dans leurs droits et priviléges (”). Mais, en 1405, 1l fut fait évèque de S.“Flour, qui était le lieu de sa naissance, et qu'à cause de cela il préféra à Montauban. On croit qu'il était de la famille de Bertrand Dupuy, laquelle n'était originaire ni de Cahors ni de Montpellier, comme quelques-uns l'ont écrit, mais de S.'- Flour.

Raymond de Bar lui succéda, le 4 novembre de la même année 1405. Il ne fit son entrée dans Montauban que le # septembre 1406. L'acte en est authentique, et passé en présence de plusieurs témoins, entre lesquels se trouvent Robert de Bar, damoïseau, et Othon Séguier (”). IL passa

() L'an de nostre S. mil CCCCIIT, lo darries jour del mes d'otobre, Moss. P. Robert e Moss. P. Faure, Vicares del Rev. Paire en Dio. Moss. Guiraut del Pueg, Avesque de nostra vila, novelamen eligit, prezero la pocessio del dig avescat, pel lo dig Moss. Avesque absen; jurero e fero lo sagromen acostumat a far de sa en reire per los Senhors Avesques , de servar e gardar los previletges e libertats de la vila. — (Liv. des Serm. fo. vo. 4.)

(”) Raymond de Bar entra dans la ville, presque dès sa nomination au siége épiscopal ; «il fut hommagé au préalable, selon la coustume, devant le cimetière de l’église de Saint-Orens, par neuf des Consuls, accompagnés d’un grand nombre d’habitans, et après les avoir asseurés ayec serment de combattre avec eux pour leurs priviléges et libertés. De quoy contents , ils le reçurent avec grande joye, quoyque d'ailleurs dans la misère. Car les uns estoient toujours sous les armes pour résister à l'ennemi {les Anglais), les autres occupés à tendre les chaînes des rues et carrefours, en nombre , — marque

DE MONTAUBAN. 199 une transaction, en 1410, avec le grand prieur et le Chapitre de son église, pour la tenue du Synode, ipso absente, et punitione delinquentium , dérogeant , en plusieurs chefs, à ce qui avait été établi par Guillaume de Cardaillac. Sous son administration, les religieuses de S.“-Claire, qui étaient hors la ville, appréhendant les Anglais qui tenaient la campagne aux environs de Montauban, obtinrent de lui la permission de se loger dans l’intérieur. Il mourut le 26 mars 1424, et portait de gueules au croissant d’or au lambel d’azur.

Gérard Feyditi, chanoine de l’église de Toulouse, lui succéda et fut mis en possession, au mois de mai 1425; mais, ayant été nommé à l'évêché de Couserans, il se démit de celui de Montauban, au mois de février 1426, et donna ordre à ses vicaires-généraux de remettre au Chapitre le sceau de l'évêché et ce qu'ils tenaient de la maison épiscopale.

Pierre de Gottines, doyen de l’église de S.'- Pierre d'Avignon, lui succéda, et envoya, le 18

Ruelle, notaire de Montauban, dans son journal, — de cent cinquante, la moindre de cinq à six quintaux, ou de trois à quatre , pour s'opposer à la cavalerie, en cas de surprise, — et la pluspart malades. »— (Perrin, chap. 20, pag. 115.)

avril 1426 , une procuration donnant pouvoir aux évêques de Rieux et de Vabres, à l'abbé de Gaillac, au camérier du Chapitre de Montauban, à Jean Fabri et Pierre Gardène, chanoines de Narbonne, d’agir tous ensemble, ou chacun d’eux en particulier, pour le spirituel et le temporel de son diocèse. Il ne prit jamais personnellement possession de son siége , à cause de la guerre des Anglais, et ne vécut qu'environ trois ans après sa promotion.

Bernard de la Roche de Fontenilles monta sur le siége de Montauban en 1429. Il fonda, en 1451, le collége de S.'-Maur, dans l’église de S.'-Sauveur , de Castelsarrasin , composé d’onze prêtres et d’un prieur. Charles VII étant venu à Montauban, notre évêque obtint de lui Panoblissement de la maison que Bertrand II avait laissée à ses successeurs, et dans laquelle ce roi logea, le 19 janvier 1442, après qu'il eut chassé les Anglais de toute la France (”). Le prélat mourut à Paris, en 1445, il y fit son testament, par lequel il donna cent écus à son Chapitre et soixante au Chapitre collégial. Ce testament est dans les archives du Chapitre cathédral, avec d'anciennes patentes , datées de Bourges, du 25

(‘) Voir la note 5.

DE MONTAUBAN. 201 août 1442, lesquelles marquent que le roi l'avait employé en diverses ambassades et autres négoclations importantes , et qu'il prit une bonne part à la pragmatique-sanction (”).

(") En 1442, Bernard de la Roche, de Fontenilles, eut à juger un différend qui s’était élevé entre les religieux, chanoïines de sa cathédrale, et les PP. Carmes, relativement à la représentation du Mystère de l'assomption de Notre- Dame, dans l’église Saint-Jacques. Les deux ordres avaient le privilége de jouer alternativement ce drame pieux. Les chanoines en ayant été empêchés par la peste qui désola Montauban, l’année précédente, 1441, voulaient, en raison de cette circonstance, occuper la scène en 1442. Les Carmes s’y opposaient, prétendant que c'était leur tour. L'évêque décida en faveur de ses chanoines, mais avec cette clause : « qu’à l’advenir la coustume serait observée, non obstant les empeschements qui surviendroient, tant pour l'an du tour que pour l’observance de tout le reste. » —Ces derniers mots avaient pour but de couper court à une innovation que les religieux du Chapitre voulaient introduire dans le Mystère. « Ils s’estaient proposés , dit Perrin, de faire paroistre les douze apostres et autres personnages, dans l’église de Saint-Jacques, et puis dans le canton appelé de la Faurie, la veille de la feste, après avoir fait paroistre auparavant, dans la ville, certains personnages nommés Barbastales , (Barbatores , barbis instructi, masques.), pour y faire , sans doute , les bouffons. » (Chap. 24, pag. 152.)

Il ne faut pas se faire une idée fausse des Mystères, pièces de théâtre du moyen-âge, qui reproduisaient toujours une histoire des Livres Saints, et vulgarisaient , en quelque sorte, la théologie. C'était une manière d’amuser et d'instruire le peuple, qui devait d'autant mieux atteindre son but, qu’elle donnait à la scène l'appareil le plus imposant, et actionnait directement la foi religieuse , si profonde à cette époque. « Dans ces siècles où le despotisme était le droit des grands, on lui montrait les bergers et les rois égaux devant Dieu, et quelquefois même, comme dans le mystère de la Nativité, les bergers admis dans l’étable près de l'enfant divin, avant les rois. On opposait à la justice du Châtelet le jugement dernier, et aux tribunaux humains ce tribunal supréme où les juges de la terre seront jugés à leur tour. » (Dict. de la Convers., art, Mystères.)

On a prétendu à tort que ces représentations devaient leur origine aux Croisades ; elles remontent, par leurs premiers essais , jusqu’au 111.e ou 1V.€ siê-

Aymeric de Rochemaurel, grand prieur de l’église de Montauban, fut élu à la place de Bernard, par le Chapitre cathédral, nonobstant les prétentions du collégial ("); son élection fut confirmée et 1l entra en possession , le 7 janvier 1445.

cle, et atteignirent leur plus grand développement dans le xux.e et le x1v.e De pieuses associations , les corporations des métiers , la grave Université ellemême, se chargèrent de fournir aux peuples ces délassemens si bien en rapport avec leurs idées. Les Mystères, moitié dévots , moitié burlesques, tour à tour écrits en latin et en langue vulgaire, étaient considérés comme des actes de religion , et s’associaient ainsi, sans inconvénient ni indécence, aux offices des fêtes catholiques. « Ceux qui n’y auraient pas trouvé d'amusement, dit Michelet (tom. 4), n’y eussent pas moins assisté pour leur édification. Dans plusieurs églises Ÿ on avançait l'heure de vêpres, pour qu’on püt aller aux Mystères. »

Les acteurs de ces drames chrétiens jouissaient d’une considération qui devait faire envier les rôles. Choisis par les Échevins ou les Consuls des‘villes, ils devaient s'engager, par serment « à parfaire l'emprise, à jouer ès jours ordonnés, et à comparoistre les jours de représentation à sept heures du matin pour recorder, sur peine de six patars. » La veille de la représentation, le crieur public parcourait les rues, publiant à son de trompe : «que nul ne fust si hardy et si osé de faire œuvre méchanique en la ville, l’espace des jours en “suivant , èsquels on devait jouer le mystère. »

Dans une ordonnance du mois de décembre 1402, Charles VI appelle les acteurs de ces dévotes comédies, ses « amis et chiers confrères. » Par une autre ordonnance, du 5 avril 1590, il assigne « 40 liv. à certains chapelains et clercs de la Sainte-Chapelle de nostre palais, à Paris , lesquels jouèrent devant nous, le jour de Pasques nagaires passé , les jeux de la résurrection de Nostre Seigneur. » — (V. Études sur les Mystères , par M. Onésime Leroy.)

L'honneur attaché à la représentation des Mystères, le plaisir qu'y trouvait le peuple, et qu’il rendait en gloire aux acteurs, expliquent assez pourquoi les chanoines de notre cathédrale et les PP. Carmes se disputaient si vivement le théâtre de l'église Saint-Jacques , au jour de L'Assomption.

(”) Ge Chapitre avait élu, de son côté, Pierre de Valette, religieux du couvent de Notre-Dame de la Daurade, de Toulouse,

DE MONTAUBAN. 205 Les archives de l’église de Moissac portent qu'il en était abbé, et les auteurs de la Gallia Christiana disent qu'il fut aussi abbé de l’ordre de Cluni, sans nommer le lieu. Les archives de Montauban se taisent à cet égard. Aymeric et son Chapitre soutinrent un procès contre les héritiers de Bernard de la Roche, qui n'avait point donné de chapelle à l’église, et négligé de faire des réparations fort nécessaires ; mais ils s’'accommodèrent, par transaction du 29 novembre 1447.

Notre évêque mourut au mois d'octobre 1449.

Bernard du Rosier, troisième du nom, professeur en droit, chancelier de l'Université , prévôt de l’église de Toulouse et déjà nommé à l'évêché de Bazas, fut élu à la place d’Aymeric , au mois de janvier 1450. Il prit possession, le2avril, et fit son entrée solennelle, le 6 juillet de la même année. Mais , le 3 novembre 1451, il fut élu archevèque de Toulouse. Bertrandi et Catel en parlent comme d’un des plus savans hommes de son siècle. Il portait de gueules à une bande d’or, chargée de trois roses de queules à la bordure d’or, aussi chargée de huit roses de queules.

Guillaume d’Étampes , second du nom, fils du baron de la Ferté-Imbault, sous-doyen de l’église de Poitiers, et maître de chambre du pape Ni-

colas V, succéda à Bernard, en novembre 1454. I prit possession, le 3 avril 1452, mais il fut, quelques mois après, élu évêque de Condom, quil préféra à Montauban. Il portait d'azur à deux girons d'or, en chevron au chef d'argent , chargé de trois couronnes ducales de gueules.

Jean de Batut de Mont-Rozier , du diocèse de

Rhodez, fut nommé à sa place, le 18 novembre 1455 ("). Ce fut lui qui, en 1466, fit l’aliépation

{(*) Nous devons faire remarquer ici une malicieuse réticence de Le Bret, qui, en sa qualité de prévôt du Chapitre cathédtal, croyait sans doute devoir refuser les honneurs de l’histoire aux droits de l’autre Chapitre.

Jean de Batut n'était pas l'élu des religieux de la cathédrale, mais des chanoines de Sapiac. Les premiers avaient fait choix de Jean de S.t-Etienne, de la maison de Monbeton, abbé de Belleperche.. Pendant que les uns et les autres travaillaient à faire approuver leur nomination, l'évêché fut mis sous la main du roi et commis à Pierre de Caraman , abbé de Moissac et grand chantre du Chapitre du Tescou, investi des fonctions de grand vicaire. Nicolas V, informé du désordre qu’entraînait cette conteste, confirma à la fin l’élection de la collégiale, et manda aux chanoines de la cathédrale qu'ils eussent à reconnaitre Jean de Batut pour évêque, leur signifiant , s’ils refusaient, de les tenir pour rebelles : « Quocircà discretionti vestræ per apostolica scripta mandamus , quatenàs eidem electo, tanquam patri et pastori , humiliter intendentes ac exhibentes sibi obedientiam et reverentiam debitam et devotam, ejus salubria monita et mandata suscipiatis, humiliter et efficaciter adimplere curetis, alioquèn sententiam quam idem, electus ritè, tulerit in rebelles, ratam habebimus et inviolabiliter observari faciemus usque ad satisfactionem condignam. » (Mars, 1455.)

« Les moines, dit Perrin, ne profitèrent pas des avis du pape et continuèrent dans le trouble jusqu’au mois de mars 4457. » A cette époque, Jean de Batut, étant reconnu dans tout le diocèse, force leur fut de se désister de leurs prétentions en faveur de son rival. Celui-ci, — comme nous le verrons bientôt, — n'abandonna pas la partie.

de Villemade à Notet Séguier , juge-mage et puis sénéchal du Quercy, pour une paire de gants épiscopaux à chaque mutation d'évèque. Il mourut en 1470, et fut enterré dans l’église cathédrale, au côté droit du grand autel, comme le porte l’ancien registre des obits.

Jean de Montalambert, second du nom, prieur de S.'-Martin-des-Champs, de Paris, abbé de S.- Gilles en Berry, de Gimont en Gascogne, prieur de Cayrac, près de Réalville , licencié en droit, fut élu à la place de Jean de Batut , et confirmé par l’archevèque de Toulouse , le 25 août 1470. Les auteurs de la Gallia Christiana le font premier président de la chambre des comptes du duc de Guyenne. L'élection de Montalambert ayant été faite par le seul Chapitre cathédral , il y eut encore opposition de la part du collégial. Mais l’archevèque de Toulouse , sans avoir égard à cette contestation, confirma l'élection de Montalambert. Ce prélat fut député, avec Fargues , chanoine de son Chapitre, aux États-Généraux que Louis XI réunit à Orléans, en Septembre 1478, pour aviser aux moyens d'exécuter la pragmatique-sanction en tous ses points. Cette assemblée, renvoyée à Lyon, au mois de mai 1479 , fut interrompue par la guerre de Flandres. De sorte que Montalambert revint dans

son diocèse (‘), et y mourut, le 29 décembre 1483. Il portait de gueules à la croix ancrée d’argent.

Georges de Viguerie, aumônier de l’église de Montauban, fut élu par le Chapitre, le 7 mai 1484, conformément au concile de Bâle et à la pragmatique-sanction. C'était un grand homme de bien, et n'était pas moins aumônier d'effet que d'office. Il eut pour compétiteurs Jean de Brugères , chantre de léglise de Rhodez , et Georges d’Amboise. Mais étant mort sur ces entrefaites, et le procès de ses deux compétiteurs (”) porté à Rome, Brugères fut exclu, et Georges d’Amboise confirmé en 1489.

(*) Parmi les actes administratifs de Jean de Montalembert, il en est un qui nous fait connaître l'existence d'une chapelle, dont Le Bret ne parle point dans son chapitre XII. Elle était située sur le ruisseau Lagarrigue, tout près de la porte du griffoul, et portait le nom de Notre-Dame de Vaguetou Baguet. On sait que le pont, qui joint à la ville le faubourg Villenouvelle, porte encore ce nom : lou poun de Baguet. Jean de Montalembert y établit deux marguillers (operarü), qui étaient à la nomination du curé de Saint-Jacques, auquel ils devaient rendre compte de toutes les offrandes que les fidèles déposeraient dans le bassin ou le tronc (in bassino seu trunco), pour les réparations de la chapelle. I1 paraît que cet oratoire était affecté spécialement au service de la confrérie ou corporation des parfumeurs , puisque la lettre de l'évêque porte que les deux marguilliers seront nommés « de concilio proborum hominum UNJERIORUM civitatis Montis-Abani. » Comme le copiste qui nous à conservé cet acte ne savait pas le latin , il faut lire probablement unguentariorum , au lieu de unjeriorum.

(*) Jean de Brugères et Georges d'Amboise ne furent pas les seuls compé-

titeurs de Georges de Viguerie. Jean de Saint-Étienne, que nous avons déjà vu disputer le siége de Montauban à Jean de Batut, se remit sur les rangs, après la mort de Jean de Montalambert. Débouté de nouveau, il n’en devint pas moins le concurrent de Georges d’Amboise, quand celui-ci se vit débarrassé des prétentions de Jean de Brugères. Cette fois pourtant il eut recours à d'autres armes. A la tête « d’une troupe de déterminés, mesmement de laquais et autres serviteurs du baron de Montbeton, son frère» , il s’empara de l’évéché, etles ymit en garnison. Les Consuls, étonnés de tant d’audace, laissaient faire cette valetaille , qui pillait le palais épiscopal et commettait mille insolences. Le parlement de Toulouse, informé de ces excès, députa des commissaires; ils se présentèrent devant l'évêché, mais les stipendiés de Jean les repoussèrent à coups de hallebardes. Nouvelle plainte au parlement , qui ordonna la détention des fruits et revenus épiscopaux, et, s’il était besoin, l'arrestation des deux compétiteurs. Jean de Saint-Étienne appela en vain de cette sentence ; « il fut démis avec confusion de ses vilaines prétentions ; » ce qui ne l’empescha pas de susciter encore beaucoup de chicanes, qui retardèrent

la réception de Georges d’Amboise jusqu'en 1489. — (Perrin, liv. 2, ch. 4). © © sen & acts EU NA 9 \ names be . men RSR so w S Û EN | 6, ee > ee À

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