‹ Histoire de MontaubanChapitre 8 sur 60 · X INTRODUCTION · texte numérisé non relu

X INTRODUCTION

sion technique désignant constamment les lieux frontières, et qui convenait, on ne peut plus rigoureusement, au village Celtibère, placé juste au point de section du territoire Tolosate et du territoire des Cadurct.

À cause de la nature du terrain, le mont où avait été tracé le camp , fut appelé 4lbanus (Blanc) (”). Ce-

tement avec l'opinion qui place Fines à Montauban. Car , d'après cette table, on comptait de Tolosa à Fines, 27 milles ou 40 kilomètres ; de Fines à Cosa, 7 leucæ ou 16 kilomètres , et de Cosa à Divona, 20 leucæ ou 44 kilomètres.

La situation de Bressols répond assez bien à ces mesures.

(Note des éditeurs).

() « On croit que Montauban a pris son nom de la quantité de saules qui » sont aux environs et qu’on appelle alba en langue gascone. »

Cette conjecture de Catel, répétée dans Le Bret et empruntée de celuici par Piganiol, lequel la transmit dans les mêmes termes à Beauxen de la Martinière, Cathala-Coture et Dom Vaissette, n'est ni admissible ni justifiable. 7

« Alba, dit Malte-Brun, dérive d'albus (BLANC) entré dans plusieurs com- » posés d’origine latine, tels que : Alban, Albano »

C'est toujours ainsi, en effet, qu’Alba et Albanus ont été compris. Soit par la couleur du sommet, soit en raison des roches calcaires dont la rive droite du Tarn était bordée et qu’on retrouve encore, la montagne fut appelée Blanche. « Les surnoms se tirent de la couleur du sol, à écrit une autorité imposante en histoire ; Albus Mons, c'est en allemand Blankenberg, et en français Blanc- » mont. L'auteur de la chronique de Sens qualifie Henri, de comte du Mont- » Blanc (Albi Montis) et du château du Mont-Blanc. Il y a Mont-Blanc, Mons » Albus, auprès de Glandèves ; ilya Mons Albanus, Montauban, en Quercy » et beaucoup d’endroits de ce nomen Bretagne , en Provence, auprès de Paris » et ailleurs encore, etc., etc.» À colore soli cognomina nascuntur : Albus Mons, Germanis Blanckenberg, nostris Blamont dictus. Richerio in chronica senonensi memoratus qui Henricum comitem Albi, Montis et Castrum, Albi montis ac Blammont etiam appellat. Mons Albus, Montblanc, propè Glanatevam; Mons Albanus, Montauban, cujus nominis in Cadurcis, in Britannià cis-marin&@, in Provincià, in Parisüs, et alia alibt sunt loca.…. (Hadriani Valesii notitia Galliarum.)

DA

INTRODÜCTION. XI

lui sur lequel était bâti le village réçut de sa couleur jaunâtre le surnom d’Æureolus ("). Le tertre assez haut qui domine le Tarn vis-à-vis la fontaine des Fées, prit la dénomination de Mons-Calidus , le mont Chaud ( Moncau). Les romains baptisèrent ensuite tous les environs avec des mots de leur langue, exacte et pittoresque. Ainsi, ces gorges tapissées de vignes, qui se déroulent onduleusement vers l’Albigeois, furent nom-

: Aussi la topographie allemande, imprimée à Francfort en 1659 , met indifftremment Montem Album et Montem Albanum.

Ajoutons qu'on trouve Montalban en Espagne, Montalvao en Portugal, Mon-

talbano en Sicile ; Que ces trois villes, comme toutes celles du même nom en France, ont pour

assiette des plateaux arénacés ou calcaires ;

Qu’Alban, Alvao, Albano, sont trois corruptions du latin Albus et signifient blanc ;

Enfin, que saule en espagnol se dit salce, en portugais salqueiro et en italien salice, d'où (l’idendité entre les quatre dénominations Alban, Alvao, Albano

et Albanus étant complète) il est facile de conclure (a).

(a) Toutefois , on peut remarquer que dans l’acte même de la fondation de Montauban il est dit que Alphonse lui donna ce nom : qui vocatur Montalbano qudd ipse Comes misit ei nomen. {1 ne viendrait donc pas des Romains. De plus, les armes de la ville qui remontent aux premières années de son exis-

tence , se composent d’un saule sur un monticule. ( Note des éditeurs ).

(”) Même rectification pour Mons Aureolus. Aureolus est un adjectif qui veut dire de couleur d’or. Tous les auteurs, sans exception, qui se sont occupés de l’origine de Montauban, ont écrit Mons Aureolus. C’est ainsi que nous le lisons dans le plus ancien témoignage, la vie de saint Théodard; il était donc impossible de le rendre différemment. Mais voici ce qui arriva : Catel le traduisit en le francisant. Au lieu de dire Mont-Aureol , ou Mont-Aurel, comme on à fait ailleurs, il mit le mot au génitif, Mons Aureoli, et dit: Montauriol. Or, malheureusement Aureolus signifiant aussi Loriot, ce génitif changeait entièrement le sens. Et cela est si vrai, que les auteurs du Gallia Christiana , adoptant cette étymologie ridicule, ne manquaient pas de remarquer Mons

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