‹ Histoire de MontaubanChapitre 9 sur 60 · XI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XI INTRODUCTION

mées Fauces (Fau) (2); le hameau du pied de la colline baignée par le Tarn, Comba rivi (*) (Combarieu); la gracieuse villa qu'au nord-ouest du Mons-Albanus édifia quelque riche patricien, Capua (Capoue). A partir de cette campagne et en suivant la direction de

Albanus antiquitùs nuncupabatur , Mons Aureolus seu Aureoli, ab ave ictero quam Giraldus Cambrensis Aureolum appellat. il est fächeux que les auteurs du Gallia Christiana n'aient pas vérifié leur citation avec plus de soin, car ils auraient yu dans Valesius à qui ces mots sont empruntés, qu’il s'agissait d'une autre montagne pour la qualification de laqueile Valesius emploie précisément le génitif, et l'équivoque n’est pas possible, car au paragraphe des lieux qui dérivent leur nom des métaux, on lit: Mont-Aureol dans le diocèse de Toulouse. « Metalla nomen dedére Monti Aureolo in diocesi Tolosand. » On ne montre pas du reste plus naïvement que Le Bret avec quelle simplicité la partie étymologique était traitée de son temps. « Néanmoins, dit- » il, Montauriol a esté appelé par quelques (lisez tous) auteurs latins Mons » Aureolus sans que j'aye peu découvrir pourquoy, car sa terre est trop » bonne et trop grasse pour paroistre sabloneuse ny dorée comme quelques- » uns disent que c’est de là qu’on lui a donné ce nom d’Aureolus. »

Le Bret oubliait, comme vous voyez, que cette terre si grasse et si bonne avec sa teinte chaudement argileuse, imite et rappelle à merveille la couleur de l'or.

On pourrait ajouter que le Tarn roulait autrefois des paillettes d’or, ainsi que l’atteste Ausone , idyl. 5, v. 465.

Auriferum post ponit Gallia Tarnem.

Le village d'Orguel (Ysaz, brillant), à 17 kilomètres de Montauban, doit son nom à ce précieux métal. ( Note des éditeurs ).

(a) On pourait dire peut-être avec plus de raison que ces côteaux ont reçu le nom de Fau, des hêtres { Faou en langue ibérienne ) qui les couvraient autrefois. Dans le midi dé la France, habité jadis par les Ibères, on compte un grand nombre de hameaux qui portent ce nom , dont l’étymologie ne saurait être douteuse. (Note des éditeurs ).

() Cumer dans le pays de Galles.

INTRODUCTION. XHI

la voie romaine, les lieux habités et qualifiés par les Romains apparaissent en foule. C’est Znsula Madida (Isle et puis Villemade, Isle humide); c’est Arduus, l'Escarpé (Ardus); Mirabilis, l’'admirable (Mirabel); l’/ÆZ0onor-de-Coz (l’'Honneur-de-Coz) ; Sabula, les Sables (le Saula), et vingt autres que nous passons.

La conquête ne fut pas plutôt un fait accompli, que les intérêts de l’Aquitaine se lièrent à ceux de Rome. Dès ce moment, le flot obscur de notre histoire se perd dans cet immense fleuve qui avait pour bords l'Occident et l'Orient. Cachée sur sa montagne, Fines voit naître le Christ et tomber l'empire.

Depuis long-temps ses nouveaux maîtres, sans chasser les fées (*) de leur fontaine, avaient substitué à l’obélisque de Bel la statue de Mercure. Voici que toutà-coup de pauvres piétons arrivèrent sur la rive gauche du Tarn, et, 204 ans après sa mort, vinrent prêcher aux Aquitains la religion du Christ. Trop peu importante à cette époque , fines échappe à nos regards : nous ne la retrouvons que trois siècles plus loin en puissance des Goths et de l’arianisme.

C'est vers ce temps que, pour combattre l’hérésie, fut fondé à Fines le Moûtier de St-Martin (”). A qui

(*) Le culte de Belisama et ses prêtresses existaient encore au 7.e siècle. Voir la vie de St.-Eloy, les Capitulaires, etc., etc

(*”)} Cathala-Coture, copiant Le Bret, attribue la fondation de l’abbaye aux religieux bénédictins de la Chaise-Dieu , appelés par les ancêtres de St.-Théodard : c'est une erreur, les bénédictins ne vinrent à l’abbaye que vers 1150. (B. DE LA MARTINIÈRE).

Page 1