‹ Histoire de Montesquieu d'après des documents nouveaux et inéditsChapitre 128 sur 263 · SUPPLÉMENT AUX LETTRES PERSANES · texte numérisé non relu

SUPPLÉMENT AUX LETTRES PERSANES

connaissent tout le mérite du Temple de Gnidc... Que si les gens graves désiraient de moi quelque ouvrage moins frivole, je suis en état de les satisfaire. Il y a trente ans que je travaille à un livre de douze pages qui doit contenir tout ce que nous savons sur la métaphysique, la politique et la morale, et tout ce que de très-grands auteurs ont oublié dans les volumes qu'ils ont donnés sur ces sciences-là.

En 1744, il publiait un Supplément aux Lettres persanes^ où l'on remarque une préface, qui nous apprend le succès du livre et qui plaide pour les passages irréligieux de ce chef-d'œuvre. Parmi les douze lettres qui sont ajoutées, quelques-unes sont insignifiantes et relatives à l'intrigue du roman. D'autres traitent du droit de conquête, des tribulations des gens d'esprit, des libéralités des princes envers les courtisans, de l'influence du climat. Le reste contient des correctifs à une théorie hardie du suicide et des doutes sur la prescience divine.

Ses manuscrits renferment, sous le nom de Suite aux Persanes S quarante et une lettres sur les affaires de France depuis la minorité de Louis XV jusqu'à la fin du ministère du cardinal de Fleury. Pourquoi ne les joignait-il pas à son Supplément?

En 1745» Montesquieu, nourri par la lecture de Machiavel et la fréquentation des hommes d'Etat, publiait dans un journal^ son œuvre de 1722, Si/Ua et

1 UlML ReeueU de /« Sodété d^Àgen, IS34. U château de U Bf6d0«

7* Mêf€mt dt Frometf février, 1 7 4&«

Eucraie^ avec cette note : c Ce qu'on fait dire dans ce c dialogue à Sylla, n'est que pour développer son c caractère, qui était celui d'un homme cruel et d'un c mauvais citoyen, et en même temps pour inspirer € de l'horreur et du mépris. »

On trouve, en 1747, un tirage à part du fragment néo-grec que Montesquieu avait inséré autrefois dans le Mercure de France. L'opuscule prend le nom de Voyage dans File de Paphos , s'augmente d'une préface mêlée de quelques vers au musc et s'enrichit d'un épilogue à la fleur d'orange.

En 1748, les Considérations parurent revues, corrigées et augmentées. L'ouvrage avait été retouché en entier : l'auteur y ajoutait au moins quarante pages ; les anciennes notes étaient, en général, supprimées, modifiées ou intercalées dans le texte. De nouvelles notes moins longues, de nouvelles citations s'ajoutaient à celles qui étaient conservées ; le style surtout était plus correct et plus soigné. Les phrases incidentes, les répétitions, les amphibologies disparaissaient; enfin, les Béotiens, dont Montesquieu, dans les premières éditions, avait approuvé la sagesse au milieu des dangers dont Rome menaçait le monde, n'étaient plus alors que les c plus épais de tous les Grecs, i Dans cette dernière, il supprimait définitivement l'apologie du suicide, qui pouvait flatter les opinions des philosophes du dix-huitième siècle, mais dont toute l'histoire démontrait la fausseté. Les Con* si dérations txneaixm^yT^ nouveau, le texte fut arrêté,

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