LES ANECDOTES DE T/ESPRIT DES LOIS
connaître les lois ou les mœurs du pays. Je crois, en outre, avec d'Alembert ' que notre gascon, c ayant à c présenter quelquefois des vérités importantes dont c renoncé absolu et direct aurait pu blesser sans c fruit, les a voilées... sans qu'elles fussent perdues c pour les sages, » et sans encourir la censure, dans des contes tirés de son propre fonds. Lord Brougham, qui lui a reproché ses anecdotes, n'aurait peut-être pas lu son livre s'il n'y en avait pas eu autant pour l'égayer ; et Fox a écrit à Burke : c Comme V Esprit c des Lois est supérieur à tous les ouvrages sur le c même sujet, en n'étant jamais ennuyeux '• »
On ' s*est étonné de l'érudition de Montesquieu en elle-même et au milieu de son siècle. C'est oublier qu'alors paraissaient les ouvrages des Bénédictins qui avaient entrepris de refaire l'histoire de France, en imprimant toutes les pièces justificatives qui concernent les matières générales, les provinces, les villes et la littérature ; enfin alors Secousse et Laurière publiaient les ordonnances de nos rois. Il faut ser^peler que notre auteur avait fait de fortes études chez les oratoriens^ et que, au sortir du collège, son père, ami de la science sinon savant lui-même, lui avait