‹ Histoire de Montesquieu d'après des documents nouveaux et inéditsChapitre 145 sur 263 · Voir eupra, paga · texte numérisé non relu

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208 CHAPITRB XVI.

mis entre les mains des livres de droit : on peut connattre les principaux. Grotius avait donné, en 1625, un livre traitant De bello et pace^ et Pufendorf, à son exemple, avait mis au jour, en 1672, un traité De jure geniium. Jamais on n'avait accumulé, à l'appui de préceptes du droit des gens, une pareille quantité de passages de la Bible, de fragments de lois romaines, de maximes ou d'histoires tirées des auteurs grecs et latins. BarbeyracS y ajoutant encore des notes nouvelles, traduisit en français ces ouvrages qui étaient en vogue au temps de la jeunesse de Montesquieu. C'est là qu'il a trouvé la plupart des citations qui donnent à son livre un air savant.

Si on demande d'où vient à notre auteur le goût des matières féodales, la réponse est facile. Il y a lieu de l'attribuer à sa qualité de baron de la Brède, et surtout à un autre motif. V Esprit des Lois était terminé avec le vingt-neuvième livre. Mais les lettrés et les gentilshommes étaient surexcités par une question qui d'historique était devenue actuelle^. Selon le comte de Boulainvillers, la Gaule ayant été subjuguée par les Francs, les vainqueurs y établirent leur gouvernement à part de la nation conquise qui fut destinée au travail et à la culture de la terre : donc la noblesse française

1. Barbeyrae esl le aeal eommentalear doni on fasse plus de cas qae de son auteur. II traduisit et commenta le fatras de Possendorf, mais il l'enrichit d*une préface qui fit seule débiter le lirre. Voltaire^ Beuchol, t. XLIII, p. 532.

2. Augustin Tliierr^v, Considération tur Vhhtoire de France, eh. il.

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