‹ Histoire de Montesquieu d'après des documents nouveaux et inéditsChapitre 148 sur 263 · LES IDÉES PARLEMENTAIRES. 2H · texte numérisé non relu

LES IDÉES PARLEMENTAIRES. 2H

de hautes autorités', Tinfluence huguenote des pamphlétaires du seizième siècle me parait avoir été faible sur lui, à moins qu'on y ajoute Tétude de la révolution protestante de 1688, une lecture suivie d'Hobbes et de Bayle , ses ennemis intimes , et la fréquentation évidente de Bodin^, qui croyait plus aux commandements de Dieu qu'à ceux de TEglise et qui a trouvé, en l'exagérant, la théorie du climat. Je puis encore faire une remarque plus générale. Presque tous les grands publicistes ont été accusés de fatalisme, de matérialisme, sinon de scepticisme, parce qu'ils acceptent les faits accomplis et qu'en les expliquant ils ont Tair de les excuser, parce qu'ils regardent les choses comme les instruments de l'histoire; parce qu'ils glorifient aisément les vainqueurs; parce qu'ils mettent souvent la raison d'Etat au-dessus de la liberté et qu'ils ne font pas assez la part de la Providence. Montesquieu était un grand publicisle.

Assurément il a médité à fond Aristote, Polybe et Machiavel ; mais ses idées parlementaires ne lui vieu nent pas d'eux. P. Leroux' les a attribuées à Hobbes, et M. Nourrisson^ tient pour Locke. L'honneur d'avoir

1. E. Caro, membre de rAcadéiuie franfiaise et de l^Académie des •ciences morales et politiques, Journal des Savante, août 1878, page 440. Robert Fliut, La Philosophie de V histoire de France^ trad. Carrau, page ^0.

Page 1