‹ Histoire de Montesquieu d'après des documents nouveaux et inéditsChapitre 149 sur 263 · Rfvue Sociale · texte numérisé non relu

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A. Politique de Bossuet, Didier. Puns.

trouvé plus juste me semble appartenir à M. E. Caro', quand il écrit : « les sources de Montesquieu furent « sans doute les pamphlets de vighs et des tories, « BOUS Georges II, qu'il dut consulter avidement penc dant son séjour en Angleterre. > Une preuve que l'auteur de l'Esprit des Lois avait lu les satires des Steele et des Swift', c'est qu'il n'a pas dédaigné de citer la Fable des Abeilles, de Mandeville*. Il est possible d'être plus précis. Notre observateur aimait à questionner les grands coupables, ces esprits faux presque aussi curieux à étudier que les hommes de génie et plus faciles à pénétrer : nous l'avons vu rechercher Boiineval, Law et le prince Eugène. On se rappelle que l'Esprit des Lois contient cette maxlmt.' qui est politiquement la plus bl&mable de l'ouvrage * :

t. Journal det Smanu, tofll 1BT8, piga 41T.

2. Il Hmblenil qua Honleaqaieu eûl loulu résumer loule !■ polémique religieuM do Swift ut le Tond de son aryumeTiUllan ordinaire, loraqu'll écrivit cette page que te doyen rie Sdint- Patrie li edt aigiiée : u Quel peal être le motir d'attaquer la reli^rion révélée en Anitieterre. « On \'j a lellemeal purgée do tout préjugé deatrueleur, qu'elle n'y Il peut Taire du mal et qu'elle t puut rairo au contraire une infinité Il de blani... En Angleterre, tuut homoie qui attaque la religion, l'at- 11 laque uni intérêt, et quand mi^me il aurait riisun dam le fond, il « lie ferait que détruire une inUniléde bieui praliqueipardea *éi1lé« ic purement «péeulaliien. n Swifi, Sa vu tl tet (£iifr<i, par Préroat- Paradol. 1856. Paria, Durand. — Voir aut^i Voyage de Gullii-er t> Brobdingniic , eliap. \i.

3. Etprii det luis, livre Vil, cliap. i, et livre XIX, ehap. tiii.

4. Il y a, dana les Etais où l'on Tait le pliia da ca« de la lilierlé, dea lola qui la violant contre un aeul pour la (lanicr i tau« Tela «ont, en An^-lelerre, te* bilU appelfa d'niteirufrc, lia ee rapportent i cm lois d'Atliilucs qui iLituaienl eontre un particulier, pourvu qu'elk»

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c U y a des cas où il faut mettre, pour un moment, un < voile sur la liberté. » Car les mesures d'exception accusent la faiblesse de ceux qui les emploient et compromettent la cause qu'elles veulent servir. Si Montesquieu avait vu l'usage que les Français ont fait des mises hors la loi pendant la Révolution, il eut regretté d'avoir aussi approuvé l'ostracisme des Grecs, les proscriptions des Romains. Si j'ose le dire, il avait ici surtout en vue le Bill (tatijfinder récemment porté contre Bolingbroke ', qu'il avait beaucoup connu sans l'estimer. Le ministre équivoque l'avait attiré et fréquenté, comme nous l'avons vu, au club de l'Entresol à Paris, où il profitait de son exil pour révéler à la France les secrets ressorts du gouvernement de son pays. Montesquieu le retrouva à Londres, chez leur ami commun lord Chesterfield , écrivant dans le Craftsman ses remarques sur V Histoire d'Angleterre^ ({u'admiraient Chatbam et Rémusat ', comme le meilleur tableau de la constitution de la Grande-Bretagne

ftaSMnt tkiin par le saffrage de six mille citoyens, lit le rapporteni à ees loi» qu'on faisait à Rome contre des citoyens partieollers, et qu'on appelait privilèges. Elles ne se faisaient que dans les grands états du peuple. Mais de quelque manière que le peuple les donne, Cicéron ▼eut qu*on les «ibolisse, parce que la forée de la loi ne consiste qu'en oe qu'elle statue sur tout le monde. J'aYOue pourtant que l'usage des peuples les plus libres qui aient Jamais été sur la terre me fait eroire qu'il y a des cas où il faut mettre, pour un moment, uo voile ■or la liberté, comme Ton cachait les statues des dieui. (Ut. XIl, chip. XIX.)

1. Ch. de Rémusat, L'Angleterre au IVIU* tiède. Paris, Didier, p. 396.

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