idem, ibid
en 1729. Voilà d'où est venu le fameux chq)itre vi du livre XL
Si je me suis trompé dans mes suppositions en cherchant les sources principales où Montesquieu pouvait avoir puisé, je demande qu'on m'excuse. Cette analyse n'a pas voulu rabaisser son gém'e ni satisfaire la jalousie de ses envieux; ma pensée a été toute opposée. La chimie, qui décompose les corps, enseigne à admirer l'auteur qui les a organisés.
Je n'ai voulu que prouver ce qu'un mattre a si bien résumé dans ces termes :
« Lui aussi, il prenait son bien partout où il le trouvait. Cette lecture immense et variée, cette fréquentation assidue des esprits les plus divers et les plus mêlés dans la vie du monde, cette curiosité universelle des hommes et des livres dont chacun laissait un passage dans cet esprit qui ne laissait rien perdre, une note, une observation, un trait d'esprit, une vue profonde, une saillie même, rien de tout cela n'a diminué en quoique ce soit Tori gin alité de Montesquieu. Il y a des esprits qui, en pensant par eux-mêmes, ne trouvent rien que de banal ; d'autres transforment tout ce qu'ils touchent et mettent leur marque même sur ce qu'ils empruntent. Tel se montre à nous Montesquieu dans la préparation de ses ouvrages. M. Robert Flint, dans sa récente étude sur YEsprit des lois, me parait avoir défini très-justement ce genre d'originalité qui survit par sa propre force à tant de lectures et d'emprunts. Montesquieu eut au plus haut degré ce don de personnalité inventive qui rend un homme capable de puiser avec Indépendance aux sources les plus diverses, et de se servir de ce qu'il acquiert ainsi conformément à un plan et à des principes qui lui appartiennent et en vue d'un butqu^ lui est propre. C'est là aussi le genre d'originalité d'Aristote e! d'Adam Smith... Néanmoins il dul beaucoup à nombre