‹ Histoire de Montesquieu d'après des documents nouveaux et inéditsChapitre 172 sur 263 · ANALYSE DU LIVRB VI · texte numérisé non relu

ANALYSE DU LIVRB VI

chant qu'à abaisser le cœur, doit être servile. La vertu, dans une république, demandant à chaque citoyen de sacrifier son intérêt à l'intérêt public, l'éducation doit chercher à y inspirer l'amour du gouvernement.

Le livre Y montre qtie les lois^ que le législateur donnej doivent être relatives au principe du gouver^ nement. L'état républicain doit tendre dans la démocratie, à l'égalité et à la frugalité ; dans l'aristocratie à maintenir l'esprit de modération. Comme la monarchie ne peut exister sans la noblesse, elle doit la soutenir et la rendre héréditaire. Montesquieu dit : c Quand les sauvages de la Louisiane veulent avoir c du fruit, ils coupent l'arbre au pied et cueillent le c fruit. Voilà le gouvernement despotique, i

Dans le livre VI, l'auteur indique les conséquences des principes des divers gouvernements par rapport à la simplicité des lois civiles et criminelles^ la forme des jugements et rétablissement des peines. Les lois dans l'état despotique doivent être simples. Dans l'état monarchique et dans le républicain, il faut qu'elles soient plus compliquées ; car à mesure qu'on fait plus de cas des biens de l'honneur et de la vie des hommes, il faut plus de précautions et par conséquent plus de lenteur à juger. Certes les peines tiennent aussi à la nature du gouvernement, mais leur but étant de prévenir tout ce qui peut nuire à la paix de la société, elles doivent être adoucies et proportionnées au crime ; la clémence même est nécessaire.

Le livre Vil montre les conséquences des difjfé^

rents principes des trois gouvernements par rapport au luxey aux lois somptuaires et à la condition des femmes. Le luxe doit être proscrit des républiques. Il en faut dans les états despotiques ; il en faut surtout dans les monarchies. Les lois somptuaires sont inutiles dans les gouvernements despotiques, elles sont fort bonnes dans les républiques; quant aux monarchies les riches doivent y faire la dépense conforme à leur fortune, sinon les pauvres ne sauraient y subsister. Dans les monarchies, les femmes font régner le luxe et la vanité ; dans le despotisme, elles sont un objet de luxe mais elles ne l'introduisent pas; dans les républiques, les femmes sont captives par les mœurs, aussi le luxe est-il banni de ces états avec le vice qui le suit.

Le livre VIII traite de la corruption des principes des trois gouvernements. La corruption du gouvernement commence presque toujours par celle de son principe. La démocratie a deux sources de corruption, l'esprit d'inégalité qui mène à l'aristocratie et l'esprit d'égalité extrême qui conduit au despotisme. L'aristocratie se détruit quand le pouvoir des nobles devient arbitraire. La monarchie se corrompt si elle enlève aux corps leurs prérogatives et leurs privilèges et rapporte tout à elle. Quant au gouvernement despotique, son principe se corrompt sans cesse, parce qu'il est corrompu par sa nature.

Les lois dans le rapport qu^ elles ont avec la force défensive et les lois dans le rapport quelles ont avec la

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