‹ Histoire de Montesquieu d'après des documents nouveaux et inéditsChapitre 174 sur 263 · ANALYSE DU LIVRE XV · texte numérisé non relu

ANALYSE DU LIVRE XV

Les livres XV, XVI ' et XVII ex[)liqueiit comment ks lois de C esclavage civile celles de C esclavage do^ mestiqiœ et celles de la servitude politique^ ont du rap-^ port avec la nature du climat. Elles doivent cherchée à en ôter les abus et les dangers. Le chapitre v du livre XV, sur YEsclavage des Nègres^ est un chefd'œuvre d'ironie : on n'a jamais stigmatisé avec une indignation plus amère et plus éloquente la doctrine des partisans de la traite des noirs.

Les lots dans le rapport qu'elles ont avec la nature du terrain^ avec les principes qui forment Fesprit gé^ néral les mœurs et les manières d*tme nation^ avec le commerce^ avec tusage de la monnaie^ avec le nombre des habitants^ sont traitées dans les livres XVIII, XIX, XI, XII et XXIII. Montesquieu y montre l'influence du terrain sur la liberté, y établit que tous les vices politiques ne sont pas des vices moraux et que tous les vices moraux ne sont pas des vices politiques ; fait l'éloge du commerce, explique l'usage de la monnaie et l'utilité deTintérèt, enfin étudie la population avec une

élre relatives et à U différenee de ees pusiODf, et à U différenee de ces earactèret.

Les peuples des pays chauds sont timides comme les vieillards le sont; ceu& des pays firoids sont courageui comme le sont les Jeunes gens.

Les mauvais législateurs sont ceux qui ont favorisé les vices du eli« mat, les bons sont ceux qui s'y sont opposés.

Plus les causes physiques portent les bommet au repoe, plus les causes morales les en doivent éloigner.

1 . La cbose du monde la meilleure par sa nature est rattafihemeni unique à sa ramille. (I.iv. XVI, ch. IV )

indépendance au-dessus de son siècle'. Ces livres, quels que soient les erreurs qu'ils contiennent font entrer l'économie politique dans l'histoire : service immense pour l'explication des problèmes sociaux'.

Les livres XXIV et XXV s'occupent des loisj dans le rapport quelles ont avec la religion établie dans chaque pays^ considérée dans ses pratiques et en ellemêmef et des lois dans le rapport qu^elles ont avec rétablissement de la religion de chaque pays, et sa police extérieure. Bayle a prétendu qu'il valait mieux être athée qu'idolâtre. C'est un sophisme. Il est très utile qu'on croie à l'existence de Dieu : de l'idée qu'il n'existe pas suit l'idée de notre indépendance et de notre révolte. Quand il serait inutile que les sujets eussent une religion, il ne le serait pas que les princes en eussent et qu'il blanchissent d'écume le seul frein que ceux qui ne craignent point les lois humaines puissent avoir. La question n'est point de savoir s'il vaudrait mieux n'avoir pas de religion que d'abuser de celle qu'on a, mais bien, quel est le moindre mal, que l'on abuse quelquefois de la reUgion ou qu'il n'y

1. Autrefois chaque village de Franee dtAii une eapiUIe; il n'j en a aujourd'hui qu'une grande. Chaque partie de l'État était un centre de puissance ; aujourd'hui tout se rapporte à un centre, et ce centre est, pour ainsi dire, l*Ëtat même. (Liv. XX!!!, ch. xxiT.)

2. Un homme n'est pas pauvre parce quil n*a rien, mais parce qu'il ne trayaille pas. Celui qui n'a rien et qui a un métier n'est pas plus pauvre que celui qui a dix arpents de terre en propre et qui doit les travailler pour subsister. L'ouvrier qui a donné i^ ses enfants son art pour héritage leur a laissé un bien qui s'est multiplié à proportion de leur nombre. [Liv. XXIII, chap. xxii.)

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