‹ Histoire de Montesquieu d'après des documents nouveaux et inéditsChapitre 175 sur 263 · ANALYSE DU LIVRE XXVI · texte numérisé non relu

ANALYSE DU LIVRE XXVI

en ait. point du tout. La nécessité de la religion ainsi établie, Montesquieu étudie le rapport de la religion avec le gouvernement, avec la morale, avec les lois civiles, avec le climat, avec le genre de vie et les localités d'un pays.

Conmie complément et application de ces prémisses, Fauteur parle du motif d'attachement qu'on a pour les diverses religions, de la police extérieure de la religion, telle que les temples, les ministres, des richesses du clergé, des monastères, du pontificat. Les moyens de conserver la religion et la propagation, la tolérance en fait de religion et les lois pénales en fait de religion, complètent le sujet qui est traité en homme d'état ^

Après avoir parcouru les problèmes qui touchent à l'établissement des sociétés et au maintien des gouvernements, le livre XXYI s'occupe des lois dans le rapport quelles doivent avoir avec tordre de choses sur lesquelles elles statuent. Il y a différents ordres de lois, tels que le droit naturel, le droit ecclésiastique, le droit des gens, le droit de conquête, le droit civil, etc., et la sublimité de la raison humaine consiste à savoir auquel de ces ordres principalement les choses sur lesquelles on doit statuer et à ne point mettre de confusion dans les principes qui gouvernent les hommes.

Les deux Hvres suivants, le XXVII et le XXVIII, intitulés : Origine et révolution des lois des Romains

1 . La religion, même fausse, est le meilleur garant que les hommes puissent avoir de la probité des hommes. (Lir. XXIV, chap. viii.)

sur tes successianSy et Origine des révolutions des lois civiles chez les Français^ cootiennent Thistoire des diverses législations du moyen âge. Us servent à expliquer certaines parties des législations modernes.

Enfin, dans le livre XXIX, on trouve traité la ma^ nière de composer les lois. Montesquieu Ta résumée ainsi : c Je le dis, et il me semble que je n'ai fait cet c ouvrage que pour le prouver : Tesprit de modération c doit être celui du législateur; le bien public conune c le bien moral , se trouve toujours entre deux li-

c mites. »

En somme, la théorie et la philosophie de Montesquieu paraissent très clairement exprimées dans son célèbre livre XL Le chapitre des lois qui forment la liberté politique est l'analyse d'un système de gouvernement que les poUtiques anglais s'étaient jusqu'alors contentés de pratiquer. La séparation des pouvoirs, le jugement par les pairs, la garantie de la liberté individuelle, l'établissement de deux chambres législatives, voilà quelles sont pour lui les conditions de la liberté poUtique. La constitution anglaise réunissant toutes ces conditions, il y trouve l'idée absolue d'un gouvernement, et tout le reste lui paraît utopie et rêve. A la fin du chapitre de la Constitution d^Angkterre^îl l'avoue :

a Harrington, dans son Océana^ a aussi examiné c quel était le plus haut point de la liberté où la conc stitution d'un État peut être portée. Mais on peut « dire de lui qu'il n'a cherché cette iiberté qu'après

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