‹ Histoire de Montesquieu d'après des documents nouveaux et inéditsChapitre 245 sur 263 · RBMARQ0B8 DE FRÉDÉRIC II · texte numérisé non relu

RBMARQ0B8 DE FRÉDÉRIC II

Frédéric souligne cette phrase et ajoute :

Très-vrai et très-solide. L^imagination frappée du soldat est un fantôme imaginaire qui gagne plus de batailles que la force réelle, ou la supériorité de Tennemi.

Sur le texte de Montesquieu (ch. iv) :

Les conquêtes sont aisées à faire, parce qu*on les fait avec toutes ses forces; elles sont difficiles à conserver, parce qu*on ne les défend qu'avec une partie de ses forces.

Le roi de Prusse met :

Témoin Louis XIV, qui fit rapidement la conquête de la Hollande, et qui fut obligé d'abandonner les villes avec autant de précipitation, qu'il les avait prises avec promptitude.

La Grandeur des Romains dit (ch. v) :

Leur monarchie (celle des rois de Macédoine) n'était pas du nombre de celles qui vont par une espèce d'allure donnée dans le commencement : continuellement instruits par les périls et par les affaires, embarrassés dans tous les démêlés des Grecs, il leur fallait gagner les principaux des villes, éblouir les peuples, diviser ou réunir les intérêts; enfin ils étaient obligés de payer de leur personne à chaque instant.

Frédéric met au-dessous :

Ces rois de Macédoine étaient ce qu'est un roi de Prusse et un roi de Sardaigne de nos jours.

Montesquieu écrit (ch. zi) :

Fallut-il faire la guerre à Sertorius? on en donna la commission à Pompée. Fallut-il faire la guerre àMitbridate? tout le monde cria Pompée, etc.

L'annotateur met en marge, de son écriture la plus fine :

11 ii*y a qu'à être à la mode dans le monde ; avoir le bonheur de plaire et avoir fait une action capable d*éblouir. Mais ]e malheur est que les modes passent et que personne ne peut se vanter d'avoir joui longtemps de ce préalable.

Le texte porte (ch. xi) :

Enfin, il (Pompée) s'unit d'intérêts avec César et Crassus : Caton disait que ce n'était pas leur inimitié qui avait perdu la république, mais leur union.

La note approuve ainsi :

Tant il est dangereux de se confier sans réserve à un ami, qu'aucun lien ne vous attache que celui de la politique : ou voit journeUement des exemples que de pareils amis se trahissent, qu'ils se détestent, qu'ils se persécutent, après avoir paru indissolublement attachés les uns aux autres. Ce n'était pas l'amitié qui les unissait, c'était l'intérêt; et dès que cet intérêt n'avait plus lieu, on secouait le joug du prétexte et on suivait le principe.

Montesquieu fait cette réflexion (ch. zn) :

Je crois que si Gaton s'était réservé pour la République, il aurait donné aux choses tout un autre tour. Cicéron, avec des parties admirables pour un second rêle, était incapable du premier; il avait un beau génie dans une âme trop souvent commune; l'accessoire chez Cicéron, c'était la vertu; chez Caton, c'était la gloire. Cicéron se voyait toujours le premier : Caton s'oubliait toujours ; celui-ci voulait sauver la République pour elle-même, celui-là pour s'en vanter.

Frédéric s'écrie :

Pourvu qu'un citoyen contribue au bien publicl S'il le fait

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