SON ENFANCE
vait jamais être six mois sans venir le voir avec ses échasses, fùt-il à Paris.
Pendant cette période, l'enfant ne parla que le patois : à quoi des hommes compétents attribuent les solécismes, les idiotismes et même les barbarismes qui se remarquent dans tous ses ouvrages '.
Le marquis de Mirabeau raconte : c Je disputai c même Montesquieu, et un jour que nous criions en t vrais méridionaux, il me dit, avec son accent gascon : c Que dé génie dans cette tèté-là ! et quel dommage c qu'on n'en puisse tirer que dé la fougue ^. » Telle était sa prononciation. <c Et, dit d'Argenson ', il trouve c en quelque façon au-dessous de lui de s'en corric ger. » Il écrivit toujours Bourdeaux ^, et prononçait son nom Montesquiou; aussi beaucoup^ de ses contemporains le désignent-ils ainsi.
Ensuite ses parents le retirèrent au château et lui firent l'honneur de le prendre pour parrain de son frère, Charles-Louis-Joseph, le futur abbé.
1. Walckenaer, Archive» Huit, de l* Europe, t. II, 1804 ; — M. lleyer, Etudes de critique, Paris, Didoi, 18S0, p. 221 ; — Sainte- Beuve, ibid,; ^ Voltaire-BeucKot, Lettre du 2S novembre 1768 â Marmoutel; — J.-J. Rousseau, Lettre à Moultou, 11^2;^ Lettre pertane 72.
2. Loménie, Correspondant du 2& décembre 1871, les Mirabeau. I. Loiâirêd^M miniêire. Liège, in-8, 1787, t. Il, p. 63.