‹ Histoire de Montesquieu d'après des documents nouveaux et inéditsChapitre 28 sur 263 · Voir loutes ses leUres à Guasco · texte numérisé non relu

Voir loutes ses leUres à Guasco

6. Holberg, voir, tn/râ, ebap. xxiii; ^ Bibliothèque raisomiée des sovoms de VEmrope. Amsterdam, 1747 ; — Roi de Sardaigne^ ehap. z, infrà; — * Lettrée jnivu^ lii-12. La Haye, P. Paupier, 1766, p. 828.

18 CHAPITSB II.

On vient de publier ' une page du journal de M. de Secondât, qui renfenae de sa femme ce portrait bien précieux pour notre temps où l'atavisme prend une si grande place.

Comme pluaieurs de mes eoraos De peuveot avoir aucuoe idée de leur mère, je leur dirai sincèrement que c'était une des plus dignes pcrsoDoes qu'oD peut voir. Elle était fille de feu H. Pierre Penel, baron de la Brcde, et de feue Marie de Lasserre, l'une et l'autre de aoble extraction, particulièrement H. de la Brède.

Elle était d'une taille raisonnable, inflniment douce, d'une physionomie cliarmantc. Elle avait l'cRpril d'un bommc; habile pour les aiTaircs sérieuses, nul goût pour les bagatelles, une tendresse pour ses enfans inexplicable, un soin continuel pour toutes les choses de son devoir, une piété solide qui allait à tout, et particuliËrcmcnt une passion pour les pauvres, si dominante qu'elle se serait volonlierg rendue leur semblable en leur donnant tout, si la considération de son état ne l'en eût empêchée. Elle servait particulièrement la religion.

Sa lecture ordinaire élait le Nouveau Testament. Je luy ay trouvé une discipline et une ceinture de fer dont elle avait fait un bon usage et dont je ne m'étais point aperçu.

Elle mourut, comme elle avait vécu, à Bordeaux, le 13 octobre lOO'i, ledix-huilicme jour des couches do Marianne, âgée de trente ans onze mois etquinzc jours. J'avaisdemcurc dix ans cl quelques jours en sa compagnie, n'ayant jamais reçu d'elle aucun sujet de peine et de chagrin que celui du l'avoir perdue à la lleur de l'&ge et dans le bas &ge de mes enfauB.

Tulle était la nièro de Montesquieu.

1, TuiiiUV]' du La Itutiuu, lltvui tumiiiae, 27 ;iviil I87S.

AU COLLiGB. Id

Madame de Secondât ^ mourut ainsi, quand son fils atné n'avait que sept ans ; mais elle avait eu le temps de lui apprendre à dire sa prière. Heureux privilège ! Les grands incrédules du dix-huitième siècle, Gibbon et Volney, ont peut-être manqué du sentiment de la religion parce que leur enfance, cette fleur de l'àme, ne s'était pas ouverte sous les douces caresses d'une mère.

M. de Secondât était un père aussi tendre qu'instruit; il avait donné les meilleurs soins à préparer l'éducation de son fils dont U avait, dit-on^, deviné l'avenir. La perte de sa femme, en présence de six enfants , le décida à mettre au collège l'atné , qui y était propre à tous les points de vue.

La maison qui passait alors dans la noblesse pour offrir les plus sérieuses garanties d'éducation, d'instruction et d'hygiène, était celle des oratoriens de Juilly, près Meaux, avec son antique manoir, son grand parc, ses belles eaux et son air pur. Sa réputation est encore méritée aujourd'hui, comme son dernier chroniqueur le prouve ', en citant les élèves qui l'ont illustrée, tels que Berryer et le P. Gratry.

La Brède entra dans ce collège le il août 1700 et le quitta le 41 août 1705. Ses principaux professeurs, les PP. Graveron et Gaichiez, étaient des écrivains distingués dans leur ordre.

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