IV INTRODUCTION
d'Aristide ou comme les Romains de Juvénal relaient de la probité : laudatur et alget. L'expérience m'aj)prit enfin toute la vérité. Il n'est très-intéressant et très-instructif que quand il est devenu très-clair, c'està-dire à mesure qu'on possède mieux sa vie et son siècle.
Alors j'ai eu l'idée d'écrire sa biographie pour encourager le public à ouvrir ses livres, l'aider à s'y plaire et lui permettre de les comprendre, ou du moins pour en fournir quelques citations précises et en donner une idée exacte aux gens qui veulent en parler quand même.
Une hésitation m'est venue. Nous ne sommes plus au temps' où Montesquieu passionnait les esprits, où Marat concourait pour son éloge, où les Conseils des Anciens et des Cinq Cents proposaient de lui rendre les honneurs du Panthéon, où un employé des douanes faisait un poème de vingt-six chants à sa gloire, et où ses œuvres se vendaient à une ou deux éditions par année. Un libraire m'a dit récemment : c La moitié de Montesquieu est morte € avec l'ancien régime, et l'autre est entrée dans c nos institutions, en sorte qu'il n'y a plus lieu de le € réimprimer. »
Je persiste dans mon projet, par reconnaissance
1, Voir, infrn, ficriU «ir Montesqaleu par ordre de date.