LE MARQUISAT DE MONTESQOIED
« blesse prouvée, cependant j'y suis attaché et je a serais homme à faire des substitutions. j>
Ensuite sa résolution fut d'augmenter ses titres nobiliaires. Une lettre à son adresse, gardée aux archives départementales de la Gironde, prouve qu'il avait fait des démarches à ce sujet.
Du 15 décembre 1731.
... J*ai appris, MoQsienr, avec bien du plaisir que vous faisiez ériger Montesquieu en marquisat. Je souhaite que ce soit bientôt et que vous puissiez faire ce que vous souhaitez, et que je puisse voua rendre mon hommage en cette qualité...
Redon de Sainï-Fort.
Mes recherches ne m'ont pas permis de savoir si son instance fut couronnée de succès ; toutefois dans un inventaire de production, le syndic de Bordeaux, l'appelle, à la date du 9 juin 1733 : « Messire Charles- « Louis de Secondât, chevalier, seigneur, marquis de « Montesquieu. »
Le grand soin des familles nobles doit être surtout de faire des alliances aussi pures qu'elles et aussi longuement formées à la vertu, afin que les enfants qui en naîtront, puisant à cette double source des principes élevés, se portent d'abord vers le beau et pratiquent le bien. Le seigneur de La Brède maria donc son fils aîné « à dame Marie-Catherine-Thérèse de la Tour de Mons, baronne de Soussans ; » Marie, sa première fille, épousa « messire Joseph-Vincent de Guichanère d'Armajan, conseiller du roi, chevalier d'honneur à la
i38 CHAPITRE XI.
cour des aydes de Guyenne. > Enfin ce fut à messire Godefroy de Secondât qu'il donna sa seconde fille, Denise, avec les baronnies de Montesquieu et de Montagnac. Cette dernière union parait avoir fort excité sa sollicitude, si on en juge par plusieurs lettres inédites, où il dit entre autres choses : c U y a furieusec ment de la baronnie dans notre famille ^ >
Pour faire voir jusqu'où allaient ses idées nobiliaires, il faut lire les lignes suivantes'.
Je soussigné, étant en mon bon sens, j'ai fait mon testament tout écrit de ma main, ainsi que suit...
Je déclare avoir été marié avec dame Jeanne de Lartigue, et que de notre mariage il est provenu trois enfants qui sont actuellement vivants, savoir : Jean-Baptiste de Secondât, Marie de Secondât, ma fille aînée, et Denise de Secondât, ma fille cadette.;
Que j*ai marié mon fils avec..., ma fille ainée avec..., et ma fille cadette avec..., et que dans ces mariages, outre mon devoir, j*ai eu principalement en vue d'avoir des héritiers de mon nom. C'est dans ce même objet que j'ai fait mon testament.
Je déclare que, dans le contrat de mariage de mon fils, je lui ai constitué la somme de 210,000 livres.
J'institue mon dit fils mon héritier général et universel. Je substitue ma terre de La Brède à son fils, mon petit-fils, et à ses autres enfants mâles, s'il venait à en avoir, suivant l'ordre de primogéniture. Et, en cas que mon fils mourût sans enfants mâles, je substitue ladite terre aux enfants mâles de ma fille puînée, Denise de Secondât, suivant l'ordre de primogéniture, ma quelle fille puînée est mariée avec