‹ Histoire de MontesquieuChapitre 102 sur 274 · Labat, Recueil de PAcaiUmie iPAgen · texte numérisé non relu

Labat, Recueil de PAcaiUmie iPAgen

2. Ârehivei départementales de la Gironde^ série fi. Registre eontenant rinsîDuation des substitotioDS apposées dans les testaments.

TESTAMENT DE MONTESQUIEa. 139

M. de Secondât, mon cousin. Et je toux que cette substitution soit graduelle de mâle en mâle. Et comme il y a, dans ma dite terre de^ La Brède une maison appelée de Lartigue qui doit revenir à mes enfants comme appartenant à M. de Montesquieu, et n'est ni ne peut être comprise dans ladite substitution, je ne veux pas que mon héritier puisse la vendre noble ni Tanoblir au préjudice de la substitution, mais la vendre comme roturière et relevante de ladite terre.

Je veux que le contrat de mariage de ma fille atnée, mariée avec M. Darmajan, soit exécuté suivant sa forme et teneur. Je lui donne en outre vingt mille livres, et en cas que les dix mille livres que je lui ai données par son contrat de mariage, les vingt que je lui donne présentement et qu'elle pourrait prendre peut-être en vertu du testament de M. et madame de Lartigue n'allassent pas jusqu'au total de la légitime paternelle, je lui donne encoi*e le surplus, en sorte qu'outre la légitime maternelle, elle ait encore autan 1 que se pourrait monter la légitime paternelle, comme aussi si lesdites sommes excéderaient le montant de la légitime paternelle, je veux qu'il en soit autant retranché sur la somme de vingt mille livres que je lui donne aujourd'hui et" en laquelleje l'institue mon héritière particulière, la rappelant pour l'effet susdit seulement, voulant qu'au surplus son contrat de mariage sorte son plein et entier effet. Je don ne et lègue à ma fille puînée de Secondât, sa légitime telle que de droit et de coutume, et en ce je l'institue mon héritière particulière, dans laquelle elle imputera ce que je lui ai constitué de mon chef par son contrat de mariage.

C'est la disposition de ma dernière volonté, que j'ai toute écrite de ma main dans une feuille de papier que j'ai signée au bas de chaque page et à la fin d'icelle, après l'avoir lue et relue, voulant que la présente disposition vaille comme testament, codicille, donation à cause de mort, et en la meilleure forme qu'elle pourra valoir.

Fait à Paris, le 26 novembre 1750.

Signé : Secondât, baron de Montesquieu et de La Brède,

C'est alors, je le soupçonne, que fut composé un morceau inédit sur les successions^^ où il propose d'établir l'égalité des partages, de conserver dans la classe noble seulement les droits d'aînesse et de transmettre dans cette classe tout l'héritage à l'aîné des mâles, à l'exclusion des autres enfants.

Ces détails de généalogie et de noblesse paraissaient déplacés à d'Alembert*, enfant naturel non reconnu de sespèreetmère, mais fils adoptif de M. Josse, l'orfèvre de Molière ! D'ailleurs, puisque les ouvrages et la conduite de Montesquieu ont montré qu'il tenait aux privilèges de la naissance, j'ai traité sa mémoire, comme il voulait qu'on fit sa personne *.

Cependant je dois me joindre aux observations que M. de Raynal, procureur-général de la Cour de cassation, a faites* sur Y Esprit des Lois : « Montesquieu, ditil, passe sous silence les institutions municipales. Il semble ignorer la place qu'elles tenaient dans le monde romain et celle qu'elles ont eue dans notre histoire. Il ne parle qu'en passant des affranchissements des communes, pour indiquer ^ue les chartes qui les consacraient formèrent une partie de nos coutumes. Le caractère et la portée de la grande révolution communale des douzième et treizième siècles lui

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