Audibert, Piviarque français^ in-8^ 1842, vo Montesquieu
4. Gourde cassation. Audience de rentrée, 3 novembre 18G5. Paris, Gosse, in-8.
LIS DROIT DE CHASSE A LA BREDE. i4i
échappent ; il ne tient pas compte des garanties que les citoyens peuvent trouver dans une forte organisation de la commune. »
De tels oublis s'expliquent par la position féodale de l'auteur. Qui est-ce qui n'a pas les opinions de sa profession? Quelques mauvaises langues de son temps ont raconté à Chamfort * , qui l'a écrit, que Montesquieu était un seigneur fort jaloux de ses droits. Elles auraient pu citer ce passage féroce d'une de ses lettres inédites du 8 mars 1752 ^ :
Les braconniers chassent sur nos terres. Ces vagabonds sont sans respect pour les propriétés. Ils font cent fois plus de mal à nos moissons que les renards et les blaireaux. On sera obligé de tendre des pièges pour diminuer l'espèce de ces animaux bipèdes...
Je suis heureux de pouvoir répondre à ces accusations vagues et à ces gasconnades, par la manière dont il jouissait de ses privilèges principaux, le droit de justice et celui de chasse : l'un de mes documents émane d'un Bordelais^, qui l'avait presque connu.
Le président de Péchard, son voisin de campagne, allait à La Brède. TI trouva une pauvre femme qui, ne le connaissant pas, lui proposa d'acheter une paire de perdrix. Il la fit mettre derrière sa voiture et la força de le suivre jusqu'au château. Il la présente à Montesquieu : « Vous voyez, lui ditil, à quoi aboutit votre indulgence : les braconniers dévas-
t. (ouvres comptéies, Anecdotes.