‹ Histoire de MontesquieuChapitre 11 sur 274 · X INTRODUCTION · texte numérisé non relu

X INTRODUCTION

comme Maupertuis et Solignac, lorsque, en 17S5, à l'Académie de Berlin et à celle de Stanislas, ils prononcèrent un éloge de Montesquieu rempli de renseignements semblables et faux. C'était la légende familière qui se faisait, comme le premier pas, sans qu'on y pense.

Vous trouverez partout le morceau que madame ^ d'Aiguillon elle-même appelait c l'apothéose de Montesquieu '. » D'Alembert le publia deux fois. En tète du cinquième volume de Y Encyclopédie y au mois de novembre 17S5, il l'accompagna de cette note : < La « famille a eu la bonté de nous fournir les mémoires « dont nous avions besoin. » Dans ses œuvres posthumes revenant sur une anecdote, il ajouta : c Ce « détail n'est pas exact, quoique nous l'ayons rap- <K porté d'après un Mémoire que la famille nous avait « fourni. » Je ne vois dans cet éloge qu'une légende philosophique, écrite par un sectaire qui veut absolument se faire un complice de plus.

Le morceau oratoire de Villemain sur Montesquieu est un des chefs-d'œuvre de l'éloquence appliquée à la critique littéraire, et l'apologie du gouvernement constitutionnel. Mais le genre ne comportait pas les particularités qui nous charment tant aujourd'hui et qui peignent mieux que l'art le plus consommé.

1. Correspondance de madame du Deffand^ édit. M. de Lescure. PariS; Pion; Lettre de Paris, 3 octobre 1755.

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