SUPÉRIORITÉ DE CE LIVRE
est .tantôt, comme Bossuet ou Corneille, noble, sublime, pittoresque, imprévu ; tantôt, comme Tacite ou Salluste, court et fort ; quelquefois aussi, antithétique comme Florus. Son art consiste dans la justesse et dans la vivacité des pensées. Il peint, parce qu'il a vu; il enchaîne les détails, parce qu'il connaît les rapports ; son élégance n'est que de la précision, son énergie que de la profondeur, et la vivacité de ses tours résulte du mouvement naturel de son ftme qui frappe l'imagination du lecteur et met en mouvement toutes ses facultés.
Cependant ce livre a des défauts. Il contient des phrases où l'auteur, à force d'avoir voulu être sententieux, est obscur, et d'autres où les pensées ne sont pas toujours clairement exprimées et manquent de transition. L'érudition actuelle * lui reproche de n'avoir pas connu les origines de Rome, l'essence de sa religion, les transformations de ses lois, l'organisation du patriciat et celle de la famille.
Si un homme peu lettré demande pourquoi tous les travaux sur Rome ont passé, tandis que celui-ci est resté; pourquoi V Histoire romaine de M. Mommsen est déjà passée de mode, tandis que les Considérations font partie des classiques universels ? c'est que le plus beau caillou du Rhin ne vaut pas le moindre diamant. « C'est que, comme dit fort bien € le dernier éditeur *, Montesquieu étudie non point