‹ Histoire de MontesquieuChapitre 151 sur 274 · POLYBE ET CICÉRON · texte numérisé non relu

POLYBE ET CICÉRON

de la Constitution romaine, permettent d'ajouter un chapitre à la politique de l'antiquité.

Pour ces publicistes l'autorité fut, à l'origine, l'apanage de la force. Peu à peu les idées du juste et de l'injuste se répandirent dans les esprits. On chercha alors à gouverner par l'équité ; mais les chefs, éblouis par l'éclat du commandement devinrent des tyrans. L'aristocratie succéda à la tyrannie, l'oligarchie à l'aristocratie et la démocratie à l'oligarchie. Les plus sages législateurs ont essayé de combiner, en les modérant l'un par l'autre, ces trois gouvernements. Polybe et Cicéron, retrouvent dans la Constitution romaine, au moment des guerres puniques, ces trois gouvernements mêlés avec tant d'art qu'il leur semble impossible de les démêler : le Consulat, c'est l'oligarchie ; le Sénat, c'est l'aristocratie ; le peuple, c'est la démocratie. Telle est la Constitution que ces publicistes nous présentent comme l'idéal.

Après cette théorie, on constate l'influence du stoïcisme et surtout celle du christianisme ^ sinon sur le gouvernement au moins sur la jurisprudence de Rome. Ce sont eux qui inspirent ces nouvelles et admirables sentences du Digeste : « Vivre honnêtement. « Ne faire tort à personne. Rendre à chacun le sien. « Le contrat tire son origine de l'affection réci- « proque et du désir de se rendre service, car la « société repose sur un certain droit de fraternité. Il

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