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Pensées diverses

3. Sainte-Beuve, Chateaubriand et son groupe, Paris, M. Lévy.

très-versé dans Tbistoire administrative de la Guyenne, m'assure que Montesquieu y a puisé vingt faits qu'il a généralisé dans VEsprit des Lois. Ainsi, quand il se plaint ' de la mauvaise rédaction des Coutumes, il a certainement en vue celles de Bordeaux; il a emprunté un ancien usage du Médoc, quand il propose de donner des prix aux agriculteurs^.

Ses plus ordinaires instruments de travail étaient les livres et les extraits ', faits par ses ordres, dans un grand nombre de volumes. Il lisait toujours la plume à la main, mettant volontiers sur les marges et sur les gardes^ des imitations^ ou des notes dans un style digne de Marot et de Rabelais. Son mot le plus fré- « quent était : « Le malheur de certaines lectures, € c'est qu'en lisant, il faut se tuer à réduire ce que « l'auteur a pris tant de peine à amplifier *. »

11 existe six volumes in-quarto d'extraits et de réflexions, écrits par lui. Walckenaêr* a été étonné, en les parcourant, que les pensées les plus remarquables et les plus profondes lui avaient souvent été suggérées par des ouvrages frivoles.

1. Esprit detLoU, li?. XX VIII, ch. XLV; — Lamothe, Coutumes du ressort du Parlement de Bordeaux, 2» Esprit des Lois, li?. XIV, ch. ix.

3. Montesquieu avait écrit ou fait copier treille volumes in-folio sur les lois, pour composer son sublime ouvrage, dit le Marquis de Forlia. Autographes de savants, réunis par Grille. Paris, 2 vol. in-12, 18S3« l^vol., p. 51.

4. El. Charavay, Amateur d* autographes, n» de février 1874 ; — Tallemanl des Réaux, édit. Monlmerqué, et Paris, t* II, p. 305.

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