ANALYSE DE L'ESPRIT DES LOIS
Cicéron, donnant un sens assez étrange^ au mot mater, et expliquant cette devise par « livre sans modèle, » l'ont traitée de « présomptueuse. » Madame Necker* et Suard^ tenaient leur explication de Montesquieu. « Pour faire de grands ouvrages, leur a-t-il « dit, deux choses sont utiles : un père et une mère, « le génie et la liberté... Mon ouvrage a manqué de « cette dernière. »
Qu'on m'excuse ! 11 me semble utile de donner ici une analyse de ce livre, non pour en tenir lieu, mais au contraire pour encourager à le lire; elle peut-être bonne à l'intelligence de mon travail. Les principales sont de Maleteste*, de Bertolini* et de d'Alembert*. J'en ai choisi une plus concise, celle de M. Riaux', sans m'interdire d'y faire quelques modifications.
« V Esprit des Lois est divisé en trente et un livres, divisés eux-mêmes en un nombre variable de chapitres. En général, Montesquieu multiplie les divisions : c'est sans doute ce qui explique l'extrême brièveté de certains chapitres de Y Esprit des Lois y qui forment à peine chacun un très-court alinéa.