Encyclopédie y V^ volume
7. Dictionnaire des sciences philosophiques, par M. Ad. Franck, Paris, Hachette, 1875. V» Montesquieu.
« Le but de l'auteur, dans cet ouvrage, n'est point d'exposer un plan de gouvernement, ni un système de législation, ni la description d'une société idéale. . . Son but, à la fois spéculatif et pratique, est celui-ci : étant donnée la nature humaine, avec ses conditions variables d'existence dans le temps et dans l'espace, comment la diriger politiquement et civilement, pour que les hommes soient le plus heureux possible et accomplissent le mieux leur destinée?...
« Quoique la métaphysique pure soit absente de Y Esprit des Lois^ il était impossible à l'auteur de ne pas signaler, au moins en quelques mots, les principes d'où il part, et qui sont impliqués dans le cours de l'ouvrage. C'est aussi par là qu'il débute. Le livre P' intitulé Des lois en général se divise en trois chapitres, qui ont pour titre, le premier : Des lois dans les rapports qii elles ont avec les divers êtres; le deuxième : Des loifi de la nature; le troisième : Des lois positives. Dans le premier chapitre, Montesquieu donne des lois celte définition célèbre : « Les lois, dans la signification la plus étendue, sont les rapports nécessaires qui dérivent de la nature des choses ; et, dans ce sens, tous les êtres ont leurs lois : la divinité a ses lois, le monde matériel a ses lois, les intelligences supérieures à l'homme ont leurs lois, les bêtes ont leurs lois, l'homme a ses lois. » Partant de cette définition profonde qui exclut toute idée d'un, fondement artificiel et arbitraire à l'établissement et à la conservation des sociétés, Montesquieu pose, presque comme un fait