ANALYSE DU LIVRE II
Après ce début, Montesquieu traite, dans le IP livre, des lois qui dérivent directement de la nature du gouvernement. Il distingue trois espèces de gouvervemements, le républicain^ le monarchique, et le despotique. « Le gouvernement républicain est celui « où le peuple en corps, ou seulement une partie du « peuple, a la souveraine puissance; le monarchique) « celui où un seul gouverne, mais par des lois fixes et « établies; au lieu que, dans le despotique, un seul; a sans loi et sans règle, entraîne tout par sa volonté et « par ses caprices, » 11 détermine en particulier le caractère essentiel des lois propres à chacune de ces espèces de gouvernement et indique à quel point de vue il faut se placer pour faire de bonnes lois politiques et civiles sous la république, la monarchie ou l'autocratie. « Le peuple, dit-il, dans la démocratie, « est à certains égards le monarque ; à certains autres, « il est le sujet. La volonté du souverain y est le sou^ « verain lui-même. Les lois qui établissent le droit dé « suffrage sont donc fondamentales dans ce gouverne- « ment. » Le peuple nomme ses magistrats : la publicité du scrutin est donc nécessaire dans une démocratie. C'est l'inverse dans une république aristocratique, comme à Venise. L'aristocratie peut être un élément utile dans une république. Plus une aristocratie approchera de la démocratie, plus elle sera parfaite ; elle le deviendra moins à mesure qu'elle approchera de la monarchie.
« Les pouvoirs intermédiaires subordonnés et dépen-
dants constituent la nature du gouvernement monarchique, de celui où un seul gouverne par des lois fondamentales ; car s'il n'y a dans l'Etat, pour tout régir, que la volonté momentanée et capricieuse d'un seul, rien ne peut être fixe et, par conséquent, aucune loi n'est fondamentale. Le pouvoir intermédiaire le plus naturel est celui de la noblesse. Sans elle, on tombe dans le despotisme ou dans la démocratie. Le clergé, comme institution politique, peut avoir une place utile dans une monarchie,.
a Le gouvernement despotique, c'est l'État réduit à un seul homme, à sa capacité personnelle, avec ses chances de grandeur et de petitesse. La seule foi fondamentale d'un pareil État, c'est l'établissement du vizir.
« Abordant ensuite, dans le livre 111% la discussion des principes des trois gouvernements, Montesquieu « prétend que « il y a cette différence entre la nature a du gouvernement et son principe, que la nature est ce « qui le fait être tel, et son principe, ce qui le fait agir, a L'une est sa structure particulière, et l'autre les pasff sions humaines qui le font mouvoir. » Dans l'état populaire, la vertu, au sens antique du mot, est le principe fondamental. Lorsque les lois ont cessé d'y être exécutées, comme cela ne peut venir que de la corruption de la république, l'État est déjà perdu. Il faut également de la vertu dans le gouvernement aristocratique, quoiqu'elle y soit moins nécessaire. Dans rÉtat monarchique, les lois tiennent la place de