Lettre de Montesquieu à M. de Stainville, 27 mai
3. Darbier et Billard, Dictionnaire des ouvrages anonymes^ v" Oitique de V Esprit des Lois,
de réfuter l'auteur. Il taxa V Esprit des Lois de « livre scandaleux, produit de la Constitution Unigenittis. »
Cependant le principal grief des deux critiques porta sur le fameux livre xiv*, où Tauteur veut prouver l'influence absolue des climats sur l'homme, sur ses mœurs, sur sa religion et sur la nature de son gouvernement. Ce principe matérialiste a été, depuis, réfuté à fond par les médecins les plus compétents^ ; d'ailleurs, Montesquieu, avec sa manie des sciences, a émis dans quelques chapitres de son ouvrage au sujet de l'action des liqueurs fortes sur le sang et sur le mécanisme de la transpiration cutanée , des idées et des théories qui sont physiquement ridicules.
Quand les journaux eurent donné, les livres vinrent à leur tour. Le premier fut écrit par un fermier général. Claude Dupin^ composa deux volumes de Réflexions sur quelques parties dun livre intitulé de /'Esprit des Lois, et, avant de le publier, en distribua huit exemplaires, dont un tomba par hasard, bien entendu, entre les mains de Montesquieu. Cette citation peut en donner une idée suffisante :
Je fiiiis, en vous observant que si vous prétendez à quelque "place, vous ferez bien de prendre une autre route ; celle-ci ne vous y conduirait pas. Soyez sage, circonspect, ayez la tête froide ; pensez avant de parler, ne frondez point, aimez