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chasseur du dix-huitième siècle n'y eut pas tiré quelques coups de fusil. Le mécontentement de Voltaire venait, et du mal que les Lettres persanes avaient dit des poètes et du bien que \! Esprit des Lois disait du christianisme. Aussi, dans le petit fascicule, appelé Remerciement sincère à un homme charitable^ sous prétexte de défendre Montesquieu, Faccusa-t-il de manquer d'ordre, de faire des citations fausses et de n'avoir écrit qu'un ouvrage agréable. De plus, jaloux de la gloire poKtique de son rival, et de l'éloge qu'il paraissait avoir fait de la république suisse, en disant que « la démocratie est fondée sur la vertu, » il publia des Pensées sur le gouvernement. Je n'en citerai qu'un passage. « Dans un Uvre si bien intitulé de Y Esprit sur les Lois, on prétend que les religions sont fftites pour les climats. » Ce qui était impertinent et injuste ; car Montesquieu avait dit seulement* : « Il y a très-souvent beaucoup d'inconvénients à transporter une religion d'un pays dans un autre. »
Il existe encore une autre critique'^, inconnue jusqu'ici. Elle est du P. Castel : rien ne vaut mieux que d'en laisser rendre compte au jésuite lui-même, qu'on savait avoir corrigé la Grandeur des Romains et qu'on rendait volontiers responsable des erreurs de V Esprit des Lois... « Arriva le troisième ouvrage de l'auteur... Je lui écrivis pour me plaindre... ; je puis montrer les lettres par lesquelles il m'avoue qu'il